‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 134 sur 237 · Février-mars · texte numérisé non relu

Février-mars

maintenir sur pied de giiLii.- juxjti au printemps. Telle était la iaimiiiqui régnait dans cette province malheureuse, apn\s de si longues et si effroyables guerres, qu'on mangeait le l>étail mort et que les populations, mourant de faim, quittaient en masse le pays pour se réfugier A Damas, « à Ramleli » même, et dans toutes les autres villes de Syrie. Les guerriers cliorassaniens, découragés, durent eux aussi se disperser ;

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(JcMjt Christ)

(Deinélnu:)

Faces antérieure et postérieure d'ane croix-reliquaire byzantine au nom d'un dc« empereurs grec» du nom de Bomain donnée en 1204 par l'empereur Philippe de Sonabe à l'église collégiale de Notre-Dame de Mattitricht. Ce pnJ^lenx joyau a disparu de cette ville depuis l'époque de l'occupation française en 1798. II serait aujourd'hni i Rome. au Vatican , oii il m'a été impossible de le retrouver. Cette gravure est faite d'après un andeu dMaiu consenré dans un inventaire de la collégiale de Kotre-Dame. Il y avait autrefois un pie<l qui a également disparu.

les uns allèrent se mettre à la solde du sultan bouiide; les autres, arrivés à Bagdad, regagnèrent par petits groupes leur patrie. Il faut que l'odyssée de ces guerriers dévots ait eu quelque importance, car, je le répète, elle se trouve mentionnée dans des sources relativement nombreuses.

Cet épisode jette un jour étrange sur cette époque heurtée. C'est bien certainement là le dernier et lointain écho de l'éclosion de quelque Mabdi qui, secoué à*une sainte colère au bruit des éclatantes victoires

47S l'X EMPEllKUR BYZANTIN

\o Xi(<'iili(>r(', se mit dans ces i)ays i)erdiis à prêcher la guerre sainte litre les tlnvtiens iiiaudits. Il dut réunir quelques milliers de fanati- (iiics ;\ la tctc desquels, après Men des semaines, des mois peut-être de iiiarclie péiiiMe à travers les inmiensités de l'Asie, il rejoignit enfin sur la frontière du Taurus le brillant Hamdanide, en ce moment espoir suprême de ITslam, centre déraillement pour tous les vrais croyants. Lui les reçut bien, mais il se trouvait presque mourant et leur venue était bien tardive. Ils arrivèrent vers le milieu de l'hiver de 964 à 1)G5, lorsque les deux partis, après s'être fait un mal affreux, avaient si bien dévasté tout le pays, que la famine les avait obligés à se séparer. Cette inaction forcée plongea la petite armée du Mahdi dans le découragement; après avoir langui quelque temps, les guerriers orientaux se débandèrent, allant chercher ailleurs un maître qui payfit leurs services, ou regagnèrent à grand'peine leurs lointaines demeures. Combien de ces cinq mille revirent leurs mystérieuses cités de Nischapour, de Merw et de Hérat?

Quant à Seîf Eddaulèh , bien qu'il fût encore si malade qu'on dut le transporter en litière, il semble n'avoir rien perdu de sa vieille énergie. Même il profita aussitôt de la retraite des Grecs pour faire une incursion en i)ays récemment conquis par eux. Il pilla d'abord Harran, s'avança en grande hâte jusque sous les murs de Malatya, ])uis revint dévaster les campagnes d'Amida. Il s'en retourna de là avec un grand butin, deux mille captifs, et plus de cent mille têtes de bétail, au dire de Déhébî. Cette razzia colossale me semble devoir être ] (lacée vers l'extrême fin de l'an 964.

Ce fut peu après, et peut-être bien à la suite de cette nouvelle incursion de l'émir, (pie celui-ci vit paraître à sa cour un envoyé de Ni- «•(•{•liore chargé (h; ti'aiter de l'échange des prisonniers, malgré que les h(»stilit<''s entre les deux partis continuassent sans trêve ni merci. De X iiiblaliles ambassades étaient très fréquentes dans ces guerres et le raeli,'it (les (•••ipiits (le manpie, qui donnait lieu à de longues et difficiles neg(»ciaii()iis, (•(.nstituaii pour les belligérants un des avantages pécuiiiain-s les plus uiiportants de leurs victoires. Ces entrevues donnaient constamment lieu des deux parts à un déploiement de luxe extraordi-

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naire. Chaque souverain, cliaque chef d'armée, ttnait A éblouir son adversaire par l'éclat d'une réception superbe. Souvent la pompe de l'envoyé et de sa suite dépassait celle même du prince qui lui donnait audience. On peut lire dans le Livre des Cérémonies du PorphyrogénMe ' le récit des fêtes merveilleuses qui accompagnèrent, en 946, la réception au Palais Sacré d'une ambassade musulmane venant au nom de l'émir almoumenin traiter du rachat de nombreux captifs. L'arrivée d'un légat byzantin à la cour de Bagdad ou à celle d'Alep ne donnait pas lieu à de moindres magnificences. C'étaient les mêmes spectacles féeriques habilement calculés pour frapper les yeux , le même étalage extravagant d'un luxe fou. Cette fois l'écrivain musulman qui fait mention de l'arrivée à la cour d'Alep du patrice byzantin, envoyé de Nicéphore, raconte seulement que Seîf Eddaulèh lui donna audience (peut-être bien dans les jardins de son beau palais d'El Halébah), assis sur un trône éblouissant, la tête ceiûte d'une couronne toute constellée de pierres précieuses, entouré de sa cour étrange et magnifique réunie sous une tente gigantesque que soutenaient des mâts hauts de cinquante coudées.

Ici, certaines sources musulmanes font subitement allusion à une nouvelle marche en avant de Nicéphore ^ Suivant elles, dès le mois de dsoulkaddali de cette même année 353 de l'Hégire, période qui correspond à la fin de novembre et au commencement de décembre de l'an 964, par conséquent quelques semaines à peine après sa dernière expédition, l'empereur aurait de nouveau pénétré en Cilicie. Il aurait attaqué Adana, puis Massissa, oîi s'étaient réfugiés les habitants de la première de ces cités. Après avoir assiégé vainement, cinquante jours durant, cette seconde forteresse, il se serait vu une fois encore forcé de se retirer, par suite du manque de vivres et de munitions, et serait retourné achever l'hiver à Césarée. Des partis grecs auraient cependant poussé jusqu'en Syrie, jusqu'à la lointaine Édesse, d'oîi on rapporta un gros butin et de nombreux captifs, et cinq cents soldats byzantins auraient péri dans un coup de main contre un château voisin d'Alep. Seîf

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