‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 146 sur 237 · SS · texte numérisé non relu

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être matériel, de Iturs saiiiorN, de leur avenir. Dune, «n i Miiiau aaiifl l'année malgré sa rij^ueur.

Voilà pour les sentiments de la classe militaire. Il n'eu était plus drmême du commun peuple, surtout de la nombreuse populatioii capitale et des grandes villes, population si mobile, d'un imtriotisme

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Mui-ailles maritimes de Constantinople. Vue cxuriture du cbAtean des Sept Tour-i .lu o.t.' •: extrême du rempart de Byzance vers le sud-ouest du côté de Marmara. Dana le fond, on chemin de fer d'Audrinople, situés hors ville.

entièrement négatif, uniquement guidée par l'intérêt. Celle-ci frémissait sous des impôts énormes, taxes de guerre surtout sans cesse renouvelées, dont on ne voyait pas la fin. Sous Justinien même, de terrible mémoire, les charges publiques n'avaient pas été' plus écrasantes. Toutes furent augmentées dans des proportions énormes, inconnues jusqu'ici. Las de ces victoires lointaines dont chacune se soldait par un accroissement de taxes, tous : petits propriétaires, marchands,

simples artisans, commençaient à murmurer de plus en |)lus ouvertement. Pour la première fois, vers la fin de cet hiver, des symptômes sérieux d'irritation populaire éclatèrent à des intervalles rapprochés, avant-coureurs certains d'une très grave et très profonde exaspération générale. On retrouve aisément les indices de cette défaveur quasi universelle sous les réticences calculées des chroniqueurs officiels ou simplement officieux, comme sous les paroles de haine des écrivains hostiles.

Cédrénus se montre parmi les plus sévères pour Nicéphore. Il insiste sur sa dureté, sa partialité, sa soif d'omnipotence, la jalousie profonde que lui inspiraient les moindres succès de ses lieutenants. Il raconte longuement les circonstances qui finirent par le rendre odieux, lui si populaire jadis. Ses innombrables soldats, sûrs de l'impunité, traitaient, nous dit-il, l'empire en pays conquis. Ces mercenaires féroces, brutes sauvages arrachées à leurs steppes et à leurs déserts, ces condottieri de toutes races, mais de moeurs uniformément barbares, se rendaient coupables d'incessantes agressions contre la population paisible. Lui, ne les châtiait jamais pour de pareils actes, c( estimant que quelques peccaf dilles étaient inévitables dans d'aussi considérables agglomération^ d'hommes armés ». Dans la capitale surtout, la situation devenait sour vent de ce chef presque intolérable. Les soldats y régnaient en maîtres, ne craignant rien ni personne, molestant les riches comme les pauvres, commettant mille excès. Nicéphore, comme je l'ai dit, semblait parfois prendre plaisir au récit de leurs douteux exploits, comme si ceux qui l'avaient porté au trône et qui combattaient pour le salut de l'empire et de la religion orthodoxe ne pouvaient avoir tort.

Puis, lors des expéditions presque annuelles en Syrie, lors du passage de l'armée à travers les provinces d'Asie, ce n'étaient que réquisitions écrasantes des chefs, rapines journalières des soldats. Peu à peu également toutes les largesses, les distributions traditionnelles de pain, de vin, de numéraire, si chères à la plèbe de la capitale, avaient été supprimées pour cause d'économie. Et toujours le budget de l'armée, gouffre nisatiable, avait absorbé d'avance toutes ces sommes nouvelles. Et ce n'étaient pas les basses classes seulement qui s'exaspéraient. Nicéphore n'hésitait pas à s'aliéner aussi les couches élevées. Il alla, grief

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énorme, jusqu'à supprimer et verser au trésor les dons annuels que lesouverain était dans l'habitude de faire aux membres du sénat*. € Je ne puis vous donner de l'argent, leur disait-il avec son flegme sérieux, puisque je n'en ai plus assez pour conduire mes soldats contre

les ennemis de l'empire. »

On en voulait de toutes parts t\ cet homme de toutes les mesures les plus justifiées ou les plus habiles qu'il prenait pour se procurer <le8 ressources nouvelles, ou pour entretenir l'esprit guerrier dans ces populations sédentaires si rebelles t\ la vie militaire. Le clergé ne luii)ardonnait pas cette fameuse Novelle qui avait porté un coup funeste î\ l'extension de la vie monacale et mis pour quelque temps un terme à l'absorption de la richesse nationale par les couvents et les églises. « Cet impie, s'écrient les écrivains ses adversaires, ne craignait pas de confisquer journellement des donations pieuses faites par les très chrétiens Hasileis, ses prédécesseurs. » Il alla jusqu'à décréter que les établissements religieux, de quelque catégorie qu'ils fussent, ne pourraient plus devenir possesseurs de biens immobiliers, accusant officiellement les évoques d'en mal gérer les revenus « qui étaient bien destinés A être remis aux pauvres, mais qui ne profitaient en réalité qu'au clergé, et cela alors que les soldats qui s'en allaient combattre et mourir pour Dieu et le Basileus manquaient même du nécessaire ". »

Mais ce qui porta au comble l'exaspération de la portion la plus indépendante du clergé, ce fut cette prétention de Nicéphore que j'ai déjà indiquée, de nommer lui-même les évêques ou du moins de présider à ces nominations et de les surveiller exactement. Cet homme sage, qui voulait à tout prix concentrer en sa main tous les pouvoirs de Tlitat et qui sentait bien que c'était à cette époque le seul moyen de créer un gouvernement fort, profitant d'un conflit entre le patriarche et son haut clergé au sujet des nominations épiscopales \ se fit octroyer, dit ('édrénus,

1. Probablement ceux qni faisaient de Topposition furent le» premier» à être privé* de leur» k' '• -; lions. C'était un moyen de tenir en bride tontes ces ambition-.

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