‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 16 sur 237 · Eambaud, op, cit., p · texte numérisé non relu

Eambaud, op, cit., p

personnages. Ce monument si curieux porte cette simple légende : Sceau du pansébaste, séhaste et mégalodierménevte des Varangiens, Michel Sur la face principale, figure l'effigie du patron du titulaire, c( l'Archange Michel, archistratège des armées célestes » ; au revers, on distingue une particularité infiniment remarquable : c'est la représentation unique jusqu'ici de la rhomphaia, la fameuse hache spéciale aux Ross, si fréquemment mentionnée par les chroniqueurs. Celle-ci n'est pas à double tranchant, ainsi qu'on le pourrait supposer, mais courte et munie, à l'extrémité du manche recourbé, d'une sorte de poignée en forme d'anse. Le bout opposé semble se terminer en pointe,

Sceau ou bulle de plomb du grand interprète du corps des Varangiens ou mercenaires Scandinaves à la solde de l'empereur de Byzance.

comme une pique, ou plus exactement comme une véritable baïonnette, de manière que cette arme redoutable était certainement destinée à frapper à la fois d'estoc et de taille.

Les Basileis payaient fort cher ces merveilleux soldats. Chaque Russe recevait dix, douze, jusqu'à quinze sous d'or par mois, sans compter les 7'Ofjœ, primes d'engagement et autres gratifications. Du reste, par cela même que ces places dans ces corps spéciaux de la garde étaient si grassement payées, elles étaient fort convoitées et faisaient prime. Il fallait acheter sa commission et l'acheter fort cher. On payait, paraît-il, la somme presque incroyable de seize litrae' pour entrer dans la grande hétairie, celle de dix pour la moyenne, et de sept pour la troisième, celle des Phargans et Khazars ".

1. Au dixième siècle, il allait soixante-douze sous- d'or à la livre ou litra.

2. (.c Dans l'armée byzantine il y a régulièrement un corps de troupes khazares, recrutées probablement

EJIPEREUli IJVZANTIX. 7

Revenons à l'armement de Crète. Avec les corps des mercenaires Ross , pour poursuivre les fuyards , éclairer l'armée et charger les masses ennemies, on embarqua quelques escadrons de cavaliers cataphractaires ', sous le commandement de l'archôn des thèmes de cavalerie. Couverts d'une cuirasse faite d'écaillés métalliques imbriquées, ces terribles combattants ne craignaient ni la pointe des javelots ni le tranchant des épées. Leur seul aspect suffisait parfois à mettre en déroute les hommes de pied sarrasins, qui souvent combattaient presque nus. Le grand obstacle à la cuirasse, surtout dans les guerres d'Asie, était la température si élevée. Comme plus tard les chevaliers de la croisade dans les sables de Gaza et d'Ascalon, les cavaliers cataphractaires des empereurs byzantins suffoquaient sous leur rigide vêtement métallique aux rayons ardents du soleil oriental.

Ce n'était pas tout encore. Bien d'autres corps figuraient dans l'expédition. Rien, on le sait, n'était aussi prodigieusement varié qu'une armée byzantine. Celle de Nicéphore comprenait, entre autres, de nombreux mercenaires captifs, pris à la guerre, appartenant à diverses nations barbares. Dans cette sorte de légion étrangère figuraient aussi de ces aventuriers slavons plus souvent appelés slavésiens, colons militaires établis à plusieurs époques sur divers points de l'empire et plus particulièrement sur les rives des fleuves de Macédoine et de Bithynie, redoutables lansquenets du dixième siècle oriental, fort prisés dans les armées impériales, qui en faisaient une consommation énorme. Des Toulmatzes- (les Dalmates de nos jours), quatre mille Mardaïtes, descendants des terribles sectaires Pauliciens du Liban, hérétiques

parmi les chrétiens de Khazarie. Ils forment avec les Phargans et probablement les Turcs (Hongrois) , la troisième hétairie. Un office àHiétaire khazare coûte 7 litrae et rapporte 12 nomismata. Ils sont admis dans les grands festins du Chrysotriclinion et des Dix-neuf lits. Aucune milice ne reconnut mieux les attentions de l'empereur ; aucune n'eut plus à souffrir pour la cause de l'empire. Après sa victoire de 889, le Tsar Simèon, furieux de trouver dans les rangs byzantins des descendants de Khazar, le frère de Bulgar, fit couper le nez à tous les hétaïres khazares qui tombèrent entre ses mains. Quarantesept d'entre eux prirent part à l'expédition de Longobardie sous Lécapène. Ces soldats pittoresques étaient mis en réquisition pour les réceptions d'ambassadeurs et pour toutes les solennités du Palais. » (Rambaud, op. cit., p. 403.)

1. Cavaliers bardés, cuirassés. Lors de l'expédition dirigée contre Crète en l'an 902 sous la conduite d'Himérios, rarmée byzantine, forte de 28,000 hommes, comprenait le chiffre relativement énorme de !>,000 cavaliers.

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