Rambaud, o/;. cit
tous ces émirs impies d'Occident et d'Orient, ne furent point avertis, du moins ceux, fort nombreux à cette époque, avec lesquels le Basileus était en guerre. Parmi les princes chrétiens, le roi Bérenger II d'Italie, qui voulait expulser les Byzantins de la péninsule, fat presque seul à conserver une attitude liostile. Il obtint même du duc de Venise que celui-ci interceptât toute communication entre cette cité et l'empire grec \
Romain II, par sa coupable frivolité, par son amour du plaisir, a bien mérité d'être classé par le sévère jugeinent de l'histoire au nombre des princes dont le nom ne rappelle que honte et faiblesse. Mais, fort heureusement pour les Byzantins, je l'ai dit, cet empereur fâcheux eut un ministre, sinon vertueux, du moins énergique, et ce ministre sut employer à souhait les grands capitaines que la guerre sarrasine avait fait surgir depuis vingt ans des rangs de l'armée grecque. Ce fut en effet le tout-puissant eunuque Bringas qui fit décider en conseil et adopter par le jeune empereur, avide de signaler son avènement par quelque entreprise éclatante, et qui organisa presque seul l'expédition de Crète, cette expédition célèbre qui devait à la fois illustrer à jamais le règne si bref du fils de Constantin, fonder également à jamais la gloire de Nicéphore Phocas, et donner le signal de la victoire définitive des Byzantins sur les Sarrasins du dixième siècle.