‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 132 sur 237 · Voyez la note de la page · texte numérisé non relu

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encore venue ébranler l'autorité de Niiéphore, niaigi. iciu- ai-Biii.f prolongée. Le fait seul qu'il put passer de si longs mois loin (ie sa capitale, prouve que sa puissance y était encore très sérieusement établie.

Toute l'activité politique et guerrière de l'empire byzantin, dan» cette fin de l'année 9G4 et ce commencement de Tan 965, ne fut pourtant pas uniquement concentrée en Cappadoce. Les chroniqueurs rapportent à cette période, outre la grande et malheureuse expédition de Sicile que je viens de raconter, un autre événement considérable. Celui-ci, du moins, fut pour les Grecs un nouveau et important triomphe sur ces Sarrasins d'Orient, dont la fortune semblait décidément avoir pour jamais déserté les drapeaux. Chypre fut cet hiver reconquise sur ses possesseurs musulmans. C'était un succès presque aussi important que la reprise de Crète, et, bien que les Arabes de cette seconde grande île méditerranéenne semblent avoir moins fait parler d'eux que les terribles bandits de Chandax, ce n'en fut pas moins pour toutes les populations chrétiennes d'Asie-Mineure un soulagement immense que de se voir débarrassées de ces cruels ennemis attachés au flanc même de l'empire. En même temps, la perte de ce poste avancé de l'Islamisme sonnait pour les dernières forteresses musulmanes de la Cilicie le glas de l'heure suprême ; car Chypre avait toujours été pour elles d'un secours puissant et bien proche, poste de ravitaillement incessant.

Malheureusement, si nous possédons de longues pages de Léon Diacre sur l'expédition de Crète, nous n'avons sur la prise de Chypre que trois ou quatre lignes de Cédrénus et de Zonaras, et nos renseignements sur cette grande opération militaire se bornent à l'énoncé du fait, sans aucun détail sur les circonstances de la lutte. Force nous est d'enregistrer simplement ce nouveau succès des Byzantins. Il fut dû à l'habileté du patrice Nicétas Chalkoutzès, chef de l'expédition envoyée par Nicéphore '.

Chypre avait été une des premières provinces de l'empire conquises par les Arabes. Dès l'an 647, elle était tombée presque sans lutte aux

1. D'après Yahia, une flotte de secours venue d'Egypte, et comptant trcnto-doux navires de Driierro. fut détruite et dispersée par les Byzantins.

EMPKIlEUa BYZANTIX. *^

mains de Mocaviah, le fameux général du Khalife Otliman. Réoccupée en partie par les Grecs sous Justinien II, prise et reprise sous Nicéphore ?■■ Logotliète et sous Basile P^ elle n'avait plus, depuis lors, cherché à secouer le joug musulman. Nicéphore Phocas dut tressaillir d'aise lorsque la nouvelle du brillant fait d'armes de son lieutenant lui parvint en Cappadoce. C'était un nouveau et riche fleuron de plus rattaché à cette couronne impériale d'Orient jadis si florissante. C'était un nouveau et glorieux pas de cette marche en avant de Byzance, qui avait commencé trois années auparavant par l'occupation de Crète, qui se poursuivait par celle de Chypre, qui allait se continuer par la soumission définitive de la Cilicie et l'entrée victorieuse en Syrie. Tout au rebours de ce qu'on avait vu au siècle précédent et durant les premières années de celui-ci, c'était bien maintenant Byzance qui s'avançait triomphalement à la conquête de l'Islam en Asie.

Chypre, redevenue thème byzantin, fortement occupée par des troupes nombreuses sous les ordres de ducs et de catépans, opposa dès lors une résistance invincible à toutes les attaques des flottes sarrasines. Un détachement de l'escadre du thème des Cibyrrhéotes, commandé par un drongaire, fut spécialement affecté à sa défense. Je possède dans ma collection les sceaux ou bulles de plomb de plusieurs de ces hauts fonctionnaires de l'île reconquise. Ce sont presque tous des soldats, car cette province d'avant-poste demeura constamment dans la suite sur pied de guerre, gouvernée par des chefs miHtaires, ce que n'expliquait que trop le si proche voisinage des terres musulmanes. Les inscriptions gravées sur ces sceaux sont ainsi formulées : Seigneur, prothge Elpidios Vrachamios ', curopalate et duc de Chypre. Seigneur, porte secours à Michel^ vestis ^, juge et catépano de Chypre, etc., etc. Un autre sceau curieux de cette époque m'a été envoyé directement de Nicosie : c'est celui d'un personnage du nom de Léon, qui s'intitule « commerciaire de Chypre et d'Attalie. » Attalie, antique cité maritime du thème des Cibyrrhéotes, aujourd'hui bien déchue sous son nom modernisé de SataUe, était le principal entrepôt du commerce

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