‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 136 sur 237 · Aujourd'hui Tarsous Tschaï · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Tarsous Tschaï

SUrEREUK BYZAXTIX

chroniqueurs byzantins, celui-là même que nous avons vu, en 9G0, ])orter si courageusement secours à ses coreligionnaires de File de Crète ', avait, on le sait, péri trois ans auparavant, après avoir en vain cliercliéà venir en aide aux Sarrasins de Massissa". Il n'avait jamais été pour Seîf Eddaulèh qu'un bien indocile vassal. Son successeur, chef delà défense de 965, se nommait Rasîk en-Nasîmy. Ce devait être également un lieutenant plus ou moins fidèle de ce Hamdanide dont relevaient virtuellement tous les chefs des villes de Cilicie. Les historiens ne le disent point explicitement pour les émirs de Tarse, mais nous possédons du fait une preuve certaine, grâce à une découverte récente faite par un orientaliste de grand mérite, pour lequel les monnaies innombrables, si difficiles à déchiffrer, des princes de l'Islam, n'ont plus ofuère de secrets. M. H. Sauvaire ^ vient de retrouver dans ses collections un dirliem d'argent, unique jusqu'ici, frappé à Tarsous au nom même du brillant Hamdanide, et qui, particularité frappante, porte la date de l'an 354: de l'Hégire correspondant précisément à cette année 965 oïl la domination sarrasine dans cette cité allait définitivement périr sous les coups de Nicéphore. En 965 donc, on battait monnaie à Tarsous au nom de l'émir d'Alep, et c'était bien en son nom que les guerriers nmsulmans défendaient cette cité.

De tous ces événements tant oubliés aujourd'hui, de cette lutte ardente des soldats de Seîf Eddaulèh contre les légionnaires de Nicéphore, un humble témoin numismatique nous est ainsi demeuré. On sait que les princes sarrasins frappaient monnaie dans la plupart de leurs villes importantes, et installaient presque immédiatement un atelier ad hoc dans celles dont ils faisaient la conquête. La mention du nom dans la prière officielle et le droit de frapper monnaie constituaient les signes apparents, la marque officielle de la souveraineté dans le inonde musulman. Sitôt qu'un émir ou un sultan s'était emparé d'une cité chrétienne, il ordonnait de dire la prière à son nom dans l'église

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