‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 149 sur 237 · Sou d'or · texte numérisé non relu

Sou d'or

2. Littéralement : avait eu le poids de Vexag'mm soîidi, c'est-à-dire du poids étalon rigoureusement contrôlé.

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pièces du poids faible*, d On imagine ais^^nent que le trésor dut n'-aliser de ce chef des bénéfices considérables, mais au prix de quelles vexations pour les sujets de l'empire et de quelle irritation de leur fwirt! En outre, alors que, d'apW-s la coutume comme d'apr^8 la loi, il avait été jusque-là entendu que tout sou d'or marqué à l'eflSgie d'un empereur, qu'il fût ancien ou récent, serait accepté pour une valeur uniforme, ])ourvu qu'il n'eût rien perdu de son jxiids, Nicépliore, jMirune disposition spéciale, ordonna que la monnaie A son effigie, même la mauvaise, aurait le pas sur toutes les autres marquées à l'image de ses prédécesseurs. En d'autres termes, cela voulait dire que ees d.rnirn-^ i.;.*.,-..s ne seraient plus reçues qu'à un cours inférieur à leur valeur réelle '\ La colère publique ne connut plus de bornes.

Le pis fut qu'au milieu de ce trouble et de ce malaise général, par le fait même de cette altération de la monnaie, la cherté des subsistances s'en alla croissant dans des proportions tout à fait extraordinaires. Toutes les denrées étaient hors de prix, le blé surtout,

dont le gouvernement avait, on le sait, le monopole. Un exemple fera comprendre conmient l'une de ces calamités entraînait forcément l'autre. Supposons qu'un sac de blé valût trois sous d'or avant la dépréciation de l'ancien numéraire de bon poids; l'acquéreur devait maintenant le payer toujours le même prix de trois pièces d'or, mais cette fois en pièces du poids nouveau, en tétartéra; or, pour se procurer ces trois tétartéra^ il lui fallait d'abord les échanger contre quatre anciennes pièces de bon poids!

1. Je ne crois pas qu'on se soit préoccuixi jusqu'ici de rechercher, parmi le* Mtu (Tords Nteéphon qui sont parvenus jusqu'à nous, ceux qui furent émis ainsi à un poids inférieur, OM Ularlèm si Mon voués à l'exécration populaire, et qui. peut-être bien, furent désignés soua ce non parce qoe leur I)oid8 était d'un quart inférieur au poids réel du nomisma de bon aloL

2. En un mot Nicéphore, après avoir diminué le jMjids de sa monnaie, inpotaen oatre le oovr* forcé de ce numéraire déprécié aux dépens des pièces de bon aloi A l'effigie de eea prédéoeaaenn. — Voy»», aax pp. Wl- 153 du t. IV de son Ilùtoire Jn peuple grtc, le passage intéreaaant que M. Paparrifopoaloa a eonacfé à la discussion de ces diverses prétendues altérations monétaire» imaginée» par Nloéphot». L*hiatori«igree n'ajoute qu'une confiance très relative aux affirmations quelque peu anapectee dt Oédréeoaet de T

àlUlarMon. Monnsto d'angent an Dom àm enperennCoiistaiitla Porphyiugtiiéf 1 BoaHla Léoapène. An droit : CtmUmaltm l\\pk$\wtimïte H Rttnmtn m ClkriM, Imlrtê pitmr tw^frtmnâu Romain*. Au rereis, la lénuds ttadltiia-

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La voix publique attribuait liautement ce renchérissement général non seulement à ces dispositions draconiennes prises par le Basileus, mais aussi à la rapacité des personnages qui composaient son entourage. Elle ne respectait même pas ceux qui lui tenaient de plus près par les liens du sang. Le frère du Basileus, le brillant curopalate Léon Phocas, fatigué de remporter sur les Sarrasins de stériles victoires, depuis que le sort avait tant souri à sa famille, avait songé, lui aussi, à s'enrichir. La vie oisive et molle de la capitale l'avait transformé. Il ne rêvait plus que les joies de la fortune et s'était mis à spéculer sur les blés comme sur toutes les autres subsistances, probablement surtout sur l'huile et le vin, dont la vente devait vraisemblablement constituer aussi un monopole d'Etat. C'était à cette époque un des plus prompts comme un des plus scandaleux moyens de gagner beaucoup d'argent. Bientôt on mit publiquement au compte du curopalate les manœuvres les plus infâmes : on disait partout qu'il allait affamer le peuple en accaparant toutes les récoltes. On ne se gênait pas pour dire publiquement que les deux frères s'entendaient à merveille pour faire passer dans leur caisse tout l'argent des poches de leurs sujets \

Donc, guerres continuelles, campagnes incessantes en Syrie qui dévoraient les hommes et l'argent, impôts énormes, inconnus jusqu'ici, perçus avec la plus impitoyable rigueur, spoliations des biens de l'Eglise, saisies des biens des prélats défunts, spéculations éhontées sur les subsistances, altérations graves de la monnaie, toutes ces causes réunies, dont beaucoup se trouvaient immensément exagérées par la passion, finirent par exciter au dernier degré contre les deux frères la colère populaire, celle même des classes plus élevées. Trop d'intérêts personnels se trouvaient directement lésés par eux.

1. Cédrénus, et après lui Manassès, fournissent un autre exemple de l'avarice de Nicéphore. Lors de la famine, alors que le médimne de blé se vendait un sou d'or, Nicéphore fit bien vider les greniers publics qui regorgeaient de grain, grâce aux bonnes récoltes antérieures, mais l'unique amélioration fut qu'on Tendit deux médimnes au sou d'or, tandis que, dans des circonstances semblables, le glorieux Basile avait de suite décidé que l'on donnerait les douze médimnes à ce prix si bas, disposition excellente qui conjura presque incontinent la disette. Nicéphore, aussi âpre au gain que Basile s'était montré compatissant, dut réaliser par cette vente à des prix si élevés des bénéfices colossaux.

Toutes ces irritations, toutes ces haines no tard^^ent paît A se traduire par des manifestations de plus en plus violentes. Quclques-oneii seulement nous ont ét<3 rapportées par les chroniqueurs, mais ces r^Vîts, bien que très brefs, en disent assez pour nous laisser deviner d'hostilité qui avait si promptement succédé aux transporta d'amour du début du règne. Pour la premii-re fois depuis bien des années, des émeutes éclatèrent à Constantinople, qui n'épargnèrent point la personne du Basileus jadis si cher à la foule.

Le dimanche de Pâques, 21 mars de Tan 9G7, «li^ noiiliti.s arméniens de la garde, dévoués comme tous leurs compatriotes à Nioépliore, eurent une rixe violente avec des bateliers du port ou des matelots de la flotte, probablement originaires de Thrace ou d'autres thèmes helléniques, et par conséquent beaucoup moins favorables A cet empereur né en Cappadoce, en pleine Asie. Cette rixe dégénéra promptement en un combat véritable. Les morts furent très nombreux, surtout parmi les bateliers. Le patrice Sisinnios, ex-préfet de la Ville ', accouru sur le lieu du tumulte, ftit entouré par les émeutiers et courut les plus grands dangers. Puis, comme il devait y avoir aussitôt après de grandes courses de chevaux dans le Cirque, le bruit se répandit soudain, parmi cette multitude surexcitée, que le Basileus chercherait à profiter de cet immense concours pour se venger en faisant égorger le peuple assemblé sur les gradins de l'Hippodrome. Cette rumeur tant absurde n'en fut pas moins cause des plus grands malheurs. Au milieu des jeux, Nicéphore fit donner l'ordre à quelques compagnies des gardes de descendre dans l'arène pour y simuler un combat. Etait-ce pour donner au peuple le spectacle d'une petite guerre, d'un de ces jeux gothiques si prisés à cette époque? Etait-ce au contraire, comme l'affirme sérieusement Léon Diacre, pour inspirer à tous une terreur salutaire, et parce qu'on redoutait quelque nouveau mouvement à la suite des troubles de la matinée? Toujours est-il que la foule des spectateurs, voyant ces hommes armés envahir vivement l'arène, fut prise d'une subite épouvante. Les esprits, déjà fort troublés, crurent k un massacre

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