Plus tord patriarche en
2. Cédrénns est, du reste, formel snr ce point, Gljcas aussi. Toos deux ont puisé leurs information dans Scylitzèd.
au 20 septembre sou mariage avec Théophano ! Ce dut être pour le rude soldat un grand jour, le plus beau de son existence déjà si remplie. Tout lui réussissait à la fois. Du même coup il obtenait l'empire d'une inoitif' du monde et la main d'une adorable maîtresse, sa souveraine. Ce iiiuiiie soldat, ce dur homme de guerre qui depuis tant d'années, étuutlait sous des austérités sans nombre l'essor d'une ambition profonde et toutes les passions contenues d'une nature exceptionnellement vigoureuse, dut tressaillir d'aise en voyant agenouillée à ses côtés sous les voûtes dorées de l'église palatine cette créature radieuse qu'il aimait de toute l'énergie sauvage d'un cœur chaste, cette beauté divine avec laquelle il allait partager le sceptre du monde. Il paraît peu probable que Théophano ait éprouvé pour son nouvel époux des sentiments analogues, et la suite de ce récit n'est pas faite pour nous inspirer cette conviction. Seulement elle acceptait ce qui ne pouvait être autrement, et se trouvait rassurée pour elle et ses fils en voyant à ses côtés l'homme intrépide, prudent et calme qui allait être désormais leur meilleur défenseur à tous trois.
Les historiens byzantins, toujours très sommairement renseignés, sont, du reste, peu d'accord sur les mobiles vrais qui entraînèrent Nicéphore à contracter, lui rude capitaine, déjà avancé en âge, vieilli sous le harnois, ce mariage si mal assorti avec cette jeune femme, la plus élégante comme la plus vicieuse princesse de ce siècle immoral entre tous, mariage dont un prochain et sanglant avenir devait si cruellement proclamer la folie. Les uns, plus nombreux, accusent simplement l'amour insensé de Nicéphore pour Théophano ; c'est pour elle seule, pour obtenir sa main adorée qu'il a brigué l'empire et trahi ses serments. Les autres, peut-être plus près de la vérité, me semble-t-il, insistent sur les avantages politiques si considérables que cette union devait rapporter à l'usurpateur, avantages si évidents qu'il est inutile de les rappeler. Nicéphore, proclamé par une sédition militaire, avait un intérêt capital à épouser la veuve du Basileus défunt, la mère des deux petits souverains légitimes. Bien certainement ces deux mobiles réunis, l'amour et la raison d'État, n'eurent pas de peine à triompher de certains scrupules dévots, et ce dut être très facilement que Nice-
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pliore se laissa pousser par ses proches et ses familiers à ce mariage qui comblait ses vœux et les leurs. Les charmes irrésifctibles de Théo-
Tissu historié apparteiiant & la belle époque du x« siècle byzantin avec l'efflgie d'un Basileu^, trouvé dans le tomboan (leGUnther, évoque de Bamberg au xi« siècle, tombeau élevé dans la cathédrale de cette ville. L'empereur à cticval, la tête ceinte du stemma, porte le labarnui de la main gauche. Il est vêtu d'une longue tunique violet pourpre et d'une sorte de chlamyde bleue enrichie d'un tabUon d'or orné de pierreries. Le cheval porte un équijienient clinrgè de plaques d'or gemmées. Deux femmes couronnées, peut-être représentant les provinces d'Occident et d'Orient, présentent à l'empereur, l'une une couronne, l'outre un casque. Les personnages se détachent sur un fond vert chargé de fleurettes alternativement rouges et bleues de deux tons différents et bonlé de rosaces qnl sont renfermées dans une suite de médaillons enchaînés les uns anx autres. (D'après les MiUingn tTardtMovie des BB. PP. Cahier et Martin.)
phaiio auraient probablement suffi i\ amener ce résultat. Léon Diacre, bien naïvement et, il semble, très à tort, ajoute que les moines, ces
conseillers préfér<^>s de Nicéphore, dont il aimait tant à faire sa société, j-edoutant que cette vie toute d'austérité et d'abstinence charnelle qu'il menait depuis la mort de sa femme et de son fils ne finît par le pousser à contracter quelque vice plus honteux (sic), furent les premiers à l'exhorter à reprendre une compagne et aussi « à manger de la viande * . )) Il est bien probable, tout au contraire, que le clergé vit cette union de fort mauvais œil. En tout cas, nous avons vu que le fameux confesseur de Nicéphore, saint Athanase, s'en montra très irrité ".
Quoi qu'il en soit, ce thomme étrange, mi-soldat, mi-ascète, ce guerrier dévot déjà sur le retour, qui, je le répète, depuis la perte des siens, s'était abstenu sous les plus formels serments de tout commerce charnel, qui avait juré de ne plus manger de la chair des animaux, qui portait sur sa peau le dur cilice de son oncle le vieux solitaire Michel Maleïnos, mort en odeur de sainteté, qui menait la vie humble d'un pauvre caloyer, cet homme de fer, dont les religieux ses confesseurs avaient tant de peine à modérer les austérités, cet homme des camps, aux habitudes grossières, s'unit à cette femme fine, délicate, exquise, enchanteresse en toutes choses, mais profondément corrompue, sans foi comme sans amour. Ce n'était, du reste, pas la seule fois que le Grand Palais Sacré de Constantinople devait voir se célébrer le mariage mal assorti d'un rude soldat de fortune avec la plus élégante des Basilisstc, et l'union de Romain Diogène avec l'impératrice veuve Eudoxie, pour ne citer que celle-là, ne devait pas au siècle suivant être plus heureuse que ne le fut, au second tiers du dixième, celle de Théophano la Laconienne avec Nicéphore Phocas de Cappadoce.
1. M. Leonhardt, op. cit., p. 31, semble supposer que la mort du fils de Nicéphore, événement qu'il place au 20 septembre de cette année, fut la cause principale de ce brusque changement. Les sources byzantines disent bien que le jeune Bardas mourut un 20 septembre d'une chute au manège, mais elles ne précisent pas l'année, et il me semble, d'après les expressions mêmes des chroniqueurs, que cet accident tragique a dû se produire dans une des années précédentes, car précisément le mariage de Nicéphore et de Théophano a eu lieu à cette date du 20 septembre '.'03, ce qui serait absolument impossible à admettre s'il fallait placer à ce même jour la mort du fils de Nicéphore ; et puis encore nous voj'ons, toujours à cette même date, les moines conseiller à Nicéphore de quitter la vie de chasteté « qu'il menait depuis la mort de son fils. » Il faut donc de toute nécessité supposer un intervalle entre cette mort du fils et le mariage du père.