LAÏQUE
Ces chants moraux, ou cantiques, qui les compose , qui les approuve , les adopte , les impose comme maître souverain? l'état et l'université LAÏQUE. (Voyez art. 5, 7, 11, i4> i5, 16, 17, a4# ^6» S17 et a8 , l'ordonnance tout entière.)
Aussi, dans un grand nombre de salles d'asile, le signe de la croix et les prières catholiques ont-ils été répudiés pour faire place à des prières qui pussent convenir aux enfants juifs et protestants , aussi bien qu'aux enfants catholiques, prières déistes, par conséquent, et peut-être pires !
a° Écoles primaires de garçons et de filles.
Au sommet de l'enseignement primaire sont les écoles normales destinées à former les maîtres et les maîtresses de cet enseignement Oridéjàen i83ti,
SECOIVDE BAJITIS. 89
1 4 décembre, un arréié-règlement émané du conseil royal de tinstruction publique y après avoir assigné pour matière première de cet enseignement , tinstruction morale et religieuse ^ l'assujettissait en tout à Fautorité du grand*maitre ministre, ou de l'état, dans le titre Vf i De la commission de surveillance. Les articles qui suivent ce titre sont en effet ainsi conçus : « Art. 1 7. Une commission nommée a par le ministre de V instruction publique , sur la « présentation du préfet du département et du rec- <K teur de l'académie , est spécialement chargée de a la surveillance de l'école normale primaire , sous a TOUS les rapports d'administration y d'enseigne- « MEirr et de discipline. — Art. 18. Le directeur, « nommé (Art. 5.) par le ministre de l'instruction « publique , assiste aux séances de la commission c avec voix délibéra tive. — Art. 19. La commission « PREND ou propose j selon les circonstances, les « mesures qu'elle juge utiles pour le rien de l'école « et LE PROGRÈS des élèves maîtres. — Art. a3. La a commission fait, au moins une fois par trimestre, « la visite de l'école; elle examine les classes, ina terroge les élèves sur tous les objets de l'ensei- « GNEBiENT (par conséqueDt,sur la religion et la mo- « raie , comme ayant seule autorité et juridiction a souveraine) , et tient note de leurs réponses. » {Almanach de F université , i833. pag. 4^9 et suiv.) La suprématie de l'état en matière d'enseignement religieux et moral est donc im fait consommé dans les écoles normales primaires, et consommé par le
ga LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
Diversité , juges suprêmes et en dernier ressort , mais des jugements et des voix en tout égales ou supérieures à la leur, des laïques auxquels on les a adjoints, et dont la majorité seule peut influencer le ministre , qui, lui , maitre souverain , peut briser la majorité elle-même , en nommant à son gré une commission tout entière. (Art. 17, 20, ai et aS.) On ne cherche pas même à leur dissimuler le triste rôle qu'on leur fait jouer; et les almanachs universitaires, dans tous les catalogues des écoles normales, en plaçant le prêtre chargé de Tinstruction religieuse au deuxième ou troisième rang, le flétrit encore du nom de maitre de religion y comme il honore celui qui le précède, du titre de directeur ou de maître de mathématiques.
Ces prêtres ne sont donc là , selon le désir de M. Guizot, qui leur a donné cette place dans la loi, que pour blanchir le sépulcre, et vendre, sans s'en douter, à l'état et à l'université, aux yeux des peuples, l'autorité et la suprématie, en matière religieuse, de l'Église elle-même, (i)
(1) Les Frères de la Doctrine chrétienne et les membres d'autres congrégations , ne sont-ils pas les directeurs et les maîtres d'un grand nombre d'écoles ? Le fait est vrai , mais â quelle condition? Aux conditions , 1° d'être autorisés par l'état; T d'être examinés par les commissions nommées par le ministre de l'instruction p!]d)llque ; 8"* d'être brevetés par lui encore ou par ses recteurs; 4* d'être déclarés moraux par les certiflcats municipaux; 5* d'être surreDIés, inspectés, réglementés, examinés dans leur enseignement et leurs élèves , sur la religion et la morale, par l'état et l'université , par leurs Inspecteurs et leurs comités de tout genre , soumis
SECONDE PARTIE. g3
Or, cette loi de i833 avec toutes ses tyrannies d'état^ ou communistes, a été, par une simple or»
ea tout, en un mot , à la loi de 1888 et à la taprémalie de l'état. Un inspecteur demanda un jour, dans son inspection , aux élèves de leurs écoles (diocèse de Lyon), si Ton était obligé, sous peine de salut , de croire à la présence réelle; et les élèves ayant répondu affirmativement, il repartit avec vivacité: «Comment, malheu- « reux, vous damnez donc M. le ministre de rinstrucdon pubii- « que (c'était alors M. Guizot), qui n'y croit pas! »
n y a même quelque chose de plus pour les Frères de la Doctrine chrétienne: l'art. 109 du décret organisateur de l'université et de son monopole, s'exprime ainsi : « Les Frères des Écoles chrétien- « nés seront brevetés et encouragés par le grand-maître, qui visera « leurs statuts intérieurs^ les admettra au serment, lbub pbes- « CRiBA UN HABIT PABTicuLiBB , et fera surveillcr leurs écoles. »
Et cependant , eux et les autres sont obligés , malgré tant de servitudes, de se travestir, de peur d'être reconnus par les commissions d'examen, et exclus , comme tels, des faveurs des diplômes; ou après les avoir obtenus , ils sont censurés dans leurs livres , contrariés dans leurs méthodes, obligés de choisir leurs livres de prix dans un catalogue qui en renferme un grand nombre de mauvus, quelques-uns d'abominables et que nous avons indiqués dans notre première Partie; ils sont repoussés des communes qui les appellent , par les préfets, qui approuvent ou rejettent à leur gré les délibérations municipales sur ce point, et envoient d'autres maîtres; ils sont entravés enûn de mille manières, en attendant que les écoles normales aient fourni assez de sujets pour pouvoir les remplacer, en sorte que, comme maîtres d'écoles, ils appartiennent tout a fait à l'état et nullement à l'Église. Un universitaire, à l'Assemblée nationale, a jeté pourtant à la face de M. de Montalembert le nom de Léotade , oubliant que , presque tous les ans « les cours d'assises ont à juger des maîtres laïques, non pour un crime étranger à renseignement , mais pour corruption des enfants qui leur sont confiés. D'autres ont afOrmé que les écoles des Frères élevaient la plus grande partie de la jeunesse du peuple : or, d'après la dernière statistique insérée dans la Revue de tinstruction pu-
g4 ^^ COMMURISME ET SES C/LUSES.
donnance du a3 juin 18369 et contre la promesse forihelle du contraire, appliquée en tout, et spécialement en ce qui concerne l'instruction morale et religieuse , la discipline , les examens et les brevets , à toutes les écoles de filles et à tous les pensionnats de demoiselles, à leurs directrices et à leurs maîtresses. L'ordonnance ( Art. 7,8, i3 , i4 et autres) ajoute encore aux chaînes et aux entraves de la loi, en exigeant, même pour les écoles privées, et spécialement pour les pensionnats, une autorisation préalable et tout à fait arbitraire des recteurs de l'université.
3** Écoles d'adultes hommes et fetnmes.
Il y a plus : un simple arrêté du conseil royal et anti-constitutionnel de l'instruction publique ou de l'université (aa mars i836. ) a étendu la loi de i833 avec multiplication et aggravation de chaînes , entre autres, l'autorisation préalable du recteur de l'université (Art. i i 5,8.), à toutes les écoles d'adultes hommes et d'adultes femmes.
Des arrêtés du même conseil réglementent également et déterminent la matière des examens sur Finstruction morale et religieuse des maîtres et des maîtresses de tous les degrés : le Catéchisme j F Histoire sainte y Vjdncien et le Nouveau Testament j
hlique^ les écoles congréganistes de garçons n'en comptaient pas le quart, et celles des QUes, beaucoup plus de la moitié. Tout le reste suivait les écoles purement universitaires, {f^oyez la note 3 à ta fin du Volume,)
SECONDE PARTIE* go
r Exposition de la religion chrétienne; {Jlmanach universiL iSZSj pag. 397 etUL iS^T^pag* ai 6.) et malheur à qui ne répond pas selon l'Histoire sainte et le catéchisme panthéiste de M. Cousin, cité dans la première partie de cet ouvrage ! (pag. 116, 117, 1 18, i38.) car ce sont des commissions choisies par les grands-maîtres ministres de Tinstruction publique, qui examinent en juges suprêmes, et au nom de Tétat, sur toutes ces matières religieuses et morales, (i)
L'usurpation par Tétat du droit de suprématie en matière de religion , d'enseignement et de discipline religieuse, d'instruction religieuse et morale, sur toutes les écoles primaires de tous les degrés, 'est donc encore un fait consommé. Cette usurpation , Fétat l'a, non-seulement érigée en droit à son pro- £t, sur toutes les écoles sans exception, mais il l'exerce d'une extrémité de la France à l'autre , à quelques rares et très-rares exceptions près ; il l exerce en poursuivant, même par la force et par les sentences des tribunaux, les dernières traces de la suprématie de l'Église et de la liberté des peuples en pareille matière. «Non, Monseigneur, ré- « pondait M. le grand-maitre Yillemain à l'évêque
(1) On peut voir, dans le Rapport du comité central de Paris (année 1841-1842, p. 14.)) comment ce comité a étendu son omnipotence sur les catéchismes mêmes des églises^ en obligeant à les faire seulement les jeudis et les dimanches , c*est-à-dire , les jours de congé des élèves, et par là même à les leur rendre odieux , comme étant pris sur leur récréation. '
donnance du a3 juin i836, et contre la promesse formelle du contraire, appliquée en tout, et spécialement en ce qui concerne llnstruction morale et religieuse, la discipline, les examens et les brevets , à toutes les écoles de filles et à tous les pensionnats de demoiselles, à leurs directrices et à leurs maîtresses. L'ordonnance ( Art. 7,8, i3 , i4 et autres) ajoute encore aux chaînes et aux entraves de la loi , en exigeant, même pour les écoles privées , et spécialement pour les pensionnats, une autoris?tion préalable et tout à fait arbitraire des recteurs de l'université.
3** Écoles d'adultes hommes et femmes.
Il y a plus : un simple arrêté du conseil royal et anti-constitutionnel de l'instruction publique ou de l'université {22 mars 1 836. ) a étendu la loi de i833 avec multiplication et aggravation de chaînes , entre autres, l'autorisation préalable du recteur de l'université (Art. i , 5,8.), à toutes les écoles d'adultes hommes et d'adultes femmes.
Des arrêtés du même conseil réglementent également et déterminent la matière des examens sur Finstruction morale et religieuse des maîtres et des maîtresses de tous les degrés : le Catéchisme ^ F Histoire sainte y V Ancien et le Nouveau Testament ,
bligue, les écoles congréganistes de garçons n'en comptaient pas le quart, et celles des Qlles, beaucoup plus de la moitié. Tout le reste suivait les écoles purement universitaires. [Ployez la note 2 à ta fin du Volume.)
SECONDE PARTIE* go
f Exposition de la religion chrétienne; {Jlmanach universit. jS35,pag. 897 ei.:^Ul* 1837 9 /mi^* a 16.) et malheur à qui ne répond pas selon l'Histoire sainte et le catéchisme panthéiste de M. Cousin ^ cité dans la première partie de cet ouvrage ! (pag. 1 j6 , 117, 1 18, i38.) car ce sont des commissions choisies par les grands-maîtres ministres de l'instruction publique , qui examinent en juges suprêmes, et au nom de Tétat, sur toutes ce^ matières religieuses et morales, (i)
L'usurpation par l'état du droit de suprématie en matière de religion , d'enseignement et de discipline religieuse, d'instruction religieuse et morale, sur toutes les écoles primaires de tous les degrés, ~est donc encore un fait consommé. Cette usurpation , l'état l'a, non-seulement érigée en droit à son pro- 6t, sur toutes les écoles sans exception, mais il l'exerce d'une extrémité de la France à l'autre , à quelques rares et très-rares exceptions près ; il l'exerce en poursuivant, même par la force et par les sentences des tribunaux, les dernières traces de la suprématie de l'Église et de la liberté des peuples en pareille matière. «Non, Monseigneur, ré- « pondait M. le grand-maitre Yillemain à l'évéque
(1) On peut voir, dans le Rapport du comité central de Paris (année 1841-1842, p. 14.)) comment ce comité a étendu son omnipotence sur les catéchismes mêmes des églises^ en obligeant à les faire seulement les jeudis et les dimanches , c*est-à-dire , les jours de congé des élèves, et par là même à les leur rendre odieux , comme étant pris sur leur récréation. '
96 LE COMMUiriSME ET SES CAUSES.
r de Bayeux, demandant qu'une institutrice ap- « prouvée par lui , mais qui ne l'était pas par l'uni- « versité , pût au moins enseigner le catéchisme : « nul fia le droit Jt enseigner ^ s* il n*est légalement UL AUTORISÉ ET INSTITUÉ.... C'cst en vaîn que Ton préa tendrait apprendre seulement le catéchisme aux