Sons d'or
AU DIXIKMR SIKCI.E. &6S
Tourhillons ». ( ''rtaient 1j\ de fort jx'niMrs passaf^. Outre le danger toujours imminent de l'embuscade petclienegue, plus redoutable encore en ces points difficiles, il fallait descendre i\ terre et tourner Tobstacle en traînant les grandes et lourdes barques après soi. On conçoit ce que devait être un pareil voyage en pleine steppe, c'est-A-dire en plein d^!"'sert. Enfin, aprës tant de fatigues, le basilikos impérial vit blanchir au loin sur les collines de la rive droite du grand fleuve les longues files des liuttes de Kiev et fit son entrée solennelle dans la sauvage capitale de cette sauvage nation des Ross. Il y entra par le faubourg de» Khazars, gravissant la cote qui conduisait au palais de \ms du prince et de sa mère. Kiev n'était point encore descendue jusqu'au Dnieper. Seule , l'ancienne ville, la gora (ou montagne)^ existait alors. C'était t\ cette époque une simple quoique déjà fort grande bourgade. Dès le début du siècle suivant, le pèlerin Tietmar y comptait plus de quatre cents églises!
Sviatoslav, bien que tout jeune encore (il n'avait que vingt-cinq ans), régnait depuis de longues années sur le peuple des Koss. Sa rude enfance avait été soigneusement protégée par l'habile et énergique régence de sa mère, la grande czarine Olga, « la première qui, de la Russie, soit montée au royaume céleste, » celle dont la venue à Constantinople, dix ans auparavant, en 957, sous le règne du Porphyrogénète , avait été un des plus extraordinaires épisodes de l'histoire byzantine dans ce siècle. Baptisée par le patriarche sous le nom d'Hélène, comblée d'honneurs et de présents par la cour de Tzarigrad, la pieuse archontissa, de retour dans son palais rustique, avait introduit dans ses États la foi chrétienne et gouverné sagement son peuple de guerriers jusqu'à la majorité de son fils. Ici, je laisse la parole à la célèbre chronique de Nestor '. Ce document unique de l'histoire des Russes avant le douzième siècle en dira plus en quelques lignes que je ne saurais le faire en bien des pages sur l'état de cette cour étrange où venait d'arriver le légat de Nicéphore, avec son cortège de prêtres, de courtisans, de