‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 96 sur 111 · FATAL , DONT LES CONSÉQUENCES NOUS ONT APPARU · texte numérisé non relu

FATAL , DONT LES CONSÉQUENCES NOUS ONT APPARU

« COMME un mauvais rêve dans le formalisme sté-

2o8 LE COMftIUNISBIE ET SES CA.CSES.

« RiLE et dans l uniformité hecaitique de Tensei-

a gnement des collèges Ainsi, quelles que soient

« les connaissances positives qu'on acquière dans « l'école normale, il y manque toujours Tessentiel, a c'est-à-dire, le souffie de vie et de liberté , le côté a vraiment humain de cette prétendue étude des a humanités; il en résulte que l'institution tout « entière , sous le rapport moral comme par le côté c scientifique , doit être considérée, pour ainsi dire, a comme manquée de tout point. » (pag. aai et suiv.)

Ainsi, tyrannie incessante, pire que toutes lis

TYRANNIES POLITIQUES; SERVITUDE, ROUTINE ET METIER DU CÔTÉ DES maîtres; DIBIINUTION POUR LE NOMBRE, ET IGNORANCE EN TOUT DU COTi DES ÉLÈVES , ARISTOCRATIE

la plus stupide de toutes, celle de l'argent , reconstituée sous le nom d'aristocratie des intelligences, comme parle M. le grand-maitre et haut seigneur Villemain ; une caste de parias, réorganisée pour les pauvres et les petites fortunes, voilà les conséquences claires, incontestables de l'enseignement d'état, du communisme dans les propriétés intellectuelles, les mêmes , sans aucun doute , qu^amènera le commisnisme dans les propriétés ordinaires, s'il est donné à tuniversité agricole le temps de se typer sur l'université littéraire.

l'ami du progrès universitaire.

Nous avons du moins tunité en matière d'édtica» tion , comme parle l'éloquent M. Thiers ; et quoi que

VOUS en disiez , l'université de l'état ne possède le monopole de l'enseignement que comme les tribu^ uaux ont le monopole de la justice, et l'armée celui de la force publique, selon la judicieuse observation de deux célèbres hommes d'état.

LE DEMEURANT d'cn AUTRE AGE.

Oui , c'est vrai , nous avons f unité de la servitude, r unité des concussions et des monopoles , V unité de la routine, F unité Aq l'ignorance, V unité de tous les vices, qui sont la conséquence de toutes les autres unités f l'unité de l'ostracisme contre la conscience, contre la liberté et contre les pauvres! Quant à la comparaison faite par les hommes d'état dont vous parlez, ce n'est, pour la magistrature et l'armée, que le plus injurieux des sophismes. Quoi donc! disait, il y a plusieurs années, en y répondant déjà, un livre que vous n'avez pas lu, est-il possible d'insulter à ce point le bon sens de tout un peuple? Les tribunaux trafiquent-ils donc de la justice comme l'université trafique de l'enseignement? Nos jurys sontils des commissions de bon plaisir, et nos assises des encans de diplômes et de brevets? Est-ce au mépris de toutes les constitutions et en foulant aux pieds toutes les lois antérieures, que d'arbitraires décrets les ont constitués, et que de simples ordonnances les ont provisoirement maintenus ? Nos juges forment-ils une corporation privilégiée en dehors de la nation , dont tous les memhres sont amovibles au premier vouloir d'un grand-

2IO LE C0M3IUiriSME ET SES CAUSES.

maître, imposant des conditions d'existence à tous les citoyens et à toutes les autres carrières? Les tribunaux délivrent-ils, pour de l'argent, des diplômes pour établir d'autres tribunaux au-dessous des leurs? Les magistrats qui y siègent jugent-ils toujours à huis clos? Ne fondent-ils leur sentence que sur leur bon plaisir? Font-ils métier d'annoter les codes , de commenter les lois, de recueillir leurs sentences dans des livres , sous le nom de Manuek^ ou de Cours de justice^ et d'en imposer la circulation à tous les tribunaux , et l'achat et l'étude à tous les avocats , à tous les huissiers et à tous les plaideurs ? Les tribunaux et les cours royales feraient-ils aussi par hasard les lois elles-mêmes? Limiteraient-ils , ou anéantiraient-ils les droits civils des citoyens par des arrêtés, semblables à ceux du Conseil de l'instruction publique , et en aussi bon français ? Les gardes des sceaux et les présidents de Cour font-ils aussi des ordonnances ou arrêtés, pour régler les mobiliers des greffes et des salles d'audience, ceux de la chambre des huissiers, de la loge des portiers, ceux des cuisines, et des cellules des prisons et ^ leurs pistoles^ et en taxer le prix ? Fontils descendre la simarre et la toge jusqu'à régler le nombre des vases de nuit et des tables de nuiijbr* mantsiégey que doivent posséder les prisons, les geôles et les gendarmeries , et jusqu'à en tarifer la valeur? Déièguent-ils des inspecteurs pour faire la revue de toutes ces choses, et les répudier, si elles ne portent pas l'estampille ou n'atteignent pas le

SECONDE PARTIE. Q | f

chiffre qu'on désire? Tous les citoyens sont-ils obligés ensuite, pour devenir des aristocrates intellectuels , ou sous peine de rester parias et vilains , de passer par les geôles des tribunaux, comme tous sont obligés de passer par les geôles universitaires ? etc.

Et Tarmée , Tarmée française, n'est-ce point également Tinsulter que de la comparer à l'université et en faire un monopole de force publique? La force publique, est-ce que l'armée la vend? Est-ce qu'elle en trafique? Est-ce à prix d'argent qu'elle la constitue et la maintient, et non point avec son sang le plus pur et le sacrifice du repos et de la vie de ses plus braves capitaines? Est-ce que les citoyens et les soldats triplent et quadruplent les traitements des officiers, en achetant d'eux, par trois ou quatre espèces de rétributions, le droit de servir la France et de battre l'ennemi ?Es^ce que, pour être soldat, il est nécessaire d'être reçu préalablement bachelier en courage? La loyauté, la valeur, ont-elles besoin d'être estampillées par des commissions arbitraires de bureaucrates y pour être honorées par un grade ou par la croix? Est-ce que les preuves du champ de bataille et du sang versé ne suffisent pas ? Est-ce que , dans l'armée, les cœurs ne battent plus pour la gloire et l'amour de la France ? Est-ce que la cupidité , F amour des aises et des commodités de la vie^ sont le seul ressort qui excite le courage ? Le courage! est-ce que la soif de l'or l'a fait descendre à tétat de routine et de métier?

^l4 l'E COMMUNISME ET SES CA.CSES.

règne de Voligarchie, du pédantisme et du mépris; le règne des monopoles d'état , de l'ignorance , de loisiveté, de l'immoralité et de tons les vices.

Les terres demeurèrent en friche; les vignes furent étouffées par les ronces et les chardons ; les ateliers chômèrent ; les maisons tombèrent en ruine ; il y eut famine, mortalité de toutes parts, guerre atroce entre les capacités légales et les incapacités, entre l'aristocratie diplomisée et les parias sans diplômes ou avec brevets non salariés ; les loups et les ours se multiplièrent de toutes parts, et l'on ne savait qui l'emportait en férocité, de l'homme ou de la béte fauve.

C'ÉTAIT L'UNITÉ DES CULTES PAR LE PAN- THÉISME D'ÉTAT, L'UNITÉ DE L'ÉDUCATION PAR L'UNIVERSITÉ D'ÉTAT , L'UNITÉ DES PROPRIÉTÉS ET DE L'INDUSTRIE , DES RANGS ET DES PLAISIRS, PAR LE COMMU- NISME D'ÉTAT.

Et la logique disait à tous les amis des progrès universitaires:

Page 1