PREMIÈRE PARUE
ff d'utilité publique^ on n'écoule pas, on condamc ne, nous sommes des perturbateurs! Sans nous a lasser , nous montrons que cette transformation « est appelée par tous les besoins actuels et futurs « de la société ; qu'elle est signalée d'une manière « palpable par la création du code de commerce, et a par toutes les habitudes industrielles qui favori- « sent la mobilisation de la propriété y sa transmis- « sion de la main oisive ou peu capable à la main a laborieuse et capable (et qui sera juge ? c'est la a reconstitution , par l'arbitraire , d'une aristocratie a de la capacité: femmes et biens de tout genre aux « capables ; célibat et misère aux incapables et aux a infirmes!); nous montrons cela, et vous vous écriez (c que notre association est dangereuse! Il faut bien, a cependant , substituer à un ordre mauvais un « ordre bon, car le but de la société n'est pas seua lement de maintenir, elle veut s'améliorer, proa gresser. C'est ce que nous voulons faire également
ff en morale »
« Il est vraiment remarquable que ce soient préa cisément les hommes qui exercent le pli|6 absolu « despotisme à l'égard de la beauté et de la femme, ce qui nous accusent avec plus de violence de voua loir rétablir dans le monde un despotisme abrupt tissant. Ils disent que notre sacerdoce abusera de a sa puissance (et aussi et surtout^ que, dans ce « sacerdoce, tout est usurpation, sans mission suc périeure et sans autorité). Mais cette objection « peut être élevée contre toute autorité (non cou-
n6 LE COHMimiSMX ET SES CAUSES.
« tre celle qui vient de Dieu et à qui Dieu a promis a l'infaillibilité). Le chef d'une société, par cela seul « qu'il est chef , a du pouvoir; c'est une vérité de « définition. Or^ quelle est la garantie contre l'abus « du pouvoir ? Nous n'en connaissons qu'une , sa- « voir, que la puissance soit acquise à la capacité et « non à la naissance. Tant que le principe de la « transmission du pouvoir politique et de la richesse « sera celui de la naissance , nous aurons droit de « dire que tous vos systèmes de garanties engen- « drent ou maintiennent le plus abrutissant despo- « tisme , puisqu'ils confèrent fortuitement la puis- « sance. »
C'était le rationalisme luttant contre le rationalisme; la question était interminable; l'état la trancha en employant la force contre les chefs du saintsimonisme, et en pactisant avec les autres, dont il fit des sous-préfets, des préfets , des magistrats ^ des professeurs de toutes sortes , en les rendant à la mère qui les avait formés. Plusieurs mêmes devinrent dé* pûtes, directeurs de ministère, et naguère encore, la France en subissait un pour ministre de l'instruction publique et des cultes (i).
(1) « Les membres les plus importants du saîht-sîmonîsme, dît M. Louis Blanc {Histoire de dix ans, tom. m, pag. 138), avaient été jusque là , après Bazard et Enfantin , MM. Pierre Leroux , homme de lettres , ( plus tard rédacteur en chef de la Revue indi» pendante^ en compagnie de Mme George Sand); Reynaud (naguère directeur du ministère de Tlnstruction publique} ; Transon, Cazeaux, Michel Chevalier (depuis conseiller d'état et professeur d'économie sociale au collège de France) ; Lambert (depuis Lambert-
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Et il se fit de noires et profondes ténèbres; tous les droits s'obscurcirent; l'état tendit de plus en plus à tout absorber , et sa morale fit une longue ,
Bey, au servicedeMéhémet-Ali^ etc.); Fournel, tous ingénieurs <le8 mines, et qui tous étaient sortis avec honneur de l*écoIe polytechnique; D'Eichtal, fils d*un banquier juif; Pereire, industriel; DuTeyrier , avocat ( depuis vaudevilliste , et associé à la Presse pour Texploitation des annonces) ; Margerin , lieutenant d*artillerfe; Barrault, ex-professeur de rhétorique ; Laurent (depuis juge à Privas) , et de qui M. Sainte-Beuve disait , en parlant de sa nature de tribun, quMl Pavait vu marcher sur la crête de la Montagne ; Jules Le Chevallier , homme de lettres ; Carnot , fils du célèbre membre du Comité de salut public ( depuis député , représentant , et ministre de Flnstruction publique et des Cultes) ; Dugîed , fondateur du carbonarisme sous la Restauration; Olinde Rodrigues, l'héritier des doctrines de S.-Simon , et enfin, Mme Bazard. > Blanc ajoute en note : « MM. Transon et Dugied sont rentrés avec éclat dans le giron du catholicisme « M. Margerin est professeur dans une des universités catholiques de Belgique.... ; Mme Bazard est rentrée dans le sein du catholicisme avec son gendre , M. de SuDt-ChéroD, rédacteur de V Univers religieux; MM. Jean Rey- Diad et Pierre Leroux, deux puissants philosophes, ont continué à poorsuivre dans leurs travaux le double but de leurs anciennes études : la religion et Thumanité. »
« Quant aux idées des saint-simoniens, dit plus loin (pag. SSe), le même historien , quant aux idées des saint-simoniens sur la réhabilitation du principe d'autorité (par la capacité), sur le crédit de rétat , sur Tabolition de tous les privilèges de naissance , sur la destnietion du prolétariat , et dans la seconde phase du saintsîmonisme, sur la mission religieuse du pouvoir, combinée avee Témancipation des femmes , la bourgeoisie ne pouvait admettre de pareils systèmes , sans prononcer sa propre déchéance. Aussi les repoussa-t-elle avec un emportement sincère et un mépris simulé ; mais ils ne périrent point tout à fait pour cela , et ils restèrent eonime en dépôt dans les esprits d'élite, où ils devaient germer et subir de fécondes modifications. »
nS LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
une bien longue étape dans les voies de la négation , où 9 quinze ans plus tard, elle rencontra face à face le socialiste Proudhon.