‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 165 sur 237 · Un dei cours d'eau qui coulent prés de Kiev · texte numérisé non relu

Un dei cours d'eau qui coulent prés de Kiev

AU DIXIKME SIELLi:.

Si tu ne viens pas et si tu ne nous défends pas, ils nous envahiront encore. N'as-tu point souci de ta patrie, de ta vieille mère et de tes enfants ? » Sviatoslav, entendant cela, monta aussitôt j\ cheval avec ses soldats, vint à Kiev, embrassa sa nu'-re et ses enfants, d('*plorant ce qui leur était arrivé de la part des Petclienègues ; puis il rassembla son armée et refoula les Petchen^gues dans les steppes et la paix réjjna.

Autie prise ac Tille. Miniature d'un manuscrit slavon de la bibliothèque du Vatican. (Voya paffai M$ et 1701)

(( Et (l'an d'après), Sviatoslav dit à sa mère et aux boïars : « Je ne me plais point à Kiev ; je veux vivre à Pereïaslavets sur le Danube ; car c'est là qu'est le centre de mes terres. Toutes les richesses y arrivent : de la Grèce, l'argent, les étoffes, les fruits, les différents vins ; de la Bohême et de la Hongrie, l'argent et les chevaux ; de la Russie, les peaux, la cire, le miel, les esclaves. » Sa mère (Olga) lui dit : « Tu vois que je suis malade ; oîi veux-tu aller loin de moi ? ï> Car elle était déjà malade. Elle lui dit encore : « Quand tu m'auras enterrée, après, tu iras où tu voudras. » Au bout de trois jours, Olga mourut. Son fils, ses petits-fils et le peuple, la pleurèrent amèrement. On l'emporta et

on l'enterra. Elle avait ordonné qu'on ne lui fît point de tryzna \ car elle avait un prêtre, et ce fut lui qui ensevelit la bienheureuse Olga. Elle fut le précurseur du christianisme en Russie, comme l'aurore est le précurseur du soleil, comme l'aube est le précurseur de l'aurore. »

En s'en allant courir au secours de sa mère et de son peuple, Sviatoslav avait annoncé aux Bulgares son très prochain retour. Il leur avait ainsi ôté tout espoir de se voir débarrassés de leurs terribles envahisseurs. Qui sait même si le prince varègue n'avait pas laissé quelques garnisons dans les forteresses riveraines du Danube conquises par lui? Les propos que la Chronique de Nestor place dans sa bouche, cette façon brutale et souveraine de désigner la Bulgarie comme le centre de sa terre, le feraient bien croire. En tout cas, sur la route qui le ramenait à Kiev, le prince des Ross ne songeait déjà qu'à son retour vers le sud. Aussitôt sa mère, la grande czarine, morte, il n'eut plus d'autre pensée ; il fit tous les préparatifs pour la conquête définitive de cette riche contrée d'au delà du Danube, qui lui semblait véritablement la terre promise.

Durant que cette seconde édition de l'orage russe se préparait pour la Bulgarie, les choses avaient, on le verra plus loin, marché très vite dans ce pays. Mais il nous faut pour l'instant abandonner le récit de ces terribles événements de la péninsule des Balkans et retourner à notre héros, Nicéphore.

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