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sortes se succédaient à la file sur d'interminables espaces. Plusieurs contenaient une population véritablement énorme. Le seul couvent du Stoudion , ce monastère célèbre dédié au Précurseur, était habité par mille moines. Que dire des grandes agglomérations de l'Athos, des grandes laures du Péloponèse où vivaient de véritables armées de religieux? Le mont Olympe fourmillait littéralement de solitaires. En cette époque de guerres incessantes qui décimaient les générations arrivées à l'âge d'homme, on conçoit quel danger et quelle perte représentait pour l'empire ce monde de moines qui se chiffrait par centaines
Bague d'or émaillée du x" siècle de la collection de M. le baron Pichon. Ce petit joyau de l'orfèvrerie bysantioe est un anneau de mariage, ce qu'indique le mot omonoia (nnion) placé au bas du chaton. Sur ce cliaton sont figuréa les deux époux, bénis l'un par le Christ, l'autre par la Vierge. Sur l'anneau à sept pans sont fig^urées en émail sept fêtes de l'Kglise. Une inscription niellée et du reste assez incorrecte, dont voici le fac-similé, court sur la tranche du chaton; c'est elle qui nous donne les noms des deux conjoints : Seiyueur. protège let nerritevrt Pierre ti T'
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Sur la tranche de l'anneau court cette autre Inscription pieuse finement gravée : Je tout laltte ma pair,
je rous donne ma paix.
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de mille, qui privait l'armée de tant de bras vigoureux, qui, dans maintes circonstances, pouvait devenir un élément d'agitation fanatique fort redoutable. Et cependant l'esprit dévot du siècle, joint aux causes que j'ai énumérées, contribuait constamment à grossir dans des proportions presque infinies ce péril si grand. Tout sénateur opulent, tout archonte provincial ou commerrani enrichi, toute femme de qualité fondait ou enricliissait, de son vivant ou à son lit de mort, quelque monastère pour s'attirer la clémence divine ou pour racheter quelque faute très grave. « Petit à petit la richesse nationale passait aux mains des congrégations, tout comme en France sous l'ancien n'irinif. ].'• Mipire menaçait de devenir la propriété d'un million de religieux. " La Novelle de l'empereur Nicéphore intitulée : Novelle touchant les
:îoo un empereur byzantin
monastères, les hospices et les maisoJis de vieillards', fut promulguée pour remédier à cet état de choses si grave. Il fallait un grand courage pour se mettre délibérément à dos-un aussi puissant parti qui constituait bien véritablement un État dans l'État', pour chercher à arrêter le débordement de ces hommes qui, comme le dit un historien grec, (( n'étant pour la chose publique d'aucune utilité, avaient su attirer à eux une grande partie des terres, et qui, sous prétexte de tout abandonner aux pauvres, tendaient à réduire quelque jour le monde à l'indigence ^)) Et vraiment Nicéphore n'y alla pas de main morte. Dans sa Novelle il se montre aussi net qu'énergique. Le préambule dit fort simplement à peu près ceci : c( Il est interdit d'établir de nouveaux monastères ou de nouvelles fondations pieuses, ceux qui existent étant assez nombreux. Il suffira d'entretenir ceux-là sans plus en élever d'autres. Défense est même faite de les enrichir par de nouveaux dons en biens fonds ou de les agrandir. Tels qu'ils sont, ils suffisent amplement. Il est en outre d'ores et déjà interdit à qui que ce soit de léguer champs, terres ou villas à des monastères, à des hospices ou à des ecclésiastiques. )) Tout le reste est sur ce ton décidé. Nicéphore demande avec un grand sérieux, qui n'est pas sans une âpre ironie, que les céno-
1. On sait combien de tout temps à Byzance l'esprit chrétien, même dévot , contribua puissamment à développer, dans des proportions étonnantes pour l'époque, le nombre des établissements de bienfaisance de tous ordres. Maisons de retraite pour les vieillards (gerocomia), hospices pour les pauvres pèlerins et voyageurs (xenodochia), hôpitaux et léproseries, maisons d'orphelins (orphanotrophia), tous parfaitement administrés et dotés de revenus considérables, foisonnaient à Constantinople comme dans les provinces. Une étude sur Tassistance publique à Byzance fournirait un curieux chapitre à l'histoire économique de Tempire d'Orient. J'en ai dit quelque chose dans un mémoire paru dans la Revue archéologique de 1880, sous le titre de Monuments nnm'wnatiques et S2)h'aff iniques du moi/en âge byzantin.