‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 133 sur 237 · Sorte de chatobellan · texte numérisé non relu

Sorte de chatobellan

du continent avec l'île de Chypre. Le coininerciain- Léon tuit lo directeur des o])érations de douane entre celle-ci et le reste de l'empire.

Le thème insulaire reconquis devait demeurer plus de deux siècles encore un des boulevards de Byzance contre l'ennemi musulman. Ce fut pour cette belle contrée, comparativement aux époques antérieures, une ère de repos et presque de sécurité. Quelques rébellions de gouverneurs impériaux, désireux de se créer une souveraineté indépendante, celle de Théophile Eroticos en 1042, celle de Rhapsommatès sous Alexis Comnène, furent violemment réprimées par le jx)uvoir central. Cependant, vers la fin du douzième siècle, l'un d'entre eux, Isaac, un membre de la famille des Comnènes, réussit, grâce aux catastrophes de toutes sortes qui fondirent à cette époque sur l'empire, à proclamer son entière autonomie. On sait à la suite de quelles circonstances quasi romanesques il fut bientôt après détrôné par Richard Cœur de Lion, en

route pour la croisade. J'ai raconté ailleurs comment il mourut prisonnier des Latins dans un château de Syrie, chargé, dit la chronique, de chaînes d'or et d'argent; comment aussi sa fille unique, devenue comtesse de Toulouse, puis épouse d'un chevalier flamand, mena par toute la France et l'Europe la plus étrange et la plus fantasque existence *.

L'aventureux roi anglais ne devait point conserver sa conquête lointaine, pas plus du reste que les Templiers auxquels il la cé'da pour cent mille besants sarrasinois. Ceux-ci la vendirent pour la même somme à Guy de Lusignan, le roi détrôné de Jérusalem. Ce guerrier vaillant, héros de la bataille de Tibériade, la terrible bataille des trois journées, fonda, on le sait, dans cette île si belle, si fertile, si admirablement située, une monarchie française qui eut ses longs jours de

Sceau ou bulle de plomb d'un catépano oa obcf ml> litaire byzantin dn thème recoDqnb de Cbyprf La légende qui couvre le» denx irncta dn K«an signifie : {ielffneur, porte tecoirt à MirM, rtttlt (un titre palatia très analogue à celui de chuebeUan), iuge et eat^no de Ckgpre. — MacoOeotloiu

1. Les PrinvipaïUén yr( njnes au poiid de vue des j>lns 1677, pp. 47 aqq.

'h'couvertet de la HumimMique, Parw

gloire et s'éteignit misérablement au quinzième siècle dans les intrigues suscitées par Venise. Après celle-ci, qui hérita de Catherine Cornaro, la dernière des Lusignan, vinrent les Turcs. Aujourd'hui Chypre, territoire anglais, où des soldats du Nord, revêtus de l'habit rouge, tremblent la fièvre sous un ciel de feu, a perdu tout souvenir des catépans et des ducs byzantins, rudes compagnons aux titres sonores qui l'ont si longtemps gouvernée au nom des autocrators très pieux.

Revenons aux affaires de Cilicie et de Syrie. Nous connaissons mal les événements qui eurent pour théâtre les régions du Taurus et de l'Amanus dans cet hiver de 964 à 965. Seîf Eddaulèh, toujours fort malade, semble s'être trouvé, lors de la marche en avant des Byzantins durant l'été précédent, dans une situation militaire presque désespérée, et il dut y avoir, je le répète, des raisons bien graves pour que Nicéphore ne profitât pas de ces circonstances si favorables pour pousser de nouveau jusqu'à Alep. En même temps à peu près que les impériaux rebroussaient chemin, un secours important était cependant arrivé à l'émir. Des bandes de guerriers du lointain Chorassan, dont la venue à travers l'Arménie et par la ville de Mayyafarikîn est mentionnée dans diverses sources arabes ou turques, accoururent a Alep sous le commandement d'un chef populaire pour se ranger sous la bannière de l'émir, demandant à combattre sous ses ordres vénérés le bon combat contre (( les Romains polythéistes »'. De tous ces récits fort confus, il semble résulter que ces bandes avaient été primitivement levées au nom de Nasser Eddaulèh, l'émir de Mossoul, pour faire la guerre au sultan bouiide, mais que Nasser, n'ayant pu les payer et n'ayant osé les licencier, les avait expédiées à son frère d'Alep, qu'elles rejoignirent dans le courant du mois de safar de cette année 354 - de l'Hégire. Seîf Eddaulèh expédia aussitôt ces pieux champions contre l'ennemi chrétien, mais il ne put longtemps utihser leurs services. A lieur arrivée en Cilicie, sur le territoire de Massissa, ils trouvèrent les Grecs partis et le pays tellement épuisé qu'il leur fut impossible de s'y

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