‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 99 sur 111 · SEPTIÈME FAIT , OU SEPTIEME EXEMPLE DE COMMUNISME · texte numérisé non relu

SEPTIÈME FAIT , OU SEPTIEME EXEMPLE DE COMMUNISME

L état y en faisant du mariage un contrat pu-rement civil, a ébranlé la famille dans ses fondements , et ouvert la porte au communisme des femmes.

Sortitus tum animam bonam. Et eum uum magis bonus , veni ad corpus incoinquinatum. Et ut scivi quoniam aliter non posaem esse continenSi nisi Deus det»»„ adii Domi' nom, et deprecatus sum illum , et dixi ex totis praeordiis mets,

La Tcrta de l'àme me condaisit à la chasteté du corps ; et comprenant que Tbomme ne ponvait être continent que par la grâce de Dieu , je me prosternai de? ant loi, et lui fis cette prière du fond de m*n cœur. [Livre de la Sagesse. Ch. S, v. 19 «

. 20ee21.)

L'homue ne s'est pas fait lui-même ; il n'est pas maître de lui; il appartient à celui qui Ta créé et qui le conserve à toute heure. Il ne peut donc disposer de son corps et de ses membres , comme de son âme et de ses facultés, que selon les ordres et la volonté du Dieu qui l'a fait ce qu'il est. C'est de l'évidence pour qui sait unir ensemble deux idées.

3o2 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

Or, Dieu, dès le coramencement, le créa homme et femme; il dt une seule femme pour un seul hom* me, et il dit que l'homme quitterait son père et sa mère pour s'attacher à la femme qu'il aurait prise pour épouse , qu'il ne ferait qu'un avec elle, et que riiomme ne séparerait pas ce que Dieu avait ainsi uni. QuifecU hominem ah initia y masculum etfeminamfeciteos; et dixit: Propterhoc dimittet homo patrem et matrem , et adhœrebit uxorisuœ^ et erunt duo in carne una. Itaquejam non sunt duo, sed una caro.Quod ergo Deus conjunxit, homo non separet. (S. Matth. ch. 19.) ^ défendit ensuite à l'homme et à la femme libres de commettre de fornication ; à l'homme et à la femme mariés , de commettre d'àdultère , et, dans leurs rapports intimes , tout acte contraire à la fin de leur union. Il défendit aux uns et aux autres de désirer la femme ou la fille, l'homme ou le fils de son frère, et, sous peine de la mortéternelle , toute espèce d'impudicité. Et pour peu qu'on veuille réfléchir de bonne foi sur les fondements des sociétés 9 sur les conditions de la famille , l'égalité, et l'égalité à peu près constante, même quant au nombre , de l'homme et de la femme, sur les longues nécessités de l'enfance^ sur les détails sans fin de l'éducation humaine et les besoins moraux ou physiques sans cesse renaissants et presque toujours réciproques des époux, des enfants, des père et mère, on est bientôt et intimement convaincu de la nécessité du mariage chrétien, et de tout ce qu'il y a de profondément vrai et d'éminemment social dans

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tous ces préceptes divins de l'ancienne et de la nouvelle loi.

Cependant, quand, d'un autre côté, on parcourt les annales du genre humain, qu'on interroge les mœurs des peuples , qu'on sonde les vastes abîmes des concupiscences et des appétits sensibles, toutes les fureurs si impétueuses et pourtant si changeantes des passions de la chair, et qu'on rapproche de ce tableau honteux les devoirs qu'impose la famille, telle que le christianisme l'a faite et que la nature et la vraie civilisation la demandent, on recule épouvanté , et , le cœur plein d'angoisses , l'on se prend à dire avec les disciples du Christ , ou avec leur maître: Peut-il être utile de se marier, et comment est-il possible de ne pas le faire ?

Alors apparaît la bénignité du Sauveur Jésus et la toute-puissance de sa miséricorde, relevant, par le baptême , l'humanité de sa déchéance 9 unissant, par un sacrement ineffable d'amour, sa chair virginale à notre chair viciée, pour l'assainir et la soumettre à l'âme , attachant la grâce et le secours , une grâce et un secours aussi doux qu'efficaces, à la première loi du monde , au fondement de la famille, au mariage lui-même, l'élevant à la dignité d'un autre sacrement dont la vertu propre est de sanctifier l'union de l'homme et de la femme , et la famille qui doit en être la conséquence, lui donnant enfin pour modèle sa propre union avec l'Église : union mystérieuse, sublime , éternelle, et constamment immolante, constamment sainte dans une inépuisable fécondité.

3o4 LE C03IMUNISM£ ET SES CAUSES.

L'homme ainsi est devenu chrétien : c'est un être nouveau aux limites du vieux monde, et en qui laioe commande et le corps obéit. Les époux sont dignes l'un de l'autre ; la femme est replacée au rang primitif d'égalité et d'amour pour lequel elle avait été créée, l'homme à celui de dignité et de tendre respect que lui donne son titre de chef dans la famille, de principe et de représentant de Dieu. Les enfants, purifiés aux mêmes sources, sont dignes des pères et mères; ils grandissent autour d'eux, sont souvent, jusqu'aux derniers confins de la jeunesse, la joie, la couronne de leurs parents, par leur obéissance et leur filiale tendresse ; et les familles , en se multipliant, forment, renouvellent, enrichissent , développent et fortifient, dans une admirable unité de moeurs, de croyances et de vertus, les grandes sociétés que nous appelons /^e^z/^/e^. Ainsi les vieillards racontaient autrefois l'histoire de leurs aïeux. Ainsi la logique présente à l'imagination et au cœur le spectacle des familles et des sociétés chrétiennes. Ainsi la raison et l'expérience conviennent avec la foi que le mariage , avec ses conditions de ^sainteté , de fidélité , d'indissolubilité , est une loi essentiellement religieuse. Dieu seul a pu l'imposer au monde ; Dieu seul peut donner la force de l'observer ; lui seul encore , et par une grâce spéciale, peut en exempter; et le droit public de toutes les nations chrétiennes proclame, avec le concile de Tours , approuvé par le pape Grégoire Xlll et promulgué du consentement de Henri III : « Il

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« est de droit absolument certain que toutes les c( causes matrimoniales appartiennent au for ecclé- <c siastique (ou spirituel), et que la connaissance et « le jugement en sont, par conséquent, tout à fait in- .« terdits par les saints canons aux juges laïques. « Défense donc , sous peine d'anathème , à tous , ff excepté auxévéques et à leurs offîciaux, d'en con- « naître et d'en décider, soit en elles-mêmes , soit « dans leurs appendices et leurs circonstances, com- « me étant chose adhérente au mariage, d (i)

Brisez ce droit, fondement des familles et des sociétés ; arrachez cette foi des coeurs ; à la souveraineté de Dieu et de sa loi, substituez le despotisme de l'homme et ses dures et écrasantes chaînes; à l'autorité , aux secours et aux grâces d'en haut , substituez les subterfuges , les palliatifs et les dissolvantes négations d'en bas; et l'homme demande à l'homme compte de sa loi, les passions luttent contre les intérêts, ou conspirent ensemble pour renverser ce qui les gêne et les opprime; l'adultère, l'impiété à la bouche et l'or à la main , mine et empoisonne le foyer domestique ; la fornication , une fornication homicide , lève de toutes parts sa

(1) a CEBTissiMiJttri5ct<m^Y, matrimonii causas àwaisfori « esse ecclesiastici : ideoque earum cognitionem ac decisionem • Judicibus laids , a sacris canonibus ohnino esse interdictam, « ouniBVS prœterquam Episcopis et eorum ojficialihus de iis^ « earumque appendicibus et circumstantiis , veluti de conju' « gali adhxsione sit quœstio^ cognoscereet decidere, sub ana- « thematis pœna, prohibemus, » (ConciL Turon, ann. 1588. Labhe et Cossart. tom. xv. pag. 1044. D.)

3oG LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

tête fangeuse; le divorce accourt, armé du glaire de 'SalomoD, pour partager l'enfant que lui présente an faux père; trois mille familles par an tombent som ses coups, comme en Prusse, et un vague et hideux concubinage , à la solde de toutes les passions infâmes, enlevant la fille à sa mère, l'épouse à l'époux, le père ou la mère aux enfants, ramène la polygamie et les mœurs du sérail, une promiscuité mille fois plus dégoûtante que celle des brutes, et où tout sens moral périt. Un libertinage effréné, comme une lèpre contagieuse, atteint l'enfance , couvre la jeunesse, devient calcul et spéculation dans l'âge mûr , et va souvent jusque dans la vieillesse la plus décrépite dégénérer en abcès et en pourriture.Toutlien social, dans cette dissolvante boue, se détend, se relâche, se change en impossibilité, se brise et disparait. La femme n'est plus pour l'homme qu'un |instrument de plaisir , une fleur qu'il prend , flétrit, rejette ou foule aux pieds au gré de ses caprices ou de ses fureurs; l'homme n'est plus pour la femme qu'un séducteur inévitable , fatal , un tyran égoïste qu'elle trompe, vole ou empoisonne; les enfants, qu'un embarras ouune spéculation donton se débarrasse ou qu'on fait valoir, et le mariage lui-même, que les ruines informes d une magnifique et divine institution, dont la poussière tourbillonne et s'enfuit, emportée par tous les vents. La famille est brisée dans ses bases. Plus de paix , plus de concorde , plus d'affection , plus de respect, plus d'obéissance. La haine, l'orgueil, régoisme,ont pris partout la place

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de la mansuétude, du dévouement et de l'amour. Le vieux monde païen, évoquéde son tombeau, s'est relevé avec sa pourriture séculaire, et Ton entend l'amnistié de César demander en langage de courtisan au matérialiste dictateur, de relever les ruines qui lui serventdepiédestal,de rétablir la justice, de rappeler la bonne foi, de réprimer le libertinage, At favoriser la population , enfin de réunir et de lier ensemble par la vigueur des lois tout ce qui a été dissous et dispersé (i); tandis que l'affranchi de Mécènes chante , comme une réponse , sur sa lyre inspirée cette fois par une religion tardive, l'hymne du désespoir et de l'épouvante:

a Romain , tu porteras la peine des crimes com- « mis par tes pères , jusqu'à ce que tu relèves les « édifices saints et que tu répares les temples de la « Divinité. »

« N'oublie point que c'est par sa soumission aux a lois divines que Rome commande à l'univers. « Voilà le principe de la puissance; c'est à la Divia nité que tu dois rendre grâces de tous tes succès. « Oubliée , rejetée , elle a accablé de maux la triste et Hespérie. DéjàMonèse et les soldats de Pacorus ont a deux fois repoussé nos attaques ; deux fois ils ont a avec orgueil paré de nos dépouilles leurs simples

(I) « Omùia sunt excitanda tibi , C. Cxsar^ nniquxjacere « êentis , belli ipsius impetu , quod neccsse fuit , perculsa atque « prostrata : constituenda judicia , revocanda fides, compris « mendœ libidines^ propaganda sobolcs; omnia qux dllapsa « jam defluxerunt, severis iegibus vincienda sunt. » (Cicer.pro M, MarceUo. d. vhi.)

3o8 LE COMMUNISME ET SE5 CAUSES.

« colliers. Déchirée par nos divisions i Rome a près*

« que été la proie du Dace et de l'Éthiopien , formi-

ce dableSyTun par ses vaisseaux, l'autre par sestraits.i

a Notre siècle fécond en crimes a d'abord

« SOUILLÉ LA COUCHE NUPTIALE ; IL A SEMÉ LE DÉa SORDRE DANS LES FAMILLES ET DANS LES MAISONS; a ET VOILA LA SOURCE DE TOUS LES MAUX QUI SE SORT c RÉPANDUS SUR LA PATRIE ET SUR LES PEUPLES. » (l)

a La jeunesse romaine, avant l'âge de l'hymen , c se plaît à se former aux danses de l'Ionie ; elle ne a rougit point d'étudier des mouvements que désaa voue la pudeur; dès sa tendre enfance, e!Ie rêve « déjà de coupables amours. A peine enchaînée des a nœuds de l'hymen , à la table même où préside c son époux , elle lui cherche des rivaux plus « jeunes que lui ; loin de choisir l'objet de ses cri- « minelles faveurs , loin de les accorder furtivement « et sous le voile des ténèbres, c'est de l'aveu même

(1) Fecunda culpx secula nuptias

Primum inquinavere , et genus , et domos;

ff oc fonte derivata clades

In patriam populumqueJluxU

Non his juventus orta parentihus Infecit xquor sanguine punico , Pyrrhumque ^ et ingentem cecidit Antiochum, Annibalemque dirum.....

Damnosa quid non imminuit dies ?

j€tas parentum pejoravis, tulit Nos nequiores , mox daturos Progeniem vitiosiorem.

(UorcUius. Od. vl Ub. m.)

SECONDE PARTIE. SoQ

a de son époux, c'est aux yeux de tous les convia ves qu'elle quitte efirontémentle festin^ à la voix a d'uQ riche commis ou d'un opulent navigateur.»

« Ah ! ce n'est point à de tels parents que dut le « jour cette vaillante jeunesse qui rougit la mer du « sang carthaginois^ qui triompha de Pyrrhus, du a grand Antiochus et du terrible Annibal... »

a Mais que n'altère point le temps destructeur! a Nos pères, plus méchants que nos aïeux^ ont laissé a des enfants plus pervers qu'eux-mêmes, et les enci fants (jeunesse que le crime a rendue rare, comme a il dit ailleurs: v/Z/o parentum rara juventus\yonX ce laisser bientôt une génération plus méchante ence core. »

Or, cette autre face du communisme , qu'on voit apparaître chez tous les peuples oublieux de la souveraineté divine et des saintes et indissolubles lois du mariage , n'est-elle pas là , sous nos yeux , souillée et dégoûtante , comme les feuilles d'une histoire que la justice de Dieu nous force d'écrire nous-méme avec la boue d'une législation impie et les moeurs infâmes d'un égoïsme qui n'a plus de frein. (ï) N'est-elle pas l'œuvre du protestantisme, et du voltairianisme, sa dernière conséquence? Ne sont-ce pas les états, leurs théologues, leurs légistes et leurs philosophes, qui, trois siècles durant, ontattaqué,miné,sapélemariage,cefondementnécessaire de la famille ? Ne sont-ce pas leurs écrivains, leurs poètes, leurs romanciers, leurs artistes, qui venaient

(1) Voyez 1^ partie , page 70 et sûy.

3fO LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

chaque jour introduire, clans ces assises sociales, le levier destructeur de leurs impures imaginations? Ne sont-ce pas les états qui, secouant le joug du droit divin et de sa morale suprême, ont substitué aux lois éternelles de Dieu les éphémères décrets de l'homme, et opposé aux impétuosités de la plus formidable passion, le contrat d'un notaire et les prescriptions changeantes d'une loi libellée par des philosophes ? Ne sont-ce pas eux qui , usurpant les droits du Créateur, se faisant Dieu, sont venus s'interposer entre l'homme et la femme , et stipuler les conditions souveraines auxquelles ils pourraient se donner mutuellement, se quitter, se reprendre ou se donner à d'autres ? Ne sont-ce pas eux qui ont transformé l'hôtel de ville eu temple, l'officier public en prêtre, et banni, autant qu'il était en eux. Dieu et ses droits de la famille ? En plaçant le mariage civil en première ligne et comme seul légalement obligatoire, ne l'ont-ils pas par là même posé, aux yeux du peuple, comme seul nécessaire et seul utile? En exigeant que le mariage religieux ne se fasse qu'après le mariage civil, n'ontils pas mis le prêtre dans l'alternative cruelle, ou de laisser hors de la voie du salut certaines âmes, ou de ne les en retirer qu'au péril d'énormes amendes et du bannissement?

Et nous nous étonnons que, tous les dix ans, le nombre des attentats à la pudeur sur des enfants de moins de seize ans, s'élève à plus du double, et celui des parricides à plus du triple !

SECONDE PARTIE. 3ll

Et nous nous étonnons qu'en Prusse, plus de trois mille divorces viennent, chaque année, implanter au milieu de l'Europe les mœurs de la polygamie sauvage ; que Londres compte , sans parler des autres, quatre vingt mille filles publiques patentées ^ "^ dont huit mille meurent , chaque année, de 16 à 18 ans, dévorées par la pourriture; que Paris, la ville efétat par excellence , la ville aux instincts turbu* lents, aux penchants athées , la ville envasée de va* leurs et de prostituées , dit un rédacteur de la Pres'sei M. Granier-Cassagnac , soit engorgée d'une po* pulation unique au monde! car^ ajoute-t-il avec ton* tes les statistiques, elle a plus d'un bâtard sur trois habitants^aux seuls yeux de la loi civile ; car un cin' quième de ses membres natt à Fkapitaly et la moitié y meurt \

Et nous nous étonnons que ces villes mènent comme des esclaves et sans résistance, de grands , d'immenses pays, et que , pour les mener plus facilement, elles les corrompent en leur communiquant leur impiété, leurs lois et leurs mœurs!

Et nous nous étonnons qu'à un temps donné , après de tels faits et de tels exemples, des hommes se lèvent au milieu de ces villes, et viennent y proclamer, comme du haut d'une tribune qui domine le monde , le hideux et cynique symbole d'un communisme sans nom !

(K Tout peuple est souverain sur la terre comme « DIEU l'est au cikl ! »

« Il n'y a point d'autre religion que la consti-

3l2 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

c TVTION, OU LE CODE QUE l'hoMME IMPOSE A l'hOH- « me; ET LE GRAND PONTIFE , LE PONTIFE UmVEBSEL,

« c'est l'État! »

a II faut QUE LE MARIAGE , LÉGALISATION DE l'aa DULTERE, FASSE PLACE A LA SOUVERAINETÉ DES PEV- « CHANTS ET A l'ÉMANCIPATION DU PLAISIR ! J»

« Les THÉORIES des moralistes ne sont QUE DES MÉ- C THODES POUR RÉALISER LE BIEN SOCIAL. FOURIER A « CRITIQUÉ CELLES d'aUTREFOIS; POURQUOI LUIENFAIIB « UN CRIME ? QUANT AUX COUTUMES AMOUREUSES DD a MAÎTRE, c'eST ENCORE LA UNE QUESTION DE METHODE, a II s'agit tout SIMPLEMENT DE SAVOIR SI LA MONO- « GAMIE INDISSOLUBLE , OU LE MARIAGE , EST PLUS FA- C VORABLE AUX BONNES MOEURS QUE LE SYSTÈME DU « CHANGEMENT ET DE LA PLURALITÉ DES AFFECTIONS ! 9

«ENTRE LA BÊTE ET L'HOMME, IL N'Y A « DE DIFFÉRENCE QUE L'HABIT!!! » (i)

Quand un corps tombe en putréfaction , l'on ne s'étonne pas qu'il soit donné en proie au communisme des versy et le délire d'un malade dont la fièvre trouble le cerveau , n'a rien , absolument rien qui surprenne.

C'est au contraire une loi du monde physique qui s'accomplit.

— Vous avez beau écrire , disait un légiste à un saint-simonien j et haranguer les multitudes de car-

(!) Voyez l'» partie, page 18 et suif-

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refours; le mariage est dans le code; tous ne pouvez l'attaquer ni Tabolir, sans attaquer la loi, sans renverser le code.

— Sans les changer : tous avez raison. C'est un pas nouveau à faire vers la nature , et d'autant plus facile que l'opinion et les moeurs ont déjà devancé la loi.

— Mais la loi est ferme et stable, comme parlent tous les jurisconsultes , et le code est fait pour durer.

— Les jurisconsultes en disaient autant, il y a soixante ans, il y a trois siècles; cela n'a pas ern* péché les codes canoniques, le code évangélique même, et tous les codes moyen âge qui les suivaient, de quitter leur vieille enveloppe pour marcher plus vite avec le siècle, sous la conduite du peuple de* venu César.

— Cependant , la loi est la loi, et le code est le code.

— Sans doute. Mais de quelle loi, de quel code parlez-vous?

— De quelle loi, de quel code ? de la loi de 89, du code Napoléon.

— Qu'est-ce que 89? Un chiffre que bientôt soixan* te autres auront soixante fois effacé. Seriez-vous aussi un demeurant d'un autre âge, et 89 vous au* rait-il tellement immobilisé , que vous ne vous soyez point encore aperçu que nous sommes en 1848?

— Mais le code Napoléon ! le code du grand et puissant empereur

— Fait par tout autre que par lui. Et puis, qu*est-

3l4 L^ COMMUNISME ET SES CAUSES.

ce que Napoléon? Un homme, un despote qui n'est plus. Voyez son tombeau. Il est là, aux Invalides ; sous trois pas un enfant le mesure. Et vous voulez qu'une feuille de papier tant de fois raturée, et où Ton lisait, d'un côté mariage^ de l'autre côté divorce, c'est-à-dire, contradiction, pour et contre, parce qu'un jour on y aura mis le nom d'un homme, un nom que trente ans ont quatre ou cinq fois effacé, vous voulez que cette feuille lui survive et me serve de loi ? £t qu'y a-t-il de commun entre ce papier et moi ? Ce qu'une année , ce qu'un homme a pu faire, soixante années, des millions d'autres hommes ne peuvent-ils pas le changer ?

— Et que mettre à la place?

— Rien. Quand on brise une chaîne, oùavez-vous vu qu'il soit nécessaire de la remplacer ?

— Mais alors, c'est la licence.

— Non , c'est la nature, c'est Fégalité , la communayté,la liberté.

— La nature, la liberté? Je le nie.

— Je l'affirme, moi. Qui sera juge entre nous?

— L'expérience , la raison , les tribunaux.

— L'expérience ! Est-ce que Luther en a tenu compte ? Est-ce que 89 et Napoléon y ont seulement songé ? est-ce qu'on songe à ce qui reste en arrière, quand on marche en avant ? L'expérience ! la mienne vaut la vôtre. — La raison! celle des saint-simoniens vaut celle des légistes; et quand on marche, qu'on progresse , on ne perd pas le temps à raisonner.

SECONDE PARTIE. 3l5

— Mais les tribunaux...

— IjCS tribunaux ! des honomes comme moi, pires que moi; des hommes , toujours des hommes! Et qui donc leur a donné droit sur leui^ semblables, droit sur la nature et $ur ses plus impérieux penchants? Est-ce qu'on arrête par des lois d'hommes les fleuves qui se précipitent sur leur pente ? Est-ce qu'on livre leurs flots aux tribunaux, quand, bondissant et mugissant avec les tempêtes , ils emportent leurs digues comme un grain de sable ? Le grain de sable , l'Océan le respecte, mais c'est Dieu qui l'a placé sur ses bords comme une loi.

— Mais les tribunaux enfin , c'est l'autorité , c'est l'ordre.

— C'est le despotisme , c'est la force brutale! vous l'avez dit vous-mêmes, il y a soixante ans, des lois de l'Église et de ses tribunaux , et vous les avez brisés ; pourquoi voulez- vous que nous respections les vôtres, bien autrement jeunes, bien autrement faibles en autorité et en raison?

— Mais alors, c'est la guerre

— La guerre!... Quand les tyrans sont sourds à la voix de la nature et de la liberté , l'insurrection est le plus saint des devoirs.

Et la force démagogique acheva l'œuvre de cy. iiisme que la force royale , aristocratique et bourgeoise , avait ébauchée. Et lorsqu'on voulut écrire cette nouvelle page dans les annales de l'histoire,

la plume s'y refusa. Les chèvres et les boucs de Théocrite, donnés pendant vingt ans pour modèles par renseignement d'état , à toute la jeunesse des écoles, furent dépassés de toute la distance qu'il peut y avoir entre l'instinct irréfléchi et aveugle et la dépravation volontaire et calculée. Et dans ces scènes où toutes les passions accouraient furieuses comme dans une arène de gladiateurs , le sang se mêlait tellement à la boue, qu'il était impossible de ne pas reculer d'épouvante et d'horreur.

C'ÉTAIT LE COMMUNISME

Et la logique disait à l'état et à son mariage civil:

D'APRÈS VOS EXEMPLES, IL A RAISON

RÉSUMÉ DES CAUSES DU COMMUNISME y DOCTRINES ET EXEMPLES.

Le livre de M Thiers sur la propriété , prour vant la nécessité et la légitimité du communisme, tout en voulant le réfuter^ en résume toutes les causes , et montre jusqu'à V évidence Vimpuissance radicale du rationalisme à établir sur unfondement quelconque le droit de propriété.

NUI Dominas œdifieaverit domum , in vanum laboraverunt qui œdifieant eanu

Si l'oa n'établit pas sur Diea le droit de proprlété, c'est en Tain qu'on cbercbe à l'établir. (Pja/. 126,v.l.)

Quand le rationalisme et ses hommes d'état sentirent le sol trembler sous leurs pieds , qu'ils entendirent la clameur des consciences et des instincts conservateurs monter vers eux , sombre , déchirante comme le cri d'un mourant assassiné , terrible, pressante comme un réquisitoire, un trouble involontaire se saisit d'eux; ils se consultèrent à la hâte, et s'empressèrent de choisir d'office, pour les défendre et essayer de raffermir la société ébranlée

3l8 LE COMMUNlSBIfi ET SES CA.USES.

par leurs enseignements et leurs exemples, les deux plus habiles champions que renfermassent leurs rangs immenses.

D'abord se leva , pour les défendre par les doctrines, le fameux chef de l'école éclectique, rhoraroe d'état, le savant qui, pendant de nombreuses années, avait présidé à tout l'enseignement-monopole de la France, et dirigé souverainement , pendant près de quatre lustres , toutes les chaires de philosophie. Nous avons montré sans peine, dans la première partie de cet ouvrage , que, loin d'avoir confondu le communisme, M. Ck>usin , sous la soutane genevoise du Ficaire Savoyard^ lui avait apporté, au contraire , un secours nouveau, des armes fraîchement retrempées, et comme un arsenal entier de toutes les doctrines qui l'avaient produit. L'éclair, en sillonnant la nue et annonçant la foudre, découvre en efiet que c'est là, dans ces sombres flancs, qu'elle a été forgée, et qu'elle a reçu pour âme une flamme homicide.

Vient maintenant un des plus grands hommes d'état de Louis-Philippe : M. Thiers. A peine les regards effrayés sont-ils redescendus sur la terre pour y chercher un asile, qu'il est entré dans la lice , armé d'une défense par les faits et les chiffres, proclamée de tout point admirable par le Constitutionnel y et offerte par beaucoup d'autres à la foule ébahie , comme un paratonnerre à toute épreuve. Nous venons , à l'aide du même éclair perçant de nouveau la nue épaissie et en-

S£C02(D£ PARTIE. SkJ

core plus sombre, démontrer jusqu'à l'évidence toute Tinanité^ toutes les déceptions du secours tant vanté , et en signalant les vains efforts du rationalisme 9 pousser un cri d'alarme, et jeter au monde, comme le seul moyen de sauvetage, les paroles d'un grand roi que les siècles répètent aux siècles, les révolutions aux révolutions , les ruines aux ruines : Nisi Dominus œdificaverit domum^ in vanum laboraverunt qui œdificant eam. Si l'on arrache à la propriété et à la société elle-même le seul fondement sur lequel elles reposent: la souveraineté de Dieu, c'est en vain qu'on fait effort pour lui en substituer un autre.

Écoutons d'abord , ne fût-ce que pour bien comprendre à quelles extrémités nous sommes réduits, le cri de détresse vainement adouci de quelques sentinelles placées dans deux camps différents , et voyons les efforts faits par elles pour rassurer les pauvres passagers que la mer et la tempête menacent d'engloutir, et leur inspirer une confiance .sans bornes à la corde qui leur est tendue pour les sauver. Nous examinerons ensuite, dans des arguments courts, serrés, clairs jusqu'à l'évidence, la nature de ce moyen de salut.

< Nous publions aujourd'hui, dit Le Constitution* « nel (29 septembre) , le premier livre presque en- « tier de l'ouvrage de M. Thiers. La force princitf pale, et le plus grand intérêt de ce beau travail^ « est dans l'enchaînement rapide , irrésistible des a déductions. Nous avons pensé qu'il fallait briser

3aO LE COMMUNISBIE ET SES CAUSES.

c le moins souvent possible cette chaîne serrée et « brillante d'observations et de raisonnements qui c ne laissent même aucune issue au sophisme. Nous « mettrons donc sous les yeux de nos lecteurs le « développement complet de chacune des démons- « trations qui se succèdent dans cet ouvrage. On « saisira mieux le mérite de l'ensemble, en même a temps qu'on appréciera , dans les détails^ ce style « simple et nerveux , cette mâle, vive et touchante « éloquence, inspirée par un profond sentiment de a la nature humaine y par une haute intelligence des « œuvres du Créateur. »

« Les ennemis de la société se sont appliqués à o multiplier leurs Hures; ils ont perverti bien des c esprits et trompé bien des âmes. Il était bon que a les défenseurs de la société , au premier rang des- «quels s'est placé M. Thiers^ imitassent l'ardeur « des/aux philosophes y dont les doctrines sont ré- « pandues jusqu'à unir, dans une commune erreur, ' c soixante-six mille suffrages à Paris. Il n'y a pas c de talent trop élevé , de science trop profonde , ce d'expérience trop consommée , pour rendre , a comme le fait M. Thiers, à la simple et étemelle « vérité, sa puissance , son charme et sa nouveauté. « C'est l'œuvre principale du temps où nous somcc mes que de raffermir les principes sociaux ; c'est « là la vraie politique du moment , et nous remer- « cions M. Thiers d'y consacrer son admirable tact lent , son vaste savoir et ses constants efforts. En a accomplissant un grand devoir , il a écrit un beau

SECONDE PARTIE. 3l2 I

« livre y qui est original et qui vivra, comme tout « ce qui est sincèrement pensé, sincèrement écrit a par un écrivain éminent , sous l'empire de gran- « des circonstances. Quoique nous éprouvions tou- « jours quelque embarras à louer un ami , nous <c n'avons pu nous empêcher de dire au moins ici « quelques mots de ce que nous avons pensé en lift sant cet ouvrage. Nous nous hâtons maintenant « de le livrer à nos lecteurs. »

Un peu après, deux autres journaux, avant de citer du livre sur la propriété un passage écrit au fond dans le même esprit que tout le reste, ou sa réfutation, quand il en diffère, s'exprimaient ainsi : <c Quand des hommes d'un esprit aussi éminent que « M. Thiers, et élevés comme lui à l'école du xviu*^ K siècle, font de tels retours et se sentent arracher « de tels hommages , ces fortes leçons prennent a dans leur bouche un caractère singulier , et leur (c parole répond à une inspiration dont Dieu seul « a le secret. »

Or, voici mot à mot et sans y rien changer le point de départ, le principe et tout le fondement du livre de M. Thiers. Que le lecteur veuille bien le lire attentivement et avec réflexion , pour comprendre ensuite sans aucune peine toute la force et toute la portée des raisonnements que nous allons en déduire.

« Avant de chercher à démontrer que la pro- « priété est un droit , un droit sacré , comme la u-

« BERTÉ d'aller, DE VENIR, DE PENSER ET D'iCRlRB,

3 il LE COMAtUKISStE ET SES CAUSES.

a il importe de se fixer sur la méthode de démoDS- « tratioD à suivre en celte matière. »

(c Quand on dit : L'homme a le droit de se mou- « voir, de travailler, de penser, de s'exprimer librece ment, sur quoi se fonde-t-on pour parler de la a sorte ? Où a-t-on pris la preuve de tous ces droits? « Dans les besoins de V homme , disent quelques a philosophes. Ses besoins constituent ses droits. Il ce a besoin de se mouvoir librement , de travailler « pour vivre, de penser ; quand il a pensé, de para 1er suivant sa pensée , donc, il a le droit de faire « ces choses ! Ceux qui ont raisonné ainsi ont apa proche de la vérité et ne Font point atteinte, car « il résulterait de leur manière de raisonner que a tout besoin est un droit, le besoin vrai, comme a le besoin faux , le besoin naturel, simple, comme « le besoin provenant d'habitudes perverses. S'il y « a, en effet, des besoins vrais, il y en a de faux a qui naissent de fausses habitudes. L'homme, en se « livrant à ses passions, se crée des besoins exagéff rés et coupables, tels que ceux du vin, des fema mes , de la dépense , de la paresse , du sommeil , « de l'activité désordonnée, des révolutions , des a combats, de la guerre. Homme de plaisir, il lui « faudra la femme de tout le monde; grossier ama- « teur du vin , il lui faudra des torrents de boisson « qui l'abrutiront; conquérant, il lui faudra la terre « entière à ravager. Si les besoins étaient la source « DES DROITS, César, à Rome, aurait eu le droit de « prendre les femmes des Romains, leur liberté,

SECONDE PARTIE. 3i3

« leur bren, leur gloire, et dans ce cas , le vice au- « rait fait le droit. »

ctJe sais bien que les philosophes qui ont raisonne « ainsi ont distingué et ont dit : Les vrais besoins « font les droits. Alors reste à chercher quels sont « les besoins vrais , à discerner les vrais des faux y « à quoi on arrive, comment? par l'observation de a la nature humaine. »

a L'exacte observation de la nature humaine est

« DONC LA méthode A SUIVRE POUR DÉCOUVRIR ET DÉa MONTRER LES DROITS DE l'hOMME. )>

« Montesquieu a dit : Les lois sont les rapports « des choses. J'en demande pardon à ce vaste et « grand esprit , il aurait peut-être parlé plus exac- « tement en disant : Les lois sont la permanence a des choses. Newton observe les corps graves. Il « voit une pomme tomber d'un arbre , suivant le et langage terrestre des habitants de notre planète, a Rapportant ce fait à un autre, à celui de la lune « attirée vers la terre, de la terre atirée vers le soft leil , il aperçoit dans un fait particulier et insignia fiant un fait général , permanent , et il dit : Les « corps graves sont attirés les uns vers les autres , « proportionnément à leur masse, et il appelle ce « phénomène la loi de gravitation. »

« J'observe l'homme, je le compare à l'animal, je « vois que, loin d'obéir à de vulgaires instincts, tels « que manger, boire, s'accoupler, dormir, se ré- « veiller, recommencer encore, il sort de ces étroi- « tes limites, et qu'à toutes ces manières de se corn-

3a4 ^^ C0MMU171SME ET SES CAUSES.

« porter^ il en ajoute de bien plus relevées, de bien « plus compliquées. Il a un esprit pénétrant ; avec « cet esprit, il combine les moyens de satisfaire à ses a besoins ; il choisit entre ces moyens , ne se borne c pas à saisir sa proie au vol comme l'aigle, ou à l'af- <c fut comme le tigre, il cultive la terre, apprête « ses aliments, tisse ses vêtements, échange ce qu'il « a produit avec ce qu'a produit un autre homme , « commerce, se défend ou attaque, fait la guerre, « fait la paix, s'élève au gouvernement des états, « puis , s'éleirant plus haut encore , abrite a la a connaissance de dieu, a mesure qu'il est plus « avancé dans ces diverses connaissances , il se « gouverne moins par la force brutale et plus par a la raison, il est plus digne de participer au goc- « VERNEHENT de la société , dont il est membre ; et a tout cela considéré , après avoir reconnu en lui a cette sublime intelligence qui se développe en « s'exerçant, après avoir vu qu'en l'empêchant de « l'exercer, je la lui fais perdre, je le rabaisse, je le « rends malheureux et presque digne de son mala heur comme l'esclave, je me récrie et je dis:

« l'hOMBIE a droit d'être libre , parce QUE SA NOBLE a NATURE EXACTEMENT OBSERVÉE, ME RÉVÈLE CETTE

« LOI , QUE l'Être pensant doit être libre , comme « la pomme en tombant a révélé à Newton que les «( corps graves tendaient les uns vers les autres. »

« JE DÉFIE DONC QU'ON TROUVE UNE AU- « TREFAÇONDE CONSTATER LES DROITS, UNE « AUTRE QUE LA SAINE ET PROFONDE OBSER-

a VATION DES ÊTRES. Quand on a bien observé ic leur manière constante de se comporter , on con- « dut à la loi qui les régit , et de la loi on conclut « €tu droit. Cependant, je dois ajouter encore une <t remarque , sans laquelle je donnerais prise à la « contradiction. De la loi qui porte les corps graves «t les uns vers les autres , en concluerez-vous , me a demandera-t-on,en concluerez-vous au droit? Dite rez-vous : La terre a le droit de graviter vers le a soleil? Non 9 je réponds avec Pascal : Terre , tu ne « sais pas ce que tu fais. Si tu m'écrases, tu ne le « sais pas, et je le sais. Je suis donc ton supérieure

« Non , le droit est le privilège des êtres moraux , a des êtres pensants. Je serais presque tenté de di- « re , mais je ne Toserais point , que le chien qui « vous sert, qui vous aime , a le droit d'être bien « traité, parce que cette bête aimante et dévouée se « jette à vos pieds et les baise tendrement. Et pour- « tant, je manquerais, en m'exprimaùt ainsi, à la para faite justesse du langage. Si vous devez quelque c chose à cette créature attachante , c'est parce que a vous comprenez ce qu'il lui faut. Quant à elle, elle « n'a droit à rien , parce qu'elle désire sans savoir. « Ce mot de droit n'appartient qu'aux relations des a êtres pensants entre eux. Tous les êtres ont des lois « dans cet univers , les êtres moraux comme les êtres « physiques, mais les lois pour les premiers consa tituent des droits. Après avoir observé l'homme, « je vois qu'il pense , qu'il a besoin de penser^ a d'exercer cette /acuité j qu'en l'exerçant elle se

3i6 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

« développe « s'agrandit, et je dis quil ▲ droit de ^penser y de parler ^ car penser, parler, c'est la « même chose; jele lui dois, si je suis gouvernement^ « Don pas comme au chien dont je viens de faire roeD* a lion , mais comme à un être qui sait ce qu'il en « est, qui a le sentiment de son droit, qui est mon « égal , à qui je donne ce que je sais lui être dû , « et qui reçoit fièrement ce qu'il sait lui appartenir. « En un mot , c'est toujours la même méthode, « c'est-à-dire, l'observation de la nature. Je vois que « l'homme a telle faculté, tel besoin de V exercer; je « dis qu'il faut lui en donner le moyen , et , comme <c la langue humaine est infiniment ménagée, et ré* « vèle dans ses nuances infinies les nuances infinies « des choses, quand il s'agit d'un corps grave, je dis « qu'il tend à graviter , parce qu'il y est forcé. Je « dis du chien: Ne le maltraitez pas, car il sent « vos mauvais traitements, et son aimable nature ne « les a pas mérités. Arrivé à l'homme, mon égal de' « vaut Dieu , je dis : Il a droit. Sa loi a lui prend

« CE MOT sublime. »

a Partons donc de ce principe que la propriété ^ « comme tout ce qui est de îhomme , deifiendra « droit , droit bien démontré , si robsert^ation de la a société révèle le besoin de cette institution , sa V convenance, son utilité, sa nécessité \ si enfin, je

« PROUVE qu'elle est AUSSI INDISPENSABLE A l'eXIS- « TENCE DE l'homme QUE LA LIBERTÉ ELLE-MÊBf E. PaR- « VEND A CE POINT, JE POURRAI DIRE : LA PROPRIÉ-

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