‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 5 sur 162 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

tons : Où allons-nous ? à l'entier anéantissement du travail , à l'extinction du crédit , à la ruine du commerce, à la misère, à la banqueroute, à la guerre civile, au pillage, au massacre, au despotisme, à la mort!

Que dis-je ! au nom de la souffrance et de la fraternité , une solution est jetée aux gouvernements , comme un défi , par des masses innombrables, lasses d'attendre; et cette solution devient elle-même la plus vaste , la plus profonde, la plus effrayante des questions, celle qui semble les résumer toutes , et vouloir, à la lueur des incendies, à travers le sang et les ruines, ramener à l'état sauvage les sociétés les plus civilisées; cette question, cette solution , c'est le communisme. Son nom seul , comme un levier terrible , soulève et secoue les nations ; sa discussion fait trembler le sol , comme une terre qu'un volcan travaille ; un doute universel semble la précéder et la suivre, confondant et effaçant toutes les notions du droit et du devoir, du juste et de l'injuste , arrachant tous les appuis moraux de l'ordre et de la confiance ; et, pour en hâter ou en repousser les formidables conséquences , travailleurs et bourgeois , riches et pauvres, le désespoir et l'épouvante en appellent également partout, et sont obligés d'en appeler à la force

X [NTRODUCTION.

brutale, comme à l'unique et dernière raison du monde civilise.

Plus d'autre tribunal suprême , plus d'autre loi: et de quelque coté qu'elle se range, la victoire est un abîme , où les sociétés semblent devoir disparaître à travers des flots de sang, écrasées et broyées par un despotisme sans frein , sans principe et sans nom, ou déchirées, mises en pièces par la plus radicale et la plus universelle anarchie. Jamais les lois des intelligences n'ont été si généralement renversées , tous les liens sociaux si violemment brisés; jamais les nations n'ont assisté à de si déchirants combats , et les peuples , tremblé à la veille de si lamentables funérailles.

Or , un état si fécond en alarmes et en catastrophes inouïes n'a point surgi inopinément; un fait si terrible et si vaste n'est point un fait isolé ; une anarchie si radicale et si universelle doit avoir des causes. Ces causes , quelles sontelles ? Est- il temps encore (.Yen arrêter les conséquences? E\isle-t-il même des remèdes pour un mal parvenu à de telles extrémités!' Questions palpitantes comme la vie, sombres et effrayantes comme la mort! Qui ne comprend pas , qui ne sent pas, dans les plus intimes instincts de son être, la nécessité' de les étudier, le besoin de les résoudre, n'est plus un

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