‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 147 sur 237 · Voyez pages 388 sqq · texte numérisé non relu

Voyez pages 388 sqq

8. Zonaras, éd. Paris, II, 202. — Voy. surtout Gfrœrer, oj). ., ;. 1 1. i-p. 508 sqq.

par un synode de prélats indignes ou courtisans, une loi interdisant de nommer un évoque sans son autorisation expresse'. « C'était la grande et éternelle querelle des investitures résolue en faveur de Nicéphore, véritable coup d'État qui remettait dans la main du Basileus tous les évêques et les revenus de leurs sièges. En effet, un de ces prélats venait-il à mourir, Nicéphore installait aussitôt dans cette vacance, qui se prolongeait souvent fort longtemps, un homme à lui, un prêtre de sa maison, lui imposant de faire dans le diocèse la dépense la plus mesurée et lui réclamant tout ce qui resterait en plus sur la mense pour l'appliquer aux besoins de l'empire et de l'armée '. Ce décret mécontenta à tel point le clergé que son retrait fut la première condition exigée de Jean Tzimiscès par le patriarche Polyeucte avant de consentir à procéder à son couronnement. Chacun de ces actes, qui nous semblent si bien révéler un véritable homme d'Etat bien en avance sur son siècle, créait ù Byzance de nouveaux groupes de mécontents et aliénait au Basileus des couches nouvelles de privilégiés. « Il existe de Nicéphore, s'écrie le même Cédrénus, d'autres Novelles encore, dépassant toute mesure, et qu'il serait trop long de rapporter en détail. » Le bon chroniqueur eût mieux fait, pour notre instruction, de ne pas s'arrêter à de semblables scrupules. Celles parmi ces Novelles de Nicéphore qui sont parvenues jusqu'à nous donnent envie de connaître les autres ^.

Encore une circonstance souleva l'indignation des prêtres contre Nicéphore : ce fut ce projet auquel j'ai déjà fait allusion de faire honorer à l'égal des martyrs les soldats morts en combattant contre les

1 . En d'autres termes?, le Saint-Sj-node présentait les candidats aux sièges vacants, mais le Basileus se réservait le droit de les nommer. C'est ainsi que les choses se passent aujourd'hui encore dans le royaume de Grèce.

2. Voy. Zachariœ, op. cit., III, 301, note 1. Ces faits curieux, racontés par Cédrénus et Zonaras, coïncident exactement avec ce que Luitprand nous rapporte des sommes considérables que Nicéphore savait arracher à son clergé provincial (voyez au chapitre XIII). L'évêque de Leucade, qui fit à l'ambassadeur d'Othon ses doléances, devait être une de ces créatures de Nicéphore nommées par lui.

3. La Vie manuscrite de saint Nicéphore, qui est à la Bibliothèque nationale, voy. p. 445, vie manuscrite écrite par un presque contemporain, nous fournit un autre exemple de cette dureté extrême témoignée par Nicéphore aux gens d'église. Nous y voyons le saint prélat quittant sa retraite du mont Athos et allant courageusement se plaindre au Basileus de ce que les collecteurs impériaux avaient, sur son ordre, retiré à TEglise de la sainte Montagne les très importants revenus de l'huile sainte pour en enrichir le fisc. Saint Nicéphore fut si éloquent que le Basileus, stupéfait de son audacieuse franchise, ordonna de restituer k rÉglise les privilèges dont on venait de la dépouiller.

AU DIXIÈME SIKCLE. fis?

Infidèles '. Le Basileus prétenilait (^11011 ciianuit a leurs liiiurailles «k-s hymnes de circonstance et qu'on les vénénlt extniordinairenient. Tout entier à son but unique, il ne .craignait pas d'inaugurer ainsi le« plu8 (étonnantes nouveautés, a comme si le salut de l'âme, dit le chroniqueur pieusement indigné, ne pouvait s'obtenir que par les crimes de la guerre ! » Ce fut en vain que Nicéphore s'efforça d'amener le patriarche et le Saint-Synode à souscrire à cette ordonnaiK < . !.. parti dévot, chez lequel la passion religieuse semble avoir détruit tout patriotisme, toute justesse de vue politique, le contraignit de renoncer à ce projet si cher à son cœur. On lui opposa une Novelle de Basile P', ordonnant précisément de tenir durant trois années éloigné de la table sainte quiconque aurait tué un de ses semblables à la ffuerre, décision bien étrange de

^ *^ Monnaie de cnirre portant la doaMe 9U0ê ém

la part de ce prince belliqueux entre empereur. OmsUnUa Porphyro«énè«« «t B«-

niain Lécapèna.

tous , glorieux fondateur de la dynastie

macédonienne, celui précisément dont les éclatantes vi< toires avaient

pour la première fois fait reculer les Arabes en Asie.

Dans la nécessité de faire face aux énormes dépenses de la guerre sarrasine, Nicéphore ne reculait devant aucune mesure. Ses divers fonctionnaires provinciaux d'ordre fiscal, collecteurs, agents des douanes, etc., exerçaient une tyrannie impitoyable. Les imjwts étaient perçus avec la dernière sévérité ■. Des allocations annuelles, jusque-là

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