‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 151 sur 237 · Le Marché aux pains · texte numérisé non relu

Le Marché aux pains

incessantes les cris de la foule. Celleci, excitée par cette chasse extraordinaire, en était arrivée à la folie furieuse. De toutes parts on couvrait de projectiles le groupe qui protégeait l'empereur. Deux femmes, la mère et la fille, grimpées sur un toit, faillirent assommer Nicéphore à coups de briques. La nuit noire seule mit fin à ces excès.

Au matin du lendemain, les gardes du préteur se saisirent des deux mégères dont je viens de parler. Elles furent, sans autre forme de procès, rôties toutes vives au faubourg Anaratas'. Peut-être avaient-elles voulu venger la mort d'un mari, d'un père, étouffé au Cirque le 21 mars. Il n'y eut guère d'autres exécutions et les émeutiers furent punis avec peu de rigueur. 'Nicéphore essayait de la douceur. Mais il n'était plus temps. La colère aveugle de la foule urbaine ne fit que s'accroître. Le Basileus lui devint odieux.

Ces faits nous ont été rapportés par un témoin oculaire, Léon Diacre en personne, qui, tout jeune alors, ainsi qu'il nous le raconte, étudiait les belles-lettres à Constantinople. Lors de cette fatale journée de l'Ascension, il vit de ses yeux Nicéphore passer

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