‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 44 sur 111 · CINQUIEME CAUSE DOCTRINALE DU COMMUNISME · texte numérisé non relu

CINQUIEME CAUSE DOCTRINALE DU COMMUNISME

Lensei finement d'état. — Suite : La morale qu'il enseigne.

Duo mata fecit populus meus : me dereliç'te' runt fontem aquœ vivœ, et fodcrunt ëibi eisternaSf ciiternaa dissipais , quœ eonti' nere non valent aquas»

Mon peuple a fait deux maux: ils m'ont abandonné , moi , la fontaine d'eau vt?e, et ils se sont creusé des citernes, des citernes entr'ouTerles , et incapables de retenir les eaux. [Jérémie, clu 2, V, IS.)

Le communisme sort donc, par toutes les voies, de l'enseignement de l'état ; il est la conséquence immédiate , nécessaire des doctrines enseignées par la philosophie, par l'histoire, par la littérature, par les sciences, par le catéchisme même de l'état. Pour pouvoir le nier, il faudrait abjurer la logique, briser l'intelligence, ou révoquer en doute les faits de cet enseignement les plus authentiques , les plus manifestes, les plus nombreux, le témoignage de l'opinion publique elle-même.

Voici, en effet, comment elle s'en explique par

l48 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

les journaux les plus célèbres et les plus dévoués jusqu'ici à renseignement d'étal.

ce L'école éclectique , écrivait , il y a six ans (6 « novembre 1842), le journal /e^Z)éèa/5, l'école éclec- « tique, pour l'appeler par son nom, est aujour*- « d'hui maîtresse, et maîtresse absolue des généra- « tions nouvelles ; elle occupe toutes les chaires de « l'enseignement.... Le public a Monc le droit de ff demander compte à cette école dti pouvoir absolu « qu'elle a pris et que nous ne lui contestons pas^ a (Tailleurs. Elle a beaucoup fait pour elle , nous « le savons; mais qu'a-t-elle fait pour le siècle? Où « sont ses œuvres , ses monuments , les vertus « qu'elle a semées, les grands caractères qu'elle a o formés, les institutions qu'elle anime de son soufa fle ? Il est malheureusement plus facile de s'adres- «t ser ces questions que d'y répondre. Qu'est-ce « que Dieu ? Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce que « l'univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose ? Le « monde est-il éternel et infini, sans bornes, dans « le temps ni dans l'espace ? L'âme est-elle ma- « térielle ou immatérielle? Est-elle libre, ou sou- <c mise à la nécessité? Survit-elle à la dissolution du « corps, ou périt-elle avec lui? Voilà les problèmes « sur lesquels on se déclare incompétent, et sur leste quels on propose à l'humanité de se résigner à « l'ignorance , à l'indifférence éternelle. »

C'était déjà, certes, un mal immense que de laisser sans solution toutes ces grandes questions, fondement de l'ordre social ; mais nous avons vu

Page 1