‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 9 sur 237 · Forteresses frontières · texte numérisé non relu

Forteresses frontières

rope et d'Asie, les grands drongaires qui commandaient les diverses escadres de la flotte impériale en station dans l'Adriatique , dans l'Archipel ou sur les côtes italiennes, furent avisés de l'entrée en fonctions du

Portrait en pied de saint Marc ; miniature d'un évangéliaire bj-zantiu de la Bibliothèque nationale, écrit en l'année 964, sous le règne même de Kicéphore Phocos.

nouvel empereur. Des patrices, des protospathaires , des hasilihoi et des mandatores, messagers impériaux ou courriers de cabinet de grades divers, partirent dans toutes les directions, porteurs de la grande nouvelle sous la forme d'une lettre officielle écrite le plus souvent au cinabre, en lettres d'or ou d'argent pour quelques exemplaires seu-

lemeiit, et bullée d'or, d'argent ou de plomb, suivant qu'elle était adressée à un souverain allié, à un simple vassal, ou à un fonctionnaire. (( La bulle même pesait la valeur ronde et toujours sans fraction de poids d'un, deux, trois ou quatre, jusqu'à dix-huit sous d'or, suivant le rang attribué au destinataire dans l'immuable catalogue officiel qui réglait l'ordre de préséance de chacun et formulait les rapports du Basileus universel avec tous ces princes auxquels il voulait bien accorder sa dédaigneuse et toute platonique protection , mais qu'il persistait, du reste, à considérer in petto comme des sujets en état de rébeUion, (( car l'empire grec, héritier pieusement, invinciblement convaincu de l'immense empire romain, n'avait, à son point de vue, d'autres frontières, du côté de l'Occident comme de l'Orient, que les limites mêmes de cette antique puissance romaine \ )>

La liste était longue et minutieusement dressée, par cette admirable diplomatie byzantine, des rois, des princes, des seigneurs, des ducs, des archontes, des simples chefs de villes, auxquels les hasilikoi du nouvel autocrator « aimé de Dieu » devaient aller offrir paix et amitié protectrice. Tous, depuis les lointains rois de Saxonie, de Germanie, de Francie^ jusqu'aux principicules chrétiens dont les souverainetés aux noms étranges se cachaient dans les gorges du Caucase ou dans les vallées d'Arménie, depuis les vassaux itahens, esclaves toujours révoltés, le duc de Venise, l'archôn de Sardaigne, Tarchôn d'Amalfi, celui de Gaète, le duc de Naples, les princes longobards de Salerne, de Capoue, de Bénévent, jusqu'à l'ami Bulgare, « le très cher enfant spirituel du Basileus, l'archôn ou roi par droit divin de la très chrétienne nation des Bulgares », jusqu'à la czarine russe de Kiev, la très pieuse archontissa des Ross, depuis « le souverain de l'Arabie Heureuse » jusqu'au (( maître suprême de l'Inde » (probablement le Pàla de Delhy), tous devaient être avisés de la grande nouvelle. La plupart firent bon accueil au message de l'empereur, et les ambassades officielles rapportèrent au Palais Sacré les dons obligés. Seuls les Khalifes (à l'exception de celui de Cordoue) et les princes sarrasins,

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