‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 98 sur 162 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

« C'est avoir, dit-il , une vanité bien folle de s'ima- « giner que Dieu prenne un si grand intérêt à la « forme de l'habit du prêtre , à l'ordre des mots « qu'il prononce, aux gestes qu'il fait à l'autel et « à toutes ses génuflexions. Eh! mon ami, reste de « toute ta hauteur, tu seras toujours assez près de « terre. » (page 82.) Et quelques pages plus loin (11 3.") on lit : « Autrefois (quand je croyais) , je « disais la messe avec la légèreté qu'on met à la Ionce gue aux choses les plus graves, quand on les fait « trop souvent; depuis mes nouveaux principes (dece puis que je ne crois plus), je la célèbre avec plus « de vénération ; je me pénètre de la majesté de « l'être suprême, de sa présence, de l'insuffisance de « l'esprit humain, qui conçoit si peu ce qui se rapv porte à son auteur. En songeant que je lui porte v les vœux du peuple sous une forme prescrite , je « suis avec soin tous les rites; je récite attentivece ment; je m'applique à n'omettre jamais ni le moin- « dre mot, ni la moindre cérémonie ; quand j'appro- « che du moment de la consécration, je me recueille « pour la faire avec toutes les dispositions qu'exigent « l'Eglise et la grandeur du sacrement ; je tâche « d'anéantir ma raison devant la suprême intelli- « gence; je me dis : Qui es-tu pour mesurer la puisce sance infinie ? etc. »

11 nie la philosophie, il nie la foi , il nie toutes les religions comme fausses et inventées par les hommes; et il admet tous les cultes, toutes les superstitions, et veut que chacun suive celui ou celle de son pays.

Il nie les miracles, il nie les prophéties, il nie tout ce qu'il ne comprend pas , et il admet des mystères sans nombre, plus que des mystères, les plus palpables et les plus absurdes contradictions.

Il admet l'Evangile, comme sublime, admirable , impossible à inventer, et son héros, Jésus- Christ , comme Dieu; et au même instant, il les rejette comme renfermant et supposant des choses incompréhensibles, et par conséquent, incroyables.

Il fait extérieurement profession du catholicisme , quoiqu'absurde, et il dit à un protestant qui s'est fait catholique de retourner à Calvin ; que de toutes les religions qui sont sur la terre, le protestantisme, ou la négation, est celle dontla morale est la plus pure et dont la raison se contente le mieux.

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Il en est de la morale comme du dogme , de

la vertu comme des croyances : « Toute la moralité

a de nos actions est dans le jugement que nous en

« portons nous-mêmes. Or, le jugement est un acte

« de la raison, et trop souvent la raison nous trompe,

« et nous ri avons que trop acquis le droit de larècu-

« ser. Et ailleurs : « L'homme choisit le bon, comme

« il a jugé le vrai ; s 'il juge faux , il choisit mal. La

« conscience est subordonnée à la raison, qui seule

« peut lui/aire connaître le bien qu'il faut aimer. Et

« cependant, je suis combattu sans cesse par mes

« sentiments naturels, qui parlent pour l'intérêt com-

« mun, et par ma raison , qui rapporte tout à moi....

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