ÉMAIL CLOISONNÉ BYZANTIN DU X' SIÈCLE
(COUVERTURE d'ÉVANGÉLIAIHE) COXSERVÉ DAXS UN TRÉSOR D'ÉGLISK A MUNICH.
(scène pe la crucifixion.)
D'après l'ouvrage de M. de Hefner-Alteneck : Trnchlm rlP" chrixtlkhen MlttelnVers.
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s'en était allc au i.iiiiL(jin[K. de IHJ.i, au mois de mai, à la tête .1.-. troupes de renfort qu'il avait reçues d'Allemagne, attaquer W-rvu^vi eu personne, qui se maintenait obstinément dans l'imprenable fortens^. de Saint-Léon, près de Montefeltro. 11 assiégeait vainement r.-tic place depuis plusieurs mois lorsque, sur des nouvelles de plus en plus inquiétantes concernant les agissements du pape et du parti d'Adalbert, il avait dû se décider à retourner une fois encore à Rome.
Laissant une partie de ses forces devant Saint-Léon, Othon marcha au commencement de l'automne sur la cité pontificale. Comme il
Denier d'argent du pape Jean XII frappé & Rome. Ce denier, qui porte le seal nom du pape, a Hé ttapçi arant M*. date dn couronnement de l'empereur Othon à Rome.
arrivait dans les premiers jours de novembre sous les murs de la ville, Jean XII et son allié le roi Adalbert s'enfuirent en hâte. Il fit son entrée au milieu de l'enthousiasme du peuple romain, qui lui jura « de ne plus jamais élire de pape que d'accord avec lui et son fils ». Une assemblée de nobles et d'évêques tant italiens qu'allemands, réunie dès le six novembre dans Saint-Pierre , déposa, dans les premiers jours de décembre, en présence de l'empereur ' , du clergé et du peuple romain, le pape Jean XII, qui avait refusé par deux fois de venir se disculper (la seconde fois les envoyés du synode le trouvèrent chassant), et élut à sa place au trône pontifical l'honnête et énergique protoscriniaire Léon, sous le nom de Léon VIII. Parmi les griefs invoqués pour perdre Jean XII, en dehors de son alliance avec Adalbert contre l'empereur, on lui rei)rocha : de s'être donné au
1. Les Romains ne pouvant comprendre le saxon parlé par l'cmperenr, celui-ci dut k- f.iire «upi.l.^r par l'cvêque de Crémone, Luitprand, dont il va être tant parlé dan» U suite de cette hmtoirr. et qui fut son orateor dans cette assemblée célèbre.
r,ft2 i:X EMPEIlEUll lîYZANTIN
(li;il.I(> et d'avoir bu à sa santé, d'avoir célcbré la messe sans s'être ].n'alal)leni('iit purifié parla confession, d'avoir conféré les ordres à un (liacre dans une écurie, d'avoir pratiqué la simonie, d'avoir nommé à l'évéclié de Todi un enfant de dix ans , d'avoir fait du palais du Latran une maison de filles, d'avoir entretenu de nombreuses maîtresses, d'avoir fait aveugler, nmtilcr ou emprisonner une foule de |)rélats, d'avoir chassé, d'avoir porté l'épée, le casque et la cuirasse, d'avoir au jeu des dés invoqué l'aide de (( Junon, de Vénus et des autres dénions )).
Presque au même moment, Saint-Léon vint enfin à succomber. Bérenger, devenu prisonnier d'Othon, fut définitivement déposé et conduit à l^amberg, en Bavière, avec sa vaillante compagne; il y mourut peu après, dès le mois d'août 90G. Othon se trouva de ce fait le maître à peu ])rès incontesté de toute l'Italie du nord.
Dans la portion centrale de la Péninsule, les choses allèrent beaucou}) moins bien. Dès le 3 janvier 964, Othon avait eu à réprimer une révolte terrible de la portion du peuple romain demeurée favorable au jiape déposé. Les durs guerriers saxons et bavarois, tom})ant sur les rebelles, '( comme le faucon sur une troupe de petits oiseaux », en firent une horril)le boucherie. Les impasses, les égouts de la ville sainte regorgèrent de cadavres. Puis l'empereur, quittant Rome, prit la route de Spolète et de Camerino, à la poursuite d'Adalbert, qui persistait dans son indomptable résistance. Mais, cette fois encore, des nouvelles de la plus extrême gravité l'arrêtèrent subitement. Jean XII, qui s'était depuis sa déposition tenu caché dans la campagne de Rome, rappelé i)arses partisans, avait réussi, grâce aux intrigues de ses anciennes maîtresses, à rentrer dans sa capitale et à chasser Léon VIII. Déj:\ il se livrait contre les prélats du parti opposé, tombés entre ses )iiains, aux plus affreuses vengeances, lorsqu'il expira subitement, le 14 uiai,(run couj) d'apojjlexie suivant les uns, assassiné, suivant d'autres^ dans un rendez-vous galant. La faction hostile aux Allemands, très nombreuses Rome, lui donna aussitôt pour successeur le diacre IV'iioit, ein(iuième pontife de ce nom. Othon, qui, avec des renforts rerus d'Allemagne, avait lebroussé chemin vers le sud, refusa de le
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reconnaître et vint une foi» de plus niettn
Toute la campagne environnante fut horribleiiu
leur énergique résistance, Ik-noît V et ses parti.si4u>, pouhsctj par la
plus dure famine, durent ninrir, le 2'\ iuin, ' ■ * '. ja ville
éternelle.
Dans une assemblée solennelle des évêques au Latran, le maliieureux Benoît parut en suppliant sous le costume pontifical. En présence de l'empereur, son compétiteur Léon VIII lui brisa sa crosse, lui arracha ses vêtements de sa propre main. Puis on l'exila à Hambourg, sur l'Elbe lointain, Léon VIII redevint pape incontesté, tt l'empereur, satisfait de cette complète victoire, reprit aussitôt le
Denier d'ai^nt pontifical frappé en 963 ou 963. à Rome, an nom et à t'cfflgie d'Otiiou I" arec le Bon éa paf
Jean XII au revert.
chemin de la haute Italie. La peste y décima cruellement son armée. Dès les premiers jours de l'an 905, il rentrait en Allemagne après un séjour de près de trois ans et demi en Italie. Partout on lui fit une réception enthousiaste. Ce fut l'heure la plus glorieuse de son règne. A ce moment, la puissance des anciens rois d'Italie se trouvait entièrement abattue. Toute la Péninsule, depuis les Alpes juscju'aux frontières des thèmes byzantins dans l'extrême sud, obéissait A Othon, soit directement soit indirectement par les liens du vasselage ; même les Vénitiens lui envoyaient d'humbles ambassades. Seul, l'opiniâtre Adalbert, réfugié en Corse, ne désespérait pas de reprendre bientôt la lutte.
Cependant, dès le mois de mars de cette présente année 965,1e pape Léon VIII vint à mourir. Othon fit élire i\ sa place, le 1" octobre seulement, une de ses créatures î\ lui, Jean, évoque de Narni, sous le nom de Jean XIII. Mais la faction contraire réussit déjA à renverser n nouveau pontife le 16 du mois de décembre. Enfermé au château
Saint-Ange, puis dans une forteresse de Campanie, il put se sauver à Capoue auprès du comte Pandolfe. En même temps, l'infatigable Adalbert, toujours errant, sorti de sa retraite de Corse, avait reparu en Italie. Il s'y trouva bientôt k la tête d'un parti nombreux rapidement reconstitué en haine des Allemands. Ses progrès furent même si prompts qu'il fallut envoyer contre lui Bourkard, duc d'Alemanie, un des meilleurs capitaines impériaux. Dans un combat livré, le 25 juin, sur les rives du Pô, les rebelles subirent un échec complet. Wido', frère cadet d' Adalbert, fut tué. Lui-même dut se réfugier précipitamment dans les monts lombards, où il se tint caché, continuant à intriguer contre l'empereur.
L'expulsion du pape Jean XIII et les troubles suscités en Lombardie par le parti d'Adalbert, surtout le désir d'étendre sa puissance plus au sud en Italie, déterminèrent Othon à descendre pour la troisième fois dans ce pays. Dès que les soucis de l'Etat lui en eurent laissé le loisir, il mit ce projet à exécution. Vers la fin de l'été de 966, suivi d'une forte armée, il franchit le Spliigen ". Tout céda devant lui. Adalbert, toujours indomptable, dut fuir encore plus loin. Le jour de Noël, l'empereur se trouvait à Kome, où l'avait précédé de quelques semaines le pape Jean XIII, ramené dans sa capitale par un soulèvement populaire. Le comte Pandolfe de Capoue l'accompagnait à la tête de contingents nombreux. Les représailles commencèrent sur l'heure. Elles furent cette fois terribles. Le pape et l'empereur se montrèrent impi- ■ toyables. Tous ceux qui avaient prêté la main au renversement de Jean XIII furent punis des plus barbares châtiments. On pendit ime douzaine des principaux citoyens, presque tous décurions ; on en mutila d'autres; on déterra les ossements de ceux qui étaient morts. Le préfet de la ville, Pierre, fut suspendu par les cheveux au cheval de bronze de la statue de Marc Aurèle, promené nu sur un âne à travers toute la cité, la face tournée vers la queue de l'animal, battu de verges, puis exilé en Allemagne. Très peu parmi ces malheureux purent