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L enseignement d'état , ou le Monopole univer
sitaire. — Suite : Panthéisme et
Ma téria lisme .
Si mutavit gens deos suos, et certe ipsi non sunt dii; populits vero meus mutavit glorlam suam in idolum.
La gentilité a-t-elle changé ses dieux, et celtes , ses dieux n'étaient pas des dieux ? Mais mon peuple a troqué sa gloire contre une idole. [Jérémie, ch. 2, v. 11.)
De la souveraineté de la raison humaine à l'athéisme ou au panthéisme, au matérialisme et à toutes les erreurs anti-sociales qu'ils enfantent, il n'y a qu'un pas , et l'enseignement d'état l'a fait sans hésiter et dès le commencement. Voici comment un de ses grands-maîtres les formulait, dans le Cours cïhistoire de la philosophie et dans la préface de la première édition des Fragments :
« Le genre humain croit à la raison, et il ne peut « pas ne pas y croire , à cette raison qui apparaît « dans la conscience en rapport momentané avec
Iî8 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
« le moi , reflet pur encore , quoique affaibli , de « cette lumière primitive qui découle du sein même « de la substance éternelle... La raison est donc, à la « lettre, une révélation , une révélation nécessaire et « universelle , qui n'a manqué à aucun homme, et « a éclairé tout homme à sa venue en ce monde. « La raison est le médiateur nécessaire entre Dieu « et l'homme, ce logos de Pythagore et de Platon ; « ce Verbe fait chair, qui sert d'interprète à Dieu et « de précepteur à l'homme , homme a la fois et « Dieu tout ensemble. Ce n'est pas sans doute le « Dieu absolu dans sa majestueuse indivisibilité, « mais sa manifestation en esprit et en vérité ; ce « n'est pas l'être des êtres, mais c'est le Dieu du « genre humain. » ( Cours d'histoire de la philosophie , pag. 54 et 55, et Fragments , tom. 1 , pag. 78.)
« Donc, notre intelligence, ou plutôt celle qui « fait son apparition en nous, est un fragment de « la raison universelle, absolue, infaillible, de la « raison éternelle. » [Cours de l'hist. de la philosophie , 5e leç. pag. 12.)
Ailleurs, dans l'Introduction à l'histoire de la philosophie , page 27 et 28, après avoir affirmé que Dieu n'avait pu tirer l'univers du néant, le grandmaître de la philosophie d'état se résume ainsi: « Dieu, s'il estime cause, peut créer; et s'il est une « cause absolue , il ne peut pas ne pas créer; et en « créant l'univers, Une le tire pas du néant , il le tire « de lui-même. Il y a plus, Dieu crée avec lui-même; « il crée avec tous les caractères que nous lui avons