‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 35 sur 111 · PREMIERE PARTIE. I I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. I I

la papauté ^ le sacerdoce et toutes les institutions vraiment populaires du catholicisme. L'éloge y est prodigué, au contraire, au despotisme, à laristocratie et à l'impiété. Il est même impossible d'expliquer pourquoi deux ouvrages historiques, et assez médiocrement écrits, sur un petit peuple comme la Suède, ont été imposés à toutes les classes et écoles inférieures de France, à moins qu'on ne remonte à l'idée fixe de l'état LouiS'Philippe-Guizot y de protestantiser la France, pour l'opprimer plus facilementj et d'y préparer de bonne heure les générations par tout un enseignement classique.

Même espritdans le Catéchismeet V Histoire sainte de M. Cousin , dans les Campagnes d'Italie , dans T Histoire de Napoléon^ dans les Ca^/er^ de Burette, dans VHistoire de France de M. de Bonnechose , autorisés comme livres classiques, ou comme livres de prix, pour toutes les écoles secondaires , populaires et militaires de France, (i)

(1) Pour mieux faire comprendre Tesprit de cet enseignement d'état, quMl sufGse d'ajouter que, pendant que VHistoire Sainte et le Catéchisme de M. Cousin étaient ainsi exaltés et propagés , le Nouveau Traité des devoirs envers Dieu , des Frères de la Doctrine chrétienne , approuvé par l'autorité ecclésiastique , était censuré par le comité laïque , comme plein d'histoires niaises et bi' gotes, et leur Histoire Sainte^ ainsi que celle de France ^ tout à fait interdites. (Voyez le Rapport fait par IVL Boulay de la Meurtlie , et imprimé au nom du comité , 1840 , pag. J4 et 30.) On lisait , dans le Rapport de Tannée suivante (pag. 39.) : « Nous ne tcrmi- « nerons pas ce qui concerne Thistoire , sans vous prévenir que des « tentatives sont faites pour introduire, dans les écoles, des ouvra* « ges historiques , qui , non-seulement ne sont pas auioiHsés ,

liG LE COMMUNISME ET SES ÇiLUSES.

Donnons encore quelques détails ou quelques citations des principaux de ces livres. Dans V Histoire sainte de M. le grand-roaître Cousin , qui est la i** partie du Livre (f instruction morale ou religieuse^ à Tusage des seules écoles catholiques, beaucoup de passages et de faits essentiels de l'Écriture sainte sont altérés ou retranchés; on y trouve jusqu'à sept chapitres pris root pour mot dans un livre à' Histoire déjà Bible, imprimé huit ans auparavant sous le nom de Boissard , pasteur de TÉglise consistoriale de la Confession d'Ausbourg. Tous les passages, dans l'histoire du nouveau testament, établissant la suprématie de saint Pierre, et des papes, ses successeurs, sont retranchés.

Dans la seconde partie composant le catéchisme proprement dit, tous les dogmes sont réduits aux mystères de la Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption, et l'on relègue à une troisième partie, intitulée du culte ^ei le symbole catholique , et les

« mais qui même sont rédigés dans le plus mauvais esprit. Il en « a été saisi deux , cette année , qui ont été examinés par votre « commission. L'un est écrit dans un sens entièrement ultba- « MONTÀiN (c'est-à-dire, catholique) : c'est Y Histoire abrégée de « l'Église^ par Lhomond, édition continuée jusqu'à Léon XII; et « l'autre, dans Vesprit de lapins pure légitimité, au moins en » ce qui concerne les 60 dernières années de notre ère y >» c'està-dire que , comme V Histoire de France des Frères de la Doctrine chrétienne y il blâme, dans la révolution française, ses massacres, SiBs spoliations et son impiété. Quand on fait des rapports en faveur du monopole de l'enseignement , et de l'enseignement de la religion et de la langue française, encore faudrait-il connaître Tune et savoir parler l'autre.

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sacrements, et tout ce qui regarde l'Église et ses lois. On y cherche vainement le culte dû à la Sainte Vierge et aux saints, la Salutation angélique, et tout ce qui regarde la grâce et les peines de l'autre vie. Les définitions du péché originel , du péché mortel, du baptême, y sont essentiellement altérées, et presque tout le reste manque des développements les plus nécessaires. Aussi, dans une instruction préliminaire, l'ex-pair, l'ex-carbonaro, en assurant que son livre peut répandre partout, dans les écoles, une religion éclairée, recommandc-t-il aux maîtres de s^en tenir à faire apprendre par cœur aux enfants, et à leur faire réciter les réponses dans lesquelles est distribuée toute la doctrine chrétienne, selon la forme brève , simple et pleine d'autorité des catéchismes, mais de développer et d'appliquer aux divers caractères de leurs élèves et à leurs diverses vocations, les grandes maximes de la morale chrétienne^ qui convient à toutes les créatures humaines^ dans toutes les circonstances et toutes les positions. Nous verrons plus tard pourquoi cette prescription , et comment la partie dogmatique non expliquée s'accorde parfaitement avec le panthéisme de l'auteur et peut lui servir d'introduction, tandis que la morale, interprétée au gré de chaque maître et dénuée de toute sanction, ne peut que venir, à l'aide des passions, s'abîmer dans le matérialisme et le communisme fataliste.

Or, le comité central d'instruction primaire de Paris ne s'est pas contenté de recommander et

d*adopter très-particulièrement^pour toutes les écoles de sa juridiction, le ZzVre d'instruction morale et religieuse de M. Cousin , comme avait fait M. le grand-maître Guizot, qui Tavait autorisé et envoyé à toutes les écoles communales de France; il Ta placé encore dans le catalogue général des ouvrages qui doivent être donnés en prix , et hors duquel il n'est permis à aucune autorité ni à aucun maître d'en choisir, et il l'a placé le premier de tous, à la tête des livres de religion^ avant même tlmitation de Jésus-Christ j et la Doctrine chrétienne de Lhomond. Dans l'approbation imprimée à droite du catalogue, et répondant à ce livre, on lit: Pour les écoles de garçons, d'hommes j de filles et de femmes; tandis que l'Instruction pour la première Communion et pour la Confirmation (qu'on remarque bien ceci) , n'est approuvée que pour les filles et les femmes; l'Explication de la messe , pour les filles, les femmes et les jeunes garçons , ainsi que la Doctrine chrétienne; et la Journée du chrétien , la Quinzaine de pâques y les Visites au Saint-Sacrement , seulement pour les petites filles, (i) [Rapport du comité central de T instruction primaire y à Paris , et catalogue à la fin. Année i84o et i84î.)

(1) Nous avons lu quelque part, dans un journal, que Tétat Louis-Philippe-Guizot faisait distribuer , aux frais des contribuables, 45 mille exemplaires par an du livre d'Instruction morale et religieuse de M. Cousin, avec 25 cent, de bénéflce pour Fauteur, sans compter ceux qui étaient achetés par les particuliers. Et qu*on vienne nous dire encore qu'il n'y avait pas sous Fétat Louis-PhilippC'Guîzot , un complot arrêté de décathoHciser la France!

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