Anne Comnène le désigne sous le nom giécisé de Môxpoi
2. Cédrénus place à tort ces événements à l'année DG3, quatre ans trop tôt. H désigne les quatre jeunes princes sous le nom des « comitopoules », c'est-à-dire les « fils de comte », boïars.
AU DIXIHME SIKCLE.
àôsh' de pousser plus loin ses conquêtes, d^8 le premier printemps de 908, il se jeta vers le sud comme une bete de proie. Devant «es terribles bandes, massacrant et incendiant, la Bulgarie, réduite au désespoir, ne songea plus qu'à défendre chèrement sa nationalité expirante. Tout faisait prévoir une lutte affreuse, et il semblait vraiment que c*en fut fini de ce peuple infortuné, lorsqu'une divcrsinn birn inat-
Prise de PereKaslarets et poursuite des Bulgarea par les Bnates. Uiniature d'an nuunucrlt lOAron de la bibliothèque du Yaticmn. (Voyes pftgM M9 et 570.)
tendue vint reculer pour un temps encore la catastrophe finale '. En l'absence du prince des Ross et de l'élita de ses guerriers, la cruelle et fourbe nation des Petchenègues s'était à son tour jetée A l'improviste sur le territoire russe et avait mis le siège devant Kiev. Aussitôt que la nouvelle leur en fut parvenue, les Ross, abandonnant subitement leur nouvelle conquête, s'élancèrent au secours de leur capitale. La Bulgarie, presque entièrement délivrée de ses oppresseurs, respira pour quelques mois. Je laisse de nouveau la parole à la Chro-
1. Voir, sur ce second pilLige de la Bulgarie, Murait, op. cit., 1 1, p. 6»5, 19.
nique de Nestor, qui raconte, bien mieux que je ne saurais le faire (r.-qavs elle, la lutte des Russes contre ces ennemis nouveaux.
« En l'an 647G ', les Petclienègues vinrent pour la première fois en Russie, et Sviatoslav se trouvait alors à Péréïaslavets, et (sa mère, la princesse) Olga, en son absence, s'enferma avec ses petits-fils laropolk, Oleg, Vladimir, dans la ville de Kiev. Et les Petclienègues entourèrent la ville avec des forces supérieures. Ils formaient autour d'elle une multitude innombrable ; on ne pouvait sortir ni envoyer de message. Le peuple était épuisé de faim et de soif. Les gens qui étaient rassemblés sur l'autre rive du Dnieper avec leurs bateaux, restaient sur cette rive, et il n'était possible à aucun d'entre eux d'aller à Kiev, ni à la ville de communiquer avec eux. Le peuple s'affligeait et disait : « N'y a-t-il personne qui puisse aller sur l'autre rive et leur dire : Si vous n'arrivez pas demain sous les murs de la ville, nous nous rendrons aux Petclienègues? » Et un jeune homme dit : « J'irai », et ils lui dirent : c( Va ». Il sortit donc de la ville avec une bride, et courant parmi les Petclienègues s'écria: « Quelqu'un de vous n'a-t-il pas vu un cheval? » Car il savait la langue des Petchenègues, et ils pensèrent que c'était un des leurs ; s'étant approché du fleuve, il jeta son vêtement, sauta dans le Dnieper et se mit à nager. Les Petchenègues, voyant cela, s'élancèrent après lui et décochèrent sur lui leurs flèches, mais ils ne purent rien lui faire. Ceux de l'autre rive, au contraire, l'ayant aperçu, vinrent au-devant de lui en bateau, et, l'ayant pris sur le bateau, le conduisirent à leurs chefs. Et il leur dit : (( Si demain matin vous n'arrivez pas sous la ville, le peuple se rendra aux Petchenègues. » Leur chef, qui s'appelait Priétitch, dit: «Nous viendrons demain en bateau à votre secours... » Cette diversion réussit. Le prince des Petchenègues et son peuple durent lever le siège de Kiev. Ils ne purent plus faire boire leurs chevaux dans la Lybed ". « Et les habitants de Kiev (ainsi sauvés) envoyèrent vers Sviatoslav (en Bulgarie), disant : « Prince, tu cherches des pays étrangers, et tu négliges le tien ; peu s'en est fallu que les Petchenègues ne nous prissent, nous et ta mère et tes enfants ? »