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laisser quelques doutes sur ce fait, le témoignage d'un disciple et collègue de M. Cousin suffirait pour les dissiper. « La doctrine de M. Cousin , dit M. Ga- « tien-Arnoult , sa doctrine du panthéisme , fata- « liste et optimiste , ne tend à rien moins quà tuer « la vertu dans son principe.... Trop de gens ont « cru apprendre de 31. Cousin à la regarder comme « une chimère et une niaiserie : ils agissent en con- « séquence. Enfin, sous le point de vue religieux, « il nest parvenu quà faire des athées , parlant « mal chrétien et parodiant le catholicisme. Beauif. coup de ceux qui avaient été ses disciples, se sont « faits saint-simon iens. » {Doctrine philosophique, pag. 172 et suiv.)
C'est enfin dans les classes de 5e et 6e , ainsi que dans les écoles primaires , M. Burette, enseignant dans ses Cahiers, que, «placé, à l'enfance du monde, « sur cette terre miraculeuse de l'Egypte , l'homme, « frappé du spectacle des phénomènes physiques, « se prosterna devant la nature et V adora....; que, « dans le point de vue d'une mystérieuse unité , :< le Dieu suprême et l'univers se confondent....; que .< tout vit dans l'univers, que tout vit d'une seule :c vie, et que cette vie, c est Dieu....; qu'il est le tout, ;c dans le tout et par le tout. » ( Cahiers d'histoire universelle , à l'usage des collèges et des écoles normales primaires , ae cah. pag. 97 et 98. )
C'est , dans tous les collèges, le Voltaire classique, ou Siècle de Louis XIV, présentant, dans le catalogue des écrivains , d'après des vers cités avec
éloge (art. Chaulieu), les châtiments de l'autre vie comme de vaines superstitions , des fantômes , enfants de la peur, imprimés dans les cœurs par de faibles nourrices , avec les contes de loups-garous ; y Louant et y justifiant tous les impies et les athées eux-mêmes ; y accusant, ainsi que dans les chapitres 3-2 et 38 , Bossuet d'être secrètement marié Fénélon , d'être un ambitieux à l'imagination romanesque , tous les deux d'être incrédules et sceptiques- » On dirait qu'obligé de louer ces deux grands hommes pour leurs talents littéraires, et de mettre quelques-uns de leurs ouvrages entre les mains des élèves, l'enseignement d'état a voulu paralyser, pai ce livre de Voltaire, ce que l'autorité de ces immortels écrivains aurait pu produire dans l'esprit de la jeunesse en faveur de la religion, en les présentant comme n'y croyant pas eux-mêmes.
C'est M. le professeur et recteur Laroque, prononçant, dans la dernière édition de son Cours de philosophie, que rien n'est plus véritablement impie que le dogme de l'enfer.
C'est M. Auguste Comte , enseignant , dans ses Cours pour le peuple , que ce même dogme est un conte comme celui de Croquemitaine.
C'est M. Cousin, dans son livre cf instruction morale et religieuse, approuvé pour toutes les écoles, ne reconnaissant pour dogmes que la Trinité, l Incarnation et la Rédemption, comme pouvant être plus tard expliqués par la substance unique: Dieu nature et humanité, et par l'incarnation de la rai-
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son dans l'homme , pour le racheter, retranchant l'enfer et réduisant tout le reste de la religion au culte , produit de l'enthousiasme où l homme adore ce qui n'y est pas.
Ce sont les Entretiens sur la morale de maître Pierre , déjà cités, où M. Delcasso enseigne qu'il n'y a qu'un seul Dieu , substance et cause universelle.... (pag. 62.)
C'est le livre approuvé pour les écoles d'hommes et de garçons , ayant pour titre Instinct et mœurs des animaux , dont près de i5o exemplaires furent distribués en prix dans la seule année 1 843, et dans les seules écoles de Paris. (1) On y lit que l'âme de l'homme est de la même nature que celle des animaux; qu'il n'y a entre elles qu'une différence du plus au moins ; que l'intelligence et les instincts sont formulés parles nerfs, qui, en se réunissant au cerveau, constituent l'intelligence. On y trouve des chapitres où l'on montre,pour l'édification de l'homme sans doute, la perfectibilité, V èducabilitè , la morale, les amours fidèles (il y a là des choses abominables), la probité et la charité des animaux, et où l'on enseigne la conduite amicale que les hommes doivent tenir à leur égard. (Chap. 1, 3,4» 5,6, 7,9,10, 11, ii , 1 3 , 1 5 , 1 7 , 18, etc. )
C'est le matérialisme dans toute sa crudité.
Ainsi, du haut en bas de l'enseignement d'état dans les Facultés comme dans les collèges , dans les
(1) État des ouvrages à distribuer en prix dans les écoles communales de Paris, lithographie pour être mis au concours.
j/jO LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
collèges comme dans les écoles du peuple, le panthéisme et le matérialisme sont enseignés; tous les liens sociaux, tous les liens de famille sont radicalement dissous ou brisés, et le communisme en sort comme la sueur découle goutte à goutte d'un corps travaillant au milieu du jour, sous les rayons brûlants du soleil du mois d'août , sans qu'il soit possible au rationalisme de le repousser autrement que par la tyrannie et par l'oppression de la force brutale.
— Edgar, disait naguère un père à son fils qui venait de terminer ses études dans les hauts cours de Paris, tes discours et ta conduite affligent profondément ta vertueuse mère....
LE FILS
Pourquoi aussi s'infatuer , comme elle fait, des vieilles superstitions du catholicisme, et vouloir les imposer aux autres?
LE PÈRE
Les croyances d'une mère sont toujours , mon ami , respectables pour un fils.
LE FILS
Le fanatisme et l'absurdité, mon père, ne sont respectables pour personne , et je ne puis m'avilir jusqu à honorer ce que je méprise et abhorre.