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-.08 UN K^irEREUll BYZANTIN
iï'licit.-itioiis étranges. Ces soldats citoyens, gardes nationales du dixiriiic sircle, les cheveux courts, la barbe soigneusement rasée, [M. riaient de courtes robes de laine noire', des diadèmes de velours, dt's colliers de roses et d'autres fleurs, et, chose plus curieuse encore, dans la main, un mouchoir <( déployé avec grâce ». Leur armement, assez misérable, consistait en une très courte lance et un petit bouclier, lis étaient soigneusement distribués en sections pour donner la réplique à leurs crieurs respectifs. ]jeurs chefs, les démarques, ces fameux colonels des Verts et des Bleus, portaient, dans cette occasion, le « sagon de victoire )), tandis que les simples archontes se contentaient de revêtir le kamision et la tunique. A partir du monastère des Abramites les acclamations avaient commencé : « Gloire à Dieu qui nous a rendu notre seigneur avec la victoire! Gloire à Dieu qui l'a magnifié autocrator des Romains. Gloire à toi, très sainte Trinité, parce que notre glorieux maître est revenu victorieux! Vous êtes le bienvenu, victorieux et très courageux despote ! » Et ainsi de suite des heures durant. ((. Le catalogue des acclamations officielles et des hymnes de victoire est plus infini que celui des étoiles du ciel )) , disait la voix populaire.
Toujours sous la porte Dorée, le préfet de la Ville et son vicaire, prosternés à terre, présentaient au Basileus, suivant une coutume très antique, deux couronnes, une d'or ornée de perles et de gemmes, et une de feuilles de laurier, symboles de victoire. Jj'empereur, en recevant la couronne d'or, donnait en échange une somme de même métal d'un poids supérieur, puis il passait la couronne à son bras droit.
Sur tout le parcours que le cortège devait suivre dans l'intérieur de la Ville, par ordre du préteur, toutes les maisons avaient été ornées du haut jusqu'en bas de fleurs odoriférantes de toutes espèces : romarins, myrtes, roses. On les avait en outre tapissées de scaramangia et de toutes sortes d'autres étoffes de vives couleurs, de grands tapis de lîahyloiie ornés de ligures d'hommes et d'animaux, de broderies de i*<Tse dune richesse incroyable. On les avait ornées aussi de lustres et de candélalires dont les cent mille lumières brillaient en plein jour.
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AU DIXIÈME SIÈCLE. fi09
Le pavt' iiitine, sur luule la largt-ur, a\aii «ir >«<.|-iicMi.seiinMit l»alavr, puis jonLlK^'cle Heurs et de leuilla^^es, arros<* d'eaux de senteur. Sur les balcons, chaque locataire avait exposé ses objets les plus précieux : vases d'or et d'argent, cassolettes à parfums, armes de prix, etc.
En quittant la porte Dorée, le cortège, longeant la Mesa, traversait le quartier du Sigma ou du Croissant, qui tenait son nom de la forme demi-circulaire du rivage en ce point. Tournant à gauche, il passait ensuite par l'Exokionon, place décorée de statues et de colonnes, j)ar le Xérolophos ou place d'Arcadius, puis, par le Bous ou place du Bœuf,
Sceau ou bulle de plomb d'un clief on protodéinnrciuc dcâ Factions. (Sei-jneur), pnXèye-mol, Jean h proioiémin^itf.
Au droit : saint Georges. Ma collection.
su^ laquelle avait été dressé jadis le gigantesque bœuf de bronze dans lequel on rôtissait certains criminels d'Etat. On y avait brûlé aussi le cadavre du misérable tyran Phocas. Plus tard, Héraclius avait ordonné d'abattre le monstre pour en faire de la monnaie. Sur cette place s'élevaient aussi les statues de Constantin et d'Hélène tenant entre elles une grande croix d'argent doré.
On francliissait ensuite le Capitolion, élevé en souvenir de l'ancienne Rome, le Philadelphion, autre place, et le Forum de Théodose ou grande place du Taureau, aujourd'hui Tank Basari (tout près du Séraskiérat et de la mosquée de Bajazet) '. Là, nouvel arrêt, nouveau don de deux couronnes à l'empereur, une d'or, une de laurier, qu'il plaçait toutes deux sur sa tête. On atteignait successivement l'Artopolion ou Marché du pain, le Forum de Constantin, enfin l'Augustéon, la grande place, cœur même de Byzance. Là, tout l'infini cortègo fb^sctni-