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AU DIXIÈME SIÈCLE. 3C3
entouré de moines, n'usait que des moines dans les occasions graves. Aussi fut-ce Antoine, syncelle du grand nionast^Te de Saint-Jean-Bai)tiste de Stoudion, saint pr(^'lat (( couronné des fleurs des quatre vertus cardinales ', » qui fut chargé par lui de mettre cette décision à exécution et de conduire la jeune impt^ratrice au château de Pétrion, oîi elle fut consignée. Ce vieux kastron, fréquemment mentionné par nos chroniqueurs de la croisade de 1204, s'élevait dans la partie de la cité qui forme .aujourd'hui le bas quartier du Phanar, tout proche de la rive de la Corne-d'Or. Il faisait partie du système de défense de la capitale et protégeait cette portion de l'enceinte. C'était un donjon célèbre, à la fois forteresse puissante et séjour de prisonniers de marque, qui avait donné son nom t\ toute la région. Ce nom même est venu jusqu'à nous dans celui de la porte de Pétri Kapoussi qui, encore aujourd'hui, donne accès du rivage dans ce coin du Phanar.
Au premier abord, je le répète, cette conduite de Nicéphore, en apparence si brutale, semble fort extraordinaire, mais ce ne fut sans doute là qu'une comédie destinée à tromper le public et à ménager de justes susceptibilités. La suite des événements prouve avec évidence que Nicéphore ne dut prendre cette mesure que d'accord avec Théophano pour donner, tant qu'il le serait nécessaire, le change sur leur commune intrigue, pour mieux, en un mot, sauver à la fois les apparences et les convenances jusqu'à ce que leur mariage pût être célébré. Certainement toute cette mise en scène fut organisée par eux en commun ".
Cette réclusion dans l'incommode donjon, réclusion qui devait peser si fort à la jeune Basilissa, ne dura guère du reste. Dès le milieu de septembre, un mois et quatre jours après son entrée triomphale dans la Ville gardée de Dieu, Nicéphore, qui jusque-là avait vécu au Palais comme un cénobite dans un pieux et solitaire recueillement, jugeant sa situation suffisamment affermie, incapable peut-être de maîtriser davantage la violence de son amour, jeta brusquement le masque, fixant