‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 142 sur 237 · Voyez page · texte numérisé non relu

Voyez page

étrangère. Seîf Eddaulèli paya deux cent soixante-dix pièces d'or pour chaque prisonnier qu'il put racheter. Quand il n'eut plus rien, les captifs se comptant par milliers, il mit en gage une cuirasse merveilleuse qui lui appartenait, et qui n'avait pas, paraît-il, son égale dans tout l'Orient, plus, détail typique, son propre secrétaire Abou'l Kâzim el Houssein ben Ali el Magreby. Le pauvre otage, dont il ne semble pas qu'on ait sollicité le consentement, vécut chez les Grecs jusqu'à la mort de son maître. Alors, l'argent encore dû ayant été payé, il fut à son tour relâché.

Des autres prisonniers arabes de marque, Abou'l' Achâïr était mort à Constantinople. On racheta encore le juge Abou'l Haytam, fils du cadi Abou'l Hâsin, et d'autres hauts hommes du pays d'Alep, plus une foule de gens de peu, en tout trois mille captifs, qui coûtèrent à l'émir, au dire de Yahia , la somme énorme de deux cent quarante mille pièces d'or, parce qu'il n'eut pas assez de patrices et de cavaliers grecs à donner en échange. Il dépensa ainsi noblement tout son trésor et se trouva extrêmement gêné, mais la joie de voir tant de ses sujets heureux lui tint lieu de ses richesses évanouies. Les conférences de Samosate, menées, comme d'habitude, avec grand apparat, dans un déploiement flamboyant de luxe asiatique ' , se terminèrent rapidement. Dès le lendemain de la clôture des opérations d'échange, Seîf Eddaulèh, qui avait donné audience aux plénipotentiaires byzantins, assis sur un trône royal , une couronne étincelante de pierreries en tête, reprenait en hâte le chemin de sa capitale où l'appelaient les plus graves événements, précédé et accompagné de la foule des captifs qu'il avait délivrés et qui chantaient ses louanges sur la route. Quelle joie ce dut être par les villes et les campagnes de Syrie, quand on vit revenir tous ces absents tant pleures, qu'on avait crus morts pour la plupart, qui tous avaient tant peiné aux lointaines prisons chrétiennes !

Durant cette absence si prolongée du vieux prince Hamdanide, de gros nuages s'étaient de plus en plus abondamment amassés sur sa tête.

1. Voyez le récit de la réception à Constantinople d'une ambassade musulmane au dixième siècle, dans Constantin Porphyrogénète, Cérémonies, éd. Bonn, 1. 1, pp. 666-594.

Une autre et grave r(5volto ,'iv;iit /clif/. ,].'»•. ^

ito-

Essai de restitntion, d'après le clianoine Bock, de la fameiuo oonronnc bysantine, dit* de OoMUalln MoaoniqiM, conservée au Musée National de Peetli. Sept des plaqaet d'or émoUlé rectanguUUrea, •rroDdiai aa noHMtt qal ta constitaent, ont été ilésouvertes en 1860 à Nxitra-Ivanka, en Hongrie. BUei portent las etBgies à» fmûpmmat Gmh tantin Moiiomaque , des deux impératrice) Zoé et Théodor», m femme et M bdie-MBnr, de danz daaacwai at da deux Vertus. Une huitième et une neuvième, circnlaires, qui «erraient da femoir, portant lai iMitM daa aalata Aadré et Pierre. Comme la célèbre couronne dite de saint Etienne flgnrée à la page W, eella d, -la htriqna Iqraurtiaa pure, a dû être envoyée en présent par le gouvernement de Bysanoa à un rai de Hongria, tiii nwtalnianl à André I", contemporain des années 1043 à 1080, seule époque i laquelle on pglMS, par snlta da la prélMoa rfwdtanée des deux impératrices, fixer la date ilc fabrication de ce mngniflqoa aMMMnMBt doal TtmmU tetUa aaoon 4« pins vives couleurs.

rite, probablement dès le commencement de l'an 9G5. Les habitants de cette grande ville avaient chassé le gouverneur qu'il leur avait donné,

le mamelouk Tenoiikhel Yemeky', et s'étaient donnés à Fex-émir fugitif de Tarse, Taventureux Rasîk en-Nasîmy. Cet autre lieutenant infidèle du prince d'Alep, homme énergique et sans scrupules, qui voulait à tout prix se rendre, lui aussi, indépendant de Seîf Eddaulèli, semble, à ce moment, être allé jusqu'à entrer en négociations directes avec son ancien adversaire Nicéphore, et avoir même réclamé son appui. En tout cas, nous savons qu'il s'était engagé à lui payer pour Antioche le tribut très considérable de six cent mille dirhems ou pièces d'argent. Probablement il avait par la même occasion promis de lui livrer cette reine des forteresses syriennes, sous la condition que le Basileus lui en confirmât la possession sous sa suzeraineté et contre paiement d'un tribut annuel ". Aidé d'un autre officier du Hamdanide, El Hassan el Ahwâzy ', il se saisit des caisses publiques de la ville, leva des contributions, fit proclamer son nom dans la prière officielle, et agit en tout comme s'il eût été désigné par le Khalife même pour remplacer Seîf Eddaulèh. Il équipa à ses frais toute une petite armée, environ cinq mille hommes, tant cavaliers que fantassins. Tous les sheiks et les anciens de la cité acceptèrent ce nouveau chef. Il faut dire que la population d' Antioche s'était constamment montrée très hostile au joug du Hamdanide. Seul, le patriarche grec Christophoros ^, qui semble avoir été un esprit particulièrement intelligent et énergique, refusa de s'associer à cette sédition universelle. Malgré les menaces de tous, il sortit ouvertement de la ville et se retira àquelque distance, au monastère de Saint-Syméon, où il demeura obstinément enfermé jusqu'au retour du souverain légitime. Sur ce, Rasîk et El Hassan , ces deux acolytes, renforcés de nombreux miliciens deïlémites, turcs transfuges de la garnison d'Alep, sous la conduite d'un certain Dizber, profitant de l'absence du maître, résolurent de s'en aller attaquer sa capitale, où le valeureux secrétaire Kargouyah commandait en son absence. Un moment chassé par un rebelle nommé Merwân que l'exemple dangereux de Nadjâ avait suscité, celui-ci venait de rentrer en vainqueur dans la métropole de

Page 1