V07. pp. 177, 338 et 353 sqq
Le soir, au camp, le Basilens a coutume de souper joyeusement en compagnie de tout l'état-major. Si tel est son bon plaisir, il fait aux officiers rangés par ordre hiérarchique d'amples distributions de vêtements d'apparat. L'illustre empereur Basile prenait grand plaisir à ce genre de largesses.
Les chevaux de la maison impériale tombés malades en route seront laissés dans les écuries régionales disposées à cet effet.
Le service de bouche devra constamment se faire suivre d'une réserve de cent brebis avec leurs agneaux, cinq cents chevreaux, cinquante vaches, deux cents poulains, cent oies.
Sceau ou bulle de plomb d'un chef du bu/-eau (ou<cn'nion) de» Barbare», fonctionnaire cliarpé de toutes lea rektlons avec lej ambassadeurs étrangers, sorte d'introducteur des ambassadeurs. La k-gende signitie : THîololot, prête teamr» à (on sertiteur Staïu-aee, pivtospalhaire impérial, oikiaqne et préposé (aux relation») acte le» Barbare».
Ce chapitre, consacré au service de table impériale, est véritablement tout à fait extraordinaire. Les principaux officiers de cette direction, le chef de la Bouche, le domestique de l'Hypourgie et l'oikiaque, ont toujours besoin de quatre-vingts chevaux de somme, rien que pour le transport de la batterie de cuisine, de l'argenterie et du matériel. Le vin impérial, l'huile impériale, proviennent du territoire de Nicée (il n'est pas d'ustensile le plus humble, de condiment le plus modeste, qui, lorsqu'il est fait mention de lui, ne soit toujours accompagné de l'épithète (\! impérial^ pour peu qu'il soit consacré au service du Basileus). Ce vin, cette huile de choix, sont fournis par a l'apothecarios des magistri et patrices ». L'huile est transportée dans des outres de cuir. Les fèves, les haricots, le riz, les pistaches, les amandes, les lentilles sont fournis par les deux curatories. Parmi les autres provisions de bouche, les (( Instructions d énumèrent le lard, la graisse, le fromage, les petits
poissons en Scaunuire, les vins du pays pour la suite, les chevreaux, brebis, et vaches allaitant, puis encore un produit qui semble être du caviar, des poissons du genre cyprin et d'autres qu'il est malaisé de reconnaître sous leurs noms byzantins. Partout sur la route, les officiers de la bouche chercheront à s'approvisionner de vin du pays, d'huile fraîche et de légumes de même. Pour le moment de l'entrée en Syrie, c'est-à-dire sur territoire ennemi, ne pas négliger de se munir de fours de campagne portatifs. On n'oubliera pas non plus les filets pour le transport de la volaille vivante et les godets en bois pour donner à boire aux poulets.
Surtout qu'on se préoccupe d'avoir le nombre de bêtes de somme suffisant pour l'entrée en Syrie, car tout change de face et devient infiniment plus difficile lorsqu'on sort du territoire de l'empire j^our pénétrer en pays ennemi. C'est alors que les véritables tribulations commencent pour tous ces malheureux fonctionnaires chargés de nourrir cette armée de hauts officiers, de dignitaires et de gardes.
Le cortège impérial sera toujours fourni d'une escouade de pêcheurs brevetés, du district de Tembri dans le thème Opsikion. Munis de leurs appareils de pêche, ils approvisionneront de poisson frais la table de l'empereur.
Un long chapitre est consacré au service des tentes du Basileus, ces pavillons somptueux que chaque soir on dresse pour son coucher et sa table. Tant qu'on voyagera sur le territoire de l'empire, il y aura constamment double service, c'est-à-dire que, pour plus de commodité, l'empereur sera toujours précédé de deux tentes qu'il trouvera toutes dressées en arrivant à l'étape, l'une destinée à son coucher, l'autre servant de salle à manger. Cela fera donc quatre tentes en tout, deux précédant constamment l'empereur, celles qui lui auront servi une nuit ne pouvant être levées qu'après son départ. Avec les tentes voyageront les sièges pUants ou non, les tables, les tapis pour s'asseoir à terre, le linge de table, nappes et serviettes en quantité , les coussins de soie, de pourpre, les draps, les oreillers pour le lit, d'autres tapis et coussins de soie doublés de fourrures pour le service des c( amis », hauts personnages étrangers, admis aux repas. C'est le protovestiaire qui,
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chaque soir, délivrera au minsourator chargé de dresser le souper le linge de table nécessaire.
Dès qu'on pénétrera en pays ennemi, on. se débarrassera soigneusement de tous les impedimenta, qu'on laissera en dépôt chez le protono-
Mosaïquc portative du musée du Louvre, de la plus belle époque de Tart bvzantin. Saint Georges ttuuit le dragon. Le saint guerrier, d'une allure superbe sur son blanc coursier lanci au galop, jîorte l'armure et le manteau rouge flottant. Ces petits tableaux de sainteté étaient offerts dans les églises à la vénération des fidèles. Ils se ptoçaient encore dans le Palais, auprès du lit, comme images de dévotion. Ils étaient transportés arec les bagages préolenx dans les voyages et surtout dans les expéditions militaires (voyez page 416). — La précieuse mcsalqnc de saint Georges que je reproduis ici, d'après une planche donnée par M. MUnts dans le Bulletin monununiat, se compoee de cubes microscopiques de marbre, d'émail, et de pointes d'argent. Le travail est d'une finesse extrême. Le fond est de nuance verdâtre.
taire du dernier thème akritique traversé. On ne conservera que le strict nécessaire. On ne manquera pas de se munir d'un bain turc ou « tzerga scythique », sorte d'appareil en cuir a préparé à la mode d'Arménie i>, pour les bains de vapeur du prince. On n'oubliera pas les bassins, les
tandours ou braseros, les briques pour construire à la hâte des foyers mobiles, les lits pour la suite, la chapelle particulière de l'empereur avec son autel portatif, ses saintes icônes, et tout son pieux appareil, remis aux soins spéciaux du (( primicier du Vestiarion ».
Trente chevaux forment l'escouade réservée au transport de la seule garde-robe de l'empereur. Le soin de celle-ci est confié aux divers valets de chambre, vestiarites et kitonites, qui la disposent précieusement dans des coffres de cuir de couleur pourpre à ferrures et poignées de métal poli. Des flacons d'argent dans leur gaines de cuir contiennent les parfums et l'eau de rose distillée. Les pots à eau, les cuvettes, sont d'argent, également dans des gaines de cuir. Pour la suite, ils sont de métal étamé intérieurement. Il y a de nombreuses bouilloires de métal pour chauffer l'eau.
La bibliothèque de campagne à l'usage de l'empereur comprend surtout des livres de tactique, des traités de poliorcétiqne, des traités historiques, en particulier les œuvres de Polysenos et de Syrianos, puis le livre d'Artémidore dit Oneirohritis^ ce qui explique les songes et interprète les présages tirés de l'examen des êtres vivants ou des corps bruts, )) puis encore un autre volume qui traite des saisons et des signes du temps, des phénomènes célestes, des vents, du tonnerre, de la pluie, etc. Naturellement il y a aussi beaucoup d'ouvrages de dévotion, des homélies, des recueils de prières.
La pharmacie de campagne du prince contient de la thériaque, des élixirs, toutes les drogues réputées utiles contre le venin des serpents, dragons et scorpions, toutes les huiles bienfaisantes et vulnéraires, les emplâtres et onguents divers, toutes les herbes médicinales usitées pour bêtes et gens.
L'énumération du bagage impérial comprend encore une foule d'autres objets qu'il faut se garder d'oublier : des selles d'apparat à pommeau d'or et à double couverte \ des épées de rechange pour le Basileus, celles de cérémonie comme celles pour l'usage journalier, le poignard que le prince porte d'ordinaire à sa ceinture, des onguents
1. Voy. l'ingénieuse expliciitioii de ces doubles housses proposée par Eeiske, dans ses notes aux Cérémonies, éd. Bonn, t. II, p. 52G.
pour frictionner à l'étape ses muscles fatigués, des pastilles qui liraient avec une flamme odorante, véritables pastilles du sérail du dixième siècle, des parfums et encens de toutes sortes, liquides et solides, ciunaniome, mastic, musc, ambre, etc., puis tout le linge de corps i)our l'empereur et sa suite, des fines chemises de soie', des surtouts de satin, des franges d'ornement pour assortir aux différents costumes, des scaramangia de toutes couleurs et de dessins variés, des blancs, des bleus, d'autres, de nuance citrine, des robes de chambre, des tuniques d'apparat et de repos, une interminable série de vêtements de toute espèce aux noms étranges le plus souvent empruntes au vocabulaire de toilette des nations barbares, vêtements destinés non pas seulement à l'empereur et à sa suite immense, mais aussi à des cadeaux pour les fonctionnaires et liants personnages des thèmes que l'armée doit traverser, pour les ambassadeurs on visiteurs étrangers.
La garde-robe impériale a également charge de veiller sur le trésor particulier du Basileus. Ce trésor est tout en sous d'or ou besants et en pièces d'argent disposés dans des sacs; il est surtout destiné aux largesses et autres distributions qui se font les unes chaque seuiaine, les autres tous les deux mois. On n'oubliera pas de se munir de briquets t\ amadou, de cliandeliers, dont un pour la chambre à coucher du Basileus, un autre pour la salle ti manger, un troisième pour le cabinet de toilette, plus des lanternes pour éclairer l'extérieu» du pavillon impérial, des provisions de chandelles pour les veilles, une petite liorloge d'argent également pour la chambre à coucher, mie autre (le cuivre pour les chambellans, des étoffes indigènes et des tissus d'Egypte pour les cadeaux, des provisions de parchemin pour la correspondance, des missoria d'or et d'autres d'argent, grands plats À
SUl-KaXUU BYZANTUC.
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cDiivciclc iM»iir \v scrxicc des viandes dans les festins, etc., etc.
'l'oiis CCS liai;-,'i<4cs inipcriaiix avec tous ceux de l'escorte, dont l'énuiii('iati()ii lient encore un long chapitre, seront fournis par le Palais. i,riir accumulation est telle (^u'on s'explique facilement ce chiffre de phisicui's centaines de hetes de somme pour les transporter. Le cortège comprendra en outre (ptatre cents chevaux de selle, dont trente constannnent sellés et bridés pour le service du Basileus. Cette immense cavalerie, dépassant de beaucoup le chiffre de mille, entraîne à sa suite un nombre iniini de ])alefreniers.
'J\)us ces détails sont bien curieux et la forme en est si précise! '( (,)ue les stratigoi aient soin de recommander aux turmarques de rappeler aux drongarocomites que chaque bandos ou compagnie doit se munir d'un l'over de campagne, d'une outre par homme, de deux autres grandes outres pour le passage des rivières, et de tous les instruments indispensables, tels que : hache, doloire, couteau et maillet ; que chaque bandos ait son cordonnier pour la réparation des chaussures, etc., etc. ))
Prenons Xicéphore à son départ du l^alais Sacré au printemps de 904. Le service des phares, installé tout au travers de l'Asie Mineure et qui fonctionne avec une précision et une rapidité merveilleuses \ vient d'aviser le lîasilens par l'entremise du logothète de la guerre que l'armée est prête à entrer en canqjagne, que l'ennemi agarène de son côté se disjiose à envahir la terre romaine. Au signal du plus rapproché de ces observatoires de guerre installé au-dessus de Chrysopolis sur le mont Saint-Aiixence, le grand phare du l^alais Sacré, où veillent nuit et jour des gardiens, l'œil constamment fixé sur ce point de la côte d Asie, a instantanément répondu en allumant tous ses feux. La campagne est (.uverte. Par ordre de Nicéphore on a suspendu sous la -lande i,orte de la ( "halcé, la. cuirasse, l'épée et le bouclier impériaux. ( e Milciiii,.! avei'tissenient a été compris de tous et chacun a fait ses derniers prepai-atils. Le h«'Tos des guerres sarrasines va donc une fois
1. \..y./ <\:in- I.- ' ■.r.,,,,,,,;, < . ,.]. I5,.iin, t. \. p. .|;)o i., n^^-^, ^^.^ emplacements de cette ligne de /.V/r. . ..,, çrr.iii.Js sii,'i,aiix ù f. ii .ii-pn-O- Mir d. -; li.iut.iii~. .Irpuirt le Taurus jusqu'à Byzance, à travers t ■iitr l'A-i.' MiiHui-.'.
AI I ' I A 1 h.\l t. >i h' 1. I , 419
encore entraîner ses vieux bataillons éprouvés par delA le Taurus lointain. Une fois encore, les courtes vallées et les plaines fameuses de la Cilicie vont résonner sous le sabot des chevaux byzantins; une fois encore, les solitudes brûlantes où coulent l'Euplirate et TOronte vont assister au choc des légers escadrons du Hamdanide et des lourds régiments cataphractaires.
L'empereur, après avoir désigné, comme il le fait chaque fois qu'il s'éloigne du Palais Sacré, le haut fonctionnaire, le d vicaire d, qui doit, en son absence, exercer la régence, a décidé d'emmener avec lui, au moins jusqu'en Cappadoce et au pied du Taurus, rim[)ératrice et ses fils. De graves raisons ont dû le pousser à imposer à une j- uim femme et à deux enfants ce voyage long et pénible qu'ils feront en litière. N'at-il pu se résoudre à demeurer si longtemps séparé de sa Théophano bien-aimée, ou bien plutôt ne redoute-t-il point les intrigues de cour, les conspirations des partis tombés? Ne se défie-t-il point dt*jà de la fourbe créature qui ne peut nourrir un sentiment bien vif pour cet homme de tant d'années plus âgé qu'elle ? Craint-il de la laisser exposée à cette double et trop rude épreuve des intrigues amoureuses et des complots politiques pour lesquels le Palais Sacré constitue un terrain, liélas, si favorable? Quoi qu'il en soit, le Basileus d'une part, la Basilissa et ses fils de l'autre, exigent pour leurs seules personnes une immense escorte, un prodigieux convoi. Une formidable armée les attend en Asie,
Cette fois encore, comme dans toutes les campagnes précédentes, la marche en avant de Nicéphore semble avoir été rapide, presque foudroyante. « Nicéphore, dit Matliieu d'Édessc, ayant réuni une immense armée, marcha contre les Musulmans. Rugissant connue un lien, il s'avança avec impétuosité contre la Cilicie. »
Suivons le cortège impérial au sortir même du Palais Sacré. Il a quitté la capitale par la porte Xéra. Rendez-vous général avec les contingents qui doivent accompagner l'empereur depuis la capitale a été pris en Asie, à Pylae, petite localité sur l'autre rive du golfe de Xicomédie, en avant de Nicée. C'est là la première station militaire en partant de Constantinople. Pour atteindre ce rivage d'Asie, le Basileus
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cl su t'.-iiiiillc se soiil ciiil.anjiirs au l)oncolcoii sur le droiiion impérial .•ivcc les ///ar/isfri ri les ])alrices désignés pour leur faire escorte, avec 1,'s (Iiainlicllaiis et les préposites de service. Arrivé assez loin du port palatin i)()iir |H)nv()ir enil)rasser la ville tout entière, Nicépliore s'est I.-vé de son l)anc impérial, et, debout, tourné vers l'occident^ les mains tendues au ciel, il a fait trois fois le signe de la croix sur sa pieuse capitale gardee.de Iheu en prononçant à très haute voix cette prière consacrée : <( Seigneur Jésus-Christ, mon Dieu, je remets entre tes mains cette tienne cité. Garde-la de tous les malheurs, de toutes les calamités ; garde-la de la guerre civile et de l'attaque des barbares; rends-la imprenable; que nul ne puisse lui faire dommage, car c'est en toi que nous avons mis notre espérance; tu es le Seigneur de miséricorde, le Père des compassions, le Dieu de toute consolation. Sois miséricordieux envers nous. Sauve-nous. Arrache-nous aux tentations et aux périls maintenant et à toujours et jusqu'aux siècles des siècles, amen. » Le canal du Bosphore et le golfe de Nicomédie une -fois franchis, I'em])ereLir, en débarquant, a passé en revue ses écuries de campagne, chevaux de combat et de monture, chevaux de somme, mules, etc. .Ius(pi'n Césarée, la grande métropole de Cappadoce, la route est tracée. Que de fois déjà cette voie fameuse n'a-t-elle point été parcourue l)ar les bataillons orthodoxes allant combattre le bon combat du Christ! (,)ue de fois n'a-t-elle point retenti sous les pas pesants des Basileis et de leurs cavaliers aux lourdes cuirasses ! De vastes camps fixes et for^ tifiés, soigneusement entretenus, sont installés de distance en distance. 1 /année y [)rend un repos nécessaire. Surtout elle s'y recrute, se grossissant successivement des contingents locaux de chaque région qui accourent se rallier à elle en ces points dès longtemps désignés à cet etlet. Le premier de ces camps sur la terre d'Asie, après avoir franchi l<-s détroits, était, nous dit V Appendice aux Céj'émonies , celui des Malagines, au j)i(.'d même du mont Olympe. Il y avait en ce point des écuries inipéiiales fameuses, des liaras immenses dont il est souvent (piestioii dans les écrits du Porphyrogénète. Les directeurs de ces splendides établissements relevaient directement du comte de l'Étable, très haut fonctionnaire. ( ^'était aux Malagines que d'ordinaire les stra-
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tigoi des deux grands thèmes asiatiques des Anatoliques et des Tliracésieiis, rejoignaient l'armée avec leurs nombreux bataillons. Un camp voisin était celui de Dorylée, aujourd'hui Eski-Schehr, sur le Thymbros, affluent du Sangarius. C'était là cette ville fameuse où, cent trente-trois ans après notre Nicéphore, devait passer victorieusement un autre héros chrétien, Godefroi de Bouillon, après avoir mis en déroute les Turcs Seldjoukides. Il y avait encore d'autres de ces camps fixes dans diverses régions de l'x^sie Mineure.
Après Dorylée, l'armée, par le fleuve Sangarius, la ville de Pessinus, le thème des Anatoliques, les bords du grand lac Tatta, le thème de Cappadoce, la ville de Koropissos , atteignait le vaste camp de Césarée, grand rendez-vous des troupes des thèmes asiatiques centraux. C'était h\, au pied
C mi X- reliquaire d'or liyzaiitinc du x' iiUcle. nyaiit (iiit partie du trésor <lc ré);li«e de Stiintc-lfuie ad fprtidnt de Cologpe, Mljonrd'bui coiiacrTé« à l'arcbcTCcM de cette rillc. Huit gtvmtt perles et un délicat travail de flUgranc forment ronwBtatatiaa de ce précieux joyau irorférreric. La fac« antérfeore ett conplëtcmeiit unie. La face («ostérieurc e.<t ici rp|)roiIuite d'aprta la gravure de >[. K. Âu«'ni Wccrtli ilana son bel ouvraur fur le* R*liqnes lif laiitine* de la cathédrale de IJmboarK. Klle porte nuo iiucription votive, malheareafemcnten partie dét mite, qtd mbUo indiquer que Constantin rorplij-rogénète en petMaiM • poa seulement «U^lié. nmi« i<eut-4Krc Uea Cabrfqné Ini-Bte* ortto cliannantc petite < v^iv.
4.j rx KMl'EPtKUIt r.VZANTIN
(h; |M.('ti(|iic mont Ai-;;-('c d'où l'on aporçoit, dit-on, les deux mers, (liraftliiaiciit les iiioiita,<4-ii,'irds de Cappadoce, les rudes milices (lu Clinrsiaii. les coutiii.^ents des tlirmes arméniens, ceux des thèmes akriti(iues, et aussi ceux des principautés arméniennes vassales. A (Vsarée entin, on prenait la route du Taurus formidalJe à franchir, la route de la (Jilicie, champ de bataille habituel, en un mot la route de la guerre sarrasine. On quittait les provinces tranquilles et pres- (pie déshabituées des terreurs de l'occupation ennemie, pour les districts iiicessaniiiient bouleversés par le passage des armées et leurs incursions rapides, pour ces territoires sauvages, semés de périls et d'eUVois, oii vivait seul l'akrite, inaccessible à la peur, blotti derrière les créneaux d'un blockhaus du dixième siècle.
Telle fut probablement cette fois la marche de Nicéphore. A Césarée, il s'arrêta quelque temps. On avait fait dans cette ville de grands travaux de restauration et de défense. Les remparts, tombant littéralement en ruines, avaient été relevés. Nicéphore voulait, renchérissant sur les |)rojets de ses prédécesseurs, faire de cette cité le grand et constant arsenal de la guerre sarrasine. Des forts avaient été, par son ordre, élevés sur toutes les hauteurs voisines, des chsures construites à l'entrée des défilés. D'immenses approvisionnements avaient été réunis. C'est probal)lement en ce point que l'empereur dut rallier Tzimiscès. Celui-ci, avec son corps d'armée, avait passé la mauvaise saison en Cappadoce, laissant des garnisons en Cilicie.
On se trouvait alors déjà en plein mois de juillet, à l'époque des plus fortes chaleurs. Au moment de franchir le Taurus par le défilé des l)ortes de Cilicie', Nicéphore estima que l'impératrice et les petits liiinces ne saïu-aient sans danger le suivre jusqu'en terre ennemie. Il les installa sous la garde d'une puissante escorte dans le fort kastron de Dri/.il)ioii', construit à l'entrée même du défilé sur les dernières terres i\\\ tlicnic (le Cappadoce. Le séjour dans cette rude forteresse montagnarde perdue en j.leine solitude asiatique devait présenter peu d'agrément ; mais qu'on ne s'attendrisse point outre mesure sur le sort