‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 166 sur 237 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Affaires d'Italie. — Otbon I'' le Grand d'Allemagne. — Progrès de l'antoritA de w iiriiioe dsaii U P*> ninsule. — Il restaure l'empire d'Occident, fait et défait les papes. — D viM à U poiMMlon

des thèmes byzantins ea Italie, pour parfaire la conquête de U Péninsols. AnbMMdw

échangées entre lui et Byzance. — Agression malheureuse d'Othon contre BarL — CAMm* nw^ffl sade de Luitprand, évêque de Crémone, à Con.<itantinople, anpnJs de Micépbore. — SoufffMtw da l'envoyé de l'empereur germanique. — Ses audiences. — Bécit détaillé de son séjour à Byzanœ. — Echec définitif des négociation.^. — Retour de Luitprand. — Départ d'Otbon et dtsoa armés pour rit-ilie méridionale. — Ils envahi.s.sent les thèmes de Longobardie et de Calabre. — Sitostloo de ces thèmes h cette époque. — Sollicitude de N'icéi>hore pour ses sujet» italiens ri malhenrsax. ^ Administration réparatrice de saint Nicéphore, magistros. — Situation de rKgli«e grecque sa ItaUe à cette époque. — Lutte des Byzantins contre les Allemands en Italie depuLi la Noël de l'an 9M jusqu'au mois de mai de Tannée suivante ; succès, puis retraite d'Otbon. — Les bostilités ss poiir> suivent après son départ. — Pandolf e Tète de Fer, chef des troupe)« allemandes , est bstta et pris S0U.S Bovino, — Marche en avant de.1 Grecs victorieux. — Leur retraite. — Koavesaz stiooàs des Aile* mands. — Ils battent cruellement, en avant d'Ascoli, les Byzantins sou.» le commaadMDeot d'Abdila.

Aussitôt après son retour de la frontière de Bulgarie et l'envoi de l'ambassade de Kalocyr, le Basileus s'était, disent les chroniques, remis à présidera nouveau les fêtes et les jeux de l'Hippodrome. Cette indication est vraisemblablement assez inexacte. Il est peu probable, en tout cas, que cette période de repos, ou du moins de détente relative, ait duré longtemps pour l'actif souverain, et cet hiver de 907 à 908 dut encore se passer pour lui dans des anxiétés sans cesse croissantes. En dehors de la désaffection populaire toujours plus marquée et des soucis que lui causaient tant les affaires bulgares que les négociations avec les Ross si imprudemment attirés par lui au delà du Danube, deux grandes questions occupaient alors toutes les pensées de Nicéphore : les préparatifs de rexi)édition suprême qu'il organisait pour assurer l'annexion définitive de la Syrie et cette ruine totale des Hamdanides, rêve ardent de son règne, et la lutte d'influence

EiirEtiSL'u urz.iNTar.

qu'il devait soutenir contre le nouvel empereur germanique en Italie. Cette lutte depuis peu, avait pris de jour en jour un degré plus marqué d'acuité; même elle allait bientôt se traduire par de véritables actes d'hostilité fort menaçants pour la sécurité des dernières possessions grecques dans la Péninsule. Il est temps que je fasse le récit de cet état de choses, qui ne laissait pas que d'inquiéter très vivement la diplomatie byzantine.

L'Allemagne, on le sait, était, en ce temps, gouvernée par un de ses plus grands princes, l'illustre Othon T', dit le Grand, second souverain de la maison de Saxe, proclamé roi de Germanie, à vingt-quatre ans, àAix-la-Chapelle, dans Tété de l'an 93G. Jen'ai pas à raconter ici ce que cet homme avait fait déjà pour la grandeur de sa patrie , ses guerres heureuses, sa victoire célèbre du Lechf eld sur les Hongrois en 955 , victoire qui sauva l'Europe. Je parlerai uniquement de la politique suivie par lui en Italie, seule région où des intérêts et des appétits connnuns pouvaient à cette époque mettre violemment en contact le roi de Germanie et le Basileus oriental. Dans une première expédition inaugurée à l'automne de l'an 951, Othon avait pris pour la première fois pied dans ce pays. Sous prétexte de protéger les droits de la jeune et belle reine Adelheid, fille de Rodolphe II de Bourgogne, veuve du roi Lothaire, après avoir épousé cette princesse à Pavie, il avait forcé Bérenger II, marquis d'Ivrée, devenu roi d'Italie, ou, comme on disait alors, de Longobardie, à la mort de ce même Lothaire, à se reconnaître son humble vassal. Lui-même avait pris pour son compte, à Pavie , ce titre de roi d'Italie , sans cependant qu'il y eût eu élection ou couronnement véritable. A son retour en Allemagne, au Reichstag solennel tenu à Augsbourg en 952, en présence d'une immense et brillante assemblée, parmi laquelle figuraient des ambassadeurs de l'empereur d'Orient Constantin VII, il avait reçu le serment des princes longobards , Bérenger et son fils Adalbert , pour le royaume italien, et leur avait remis un sceptre d'or en guise d'investiture.

Neuf années plus tard, Othon avait été rappelé dans la Péninsule par les plaintes des seigneurs et des évêques italiens , le suppliant de

les (k'li\ iti lie ralTreuse tyrannie de ce môme Bërenger, de en femme

la reine Willr'i. «'t <!•' «>?i f'1< 1.- v.<. ,■,...,] .,>; T,.. rn,,ir.iiN Octavi«'îî f^^^

statues peintes et dorées de l'empcreLr Othon I" le Gmixl, et de w» première femme E.liUi. mort» en M7, «ai MaMV l'autel d'une chapelle de la cathédrale de Magdebourg; d'après l'oarr^ge de M. de II«-(ii. r Altcoeek iBtttalé : Timtffn dei chrUUiehen ÀfUtelaltert.

d'Albéric et de Marosie , pape sous le nom de Jean XII , cet étonnant pontife, guerrier et viveur, à peine arrivé à ITige d'homme, le plus étrange des papes de cet étrange dixième siècle, avait joint ses am-

r.so UN KM PEU EUR BYZANTIN

l.Mssailrurs A ceux de la noblesse et du clergé de son pays. Le souverain ,i;viniaiii(iue, qui noumssait dès longtemps le grand projet de lotauier une fois de plus à son profit l'empire d'Occident, et d'étendre sa seuverainetésur toute la Péninsule, s'était mis en route, après de vastes préparatifs, au inois d'août de l'an 9(51, pour cette seconde descente au delà des Alpes. La reine Adelheid l'accompagnait. C'était juste l'époque oi\ Nicépliore Phocas, alors généralissime de Koniain II, venait d'achever la conquête de l'île de Crète.

OtlioH n'avait pas eu de peine à détruire à son profit la puissance de lîérenger-, il avait mis la main surtout son royaume, c'est-à-dire sur la haute Italie tout entière, puis était allé se faire couronner eml)ereur à Rome par Jean XII, le dimanche 2 février 1)G2, au milieu ries témoignages d'allégresse que lui prodiguait le peuple romain, 'i'rès rapidement toutefois les choses avaient changé de face. Comme Othon était retourné au nord de l'Apennin pour organiser l'administration de ses nouvelles conquêtes, surtout pour en finir avec les dernières résistances de Bérenger et des siens, retirés dans leurs châteaux forts, Jean XII, regrettant déjà d'avoir appelé les Allemands dans la Péninsule, voyant qu'il s'était bien imprudemment donné un maître tout-puissant, avait refait alliance avec le roi-marquis Adalbert, le hardi et belliqueux fils de Bérenger, réfugié à Rome, ainsi qu'avec tous les autres ennemis d'Othon. Il s'était efforcé d'exciter contre le césar germanique les hostiUtés les plus lointaines, et n'avait pas craint d'envoyer des aml)assades jusqu'à Const-antinople ^ comme auprès des Hongrois, pour ameuter aussi bien l'empereur d'Orient que ces barbares contre le nouveau maître de l'Occident. C'était la grande lutte pour le pijuvoir civil et religieux qui commençait entre le pape et l'empire. Otlioii, qui avait assiégé et pris en été de 962 la femme de Bérenger, la courageuse AVilla, dans son château insulaire du lac d'Orta près de Novare, avait tenu sa cour tout l'hiver durant à Pavie. Puis il

1. Ces amhas.-adems pontificaux h Con.-taiitinople. Tévêque Léon de Velletri et le cardinal diacre Jean, ne purent accomiilir leur mission. Leur voyage fut interrompu dès le début à Capoue, où ils furent retenu- de force. U en fut de même des ambassadeurs porteurs des lettres du pape pour les Hongi-ois. Du re>ti', les circonstances étaient telle- à Byzance à ce moment qu'il est peu probable que les envoyés di' l'ni'C y eu-^sent reçu un accueil favorable.

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