‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 10 sur 111 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Qui ? — les croyances religieuses , la seule et su-* préme autorité de Dieu: la religion. «Je n'entends pas qu'on puisse être vertueux sans religion , dit Rousseau ; j'eus longtenops cette opinion trompeuse , dont je suis bien désabusé. »

Qu'on examine, qu'on se rende compte, qu'on réfléchisse tant que l'on voudra; non-seulement il est impossible , sans croyances et sans principes communs, sans l'idée de droits et de devoirs obligatoires pour tous , de constituer et de maintenir une société quelconque , mais il est impossible même de la concevoir dans ses éléments les plus simples.

Or , si la religion est d'une telle nécessité pour l'homme et la société , elle ne peut pas être une erreur , le résultat du mensonge , de la violence ou de la fraude. L'erreur , la fraude , la violence, sont des désordres, et le désordre ne peut être la base de l'ordre et de la société.

La religion (ouïes droits et les devoirs), ne vient donc pas , ne peut donc pas venir des hommes ; elle a donc pour auteur Dieu seul, Dieu, créateur de tout ce qui existe , et par conséquent, seul maître souverain de l'homme , de l'univers et de tout ce qu'il renferme.

Le devoir , du reste, est un sacrifice ; c'est le plus ordinairement une loi d'immolation ; impossible d'en trouver la raison ailleurs que dans Dieu ou dans une autorité créatrice , souveraine , et par conséquent, infiniment supérieure à l'homme.

S'toimoler, se sacriâer pour son égal ou pour le plus grand nombre, courber seulement son intelligence devant lui, est absurde; c'est l'anéantissement de la liberté et de la dignité humaine.

Le devoir, pour être obligatoire, le droit, pour exiger le respect, doivent donc descendre de Dieu, prendre leur source et trouver leur sanction dans une religion qui vienne de Dieu , dans une religion par conséquent, révélée , positive, s'appliquant à la vie entière de l'homme et à toutes les conditions, pour les régler souverainement; dans une religion, dont la révélation divine et les infaillibles enseignements soient fondés sur des faits démontrés y certains, et incontestablement au-dessus des forces humaines.

Dans une telle religion , et dans elle seule, droits et devoirs trouvent à l'instant même un fondement inébranlable. Le pauvre devient égal au riche, l'ouvrier à celui qui l'emploie, l'individu à la majorité, le sujet au prince. La loi est la même pour tous , et elle n'est plus que l'image de la justice de Dieu, devant qui tous les hommes sont égaux. L'homm en s'inclinant devant une telle autorité , se relc et se grandit. Il y a dignité, il y a liberté, — gnité et liberté qui touchent à l'infini, — à n^ courber que devant Dieu seul, devant l'éteri l'infini. Il pressent même qu'une telle autori commande pas l'impossible; et une persuasif time, suave , dont il ne peut pas plus se i 1er que de sa conscience, l'assure que fore

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