X INTRODUCTION
brutale , comme à runique et dernière raison du monde civilisé.
Plus d'autre tribunal suprême , plus d'autre loi : et de quelque côté qu'elle se range , la victoire est un abime , où les sociétés semblent devoir disparaître à travers des flots de sang , écrasées et broyées par un despotisme sans frein ^ sans principe et sans nom^ ou déchirées, mises en pièces par la plus radicale et la plus universelle anarchie. Jamais les lois des intelligences n'ont été si généralement renversées , tous les liens sociaux si violemment brisés ; jamais les nations n'ont assisté à de si déchirants combats , et les peuples , tremblé à la veille de si lamentables funérailles.
Or , un état si fécond en alarmes et en catastrophes inouïes n'a point surgi inopinément; un fait si terrible et si vaste n'est point un fait isolé ; une anarchie si radicale et si universelle doit avoir des causes. Ces causes , quelles sontelles.»^ Est -il temps encore d'en arrêter les conséquences? Existe-t-il même des remèdes pour un mal parvenu à de telles extrémités ? Questions palpitantes comme la vie , sombres et effrayantes comme la mort ! Qui ne comprend pas , qui ne sent pas, dans les plus intimes instincts de son être, la nécessité de les étudier, le besoin de les résoudre, n'est plus un
lI^rrRODUCTION. XI
homme ; la foi , la raison , la conscience , le sentiment même de la conserration , l'ont abandonné; il est descendu au-dessous de la brute.
L'objet de cet écrit est donc d'étudier les causes du mal , qai , sous le nom de communisme y menace d'une ruine totale toutes les sociétés. Impossible , sans les connaître , d'apporter à ce mal un remède efficace. C'est à elles qu'il faut rémonter, quoi qu'il en coûte; elles qu'il faut sonder dans toutes leurs profondeurs , si nous ne voulons périr. Le temps des palliatifs est passé; ils ne feraient qu'élargir la plaie et la rendre tout à fait incurable, ou ne la cicatriseraient à Tépiderme, comme naguère, que pour laisser le virus exercer à l'intérieur les plus affreux et les plus irrémédiables ravages.
Les causes du mal une fois connues, démontrées , il nous sera facile d'assigner les véritables remèdes. Puissent-ils ne pas venir trop tard, et trouver des esprits et des cœurs dociles!
On le voit déjà , notre parole sera franche , indépendante de tous les partis , dure et hardie parfois , mais toujours , nous l'espérons , juste et vraie. Cette impartialité , l'amour de notre pays , les maux qui le menacent et qu'il nous serait doux de conjurer au prix de notre sang, seront notre excuse , et nous feront trouver
XII IlfTRODOGTlON.
grâce , nous en avons du moins la confiance , auprès des âmes pusillanimes et des cœurs qu'un attachement trop grand aux choses d'icibas ont toujours tournée du côté des flatteurs; du cote des hommes qui, comme au temps de Jérémie , disent : Paix , paix , quand il n'y a point de paix , et dont la panacée universelle se formule en compliments et en louanges à l'adresse de tous les pouvoirs et de tous les partis.
Nous ne parlons pas des hommes qui nous gouvernent : nous les estimons trop , nous les croyons trop franchement républicains, pour penser qu'ils puissent même prendre ombrage d'une parole logique et inspirée par le seul amour du pays.
Quant à l'impiété consommée , cette ennemie permanente et acharnée de la religion , la principale et la seule cause de tous les malheurs de la patrie , nous n'avons jamais reculé devant ses clameurs, et nous sommes bien aise qu'elle sache que nous tenons à honneur ses haines les plus implacables, aussi bien que ses plus superbes mépris.
m ÉCLAIR AVANT U FOUDRE