‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 96 sur 162 · PREMIÈRE PARTIE. If · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. If

comme sur toutes les autres questions, dit oui et non selon la page.

« Si Dieu, dit-il (pag. 57.), a créé la matière, les « corps, les esprits, le monde, je n'en sais rien. L'idée « de la création me confond et passe ma portée; je « la crois autant que je la puis concevoir : mais je « sais qu'il a formé l'univers et tout ce qui existe; « qu'il a tout fait , tout ordonné. Dieu est éternel , « sans doute, maismon esprit peut-il embrasserl'idée « de l'éternité ? Pourquoi me payer de mots sans « idée ? » Mais si l'éternité n'est pas une idée, si l'on ne peut l'admettre pour Dieu , en est-elle plus compréhensible et plus idée par rapport au monde et à tout ce qui existe. Donc , nous ne pouvons admettre l'éternité' ni de l'un ni de l'autre. Or, qu'estce qu'un Dieu qui n'est point éternel , qui a eu un commencement, et qui, par conséquent, aura une fin ? car l'éternité est aussi incompréhensible en remontant , qu'incompréhensible en descendant. Et si ce Dieu , monde ou autre, a eu un commencement, qui le lui a donné et l'a fait ce qu'il est? Nous voilà donc de nouveau en plein athéisme et en plein absurde. Il ajoute :

« Ce que je conçois, c'est quil est avant les cho~ « ses, qu'il sera tant qu'elles subsisteront, et qu'il se- « rait même au delà, si tout devait finir un jour. » Or, si Dieu était avant les choses, c'est-à-dire, avant qu'elles existassent , il faut donc de trois choses l'une: ou qu'il les ait créées de rien, ou qu'il les ait tirées de lui-même , ou qu'elles-mêmes , avant

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d'être, se soient créées de leur propre néant. Dans le premier cas, c'est la création, qu'il vient de rejeter comme incompréhensible ; dans le second , c'est la contradiction de ce qu'il vient de dire, car, si Dieu a tiré les choses de lui, elles coexistaient dans lui , aussi anciennes que lui : il ne pouvait donc être avant elles. Dans le troisième cas , c'est une absurdité comme il ne s'en est jamais produit aux petites maisons. Mais continuons ; il va de nouveau nier tout ce qu'il vient de dire.

« Qu'un être quey'e ne conçois pas donne l'exis- « tence à d'autres êtres, cela n'est qu'obscur et in- « compréhensible (et par conséquent, doit être re- « jeté); mais que l'être et le néant se convertissent « d'eux-mêmes l'un dans l'autre, c'est une contradic- (f tion palpable , c'est une claire absurdité. » Ce qui signifie, si toutefois il y a dans ces mots un sens quelconque, que Dieu n'a pu rien tirer du néant, que nous et le monde avons l'être de nous-mêmes aussi bien que lui , et que nous sommes, par conséquent, Dieu comme lui. Et nous voilà de nouveau en plein panthéisme, en plein matérialisme, en plein communisme, en plein absurde, et dans la plus vaste et la plus irrémédiable anarchie.

Il dit, du reste, avec M. Cousin ettoutrenseignement universitaire (pag. 49.) :«f Celui qui peut tout, étend, a pour ainsi dire, son existence avec celle des êtres. « Produire et conserver sont l'acte perpétuel de la « puissance; elle n'agit point sur ce qui n'est point» Ce qui est la confession claire d'une substance uni-

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