‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 168 sur 237 · Le Septimer · texte numérisé non relu

Le Septimer

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échapper. Un cependant, le consul Hugues, dit la chronique de la Gava, réussit à fuir chez les Grecs, probablement dans une des ciU^s byzantines de l'Italie méridionale, preuve qu'alors déjiV le gouvernement impérial d'Orient accueillait favorablement les ennemis d'Othon. Le» progrès de celui-ci en Italie, surtout son couronnement à Rome comme empereur préoccupaient singulièrement cette soupçonneuse et inquiète diplomatie byzantine.

Dans le mois de janvier, une grande assenjblée des évèques d'Italie et d'Allemagne fut tenue en présence du pa[M et de l'empereur. Cette fois on vit figurer parmi les principaux assistants à ce synode solennel un nouveau vassal italien de l'empire germanique, le fameux Pandolfe de Capoue, dit Tête de Fer. Othon l'avait récompensé de l'hospitalité donnée à Jean XIII par l'investiture des marches de Camérino et de Spolète. Le rude guerrier, héros de cent combats, relevait en réalité de l'empire d'Orient, mais il n'avait pas hésité î\ rompre des liens de suzeraineté fort illusoires pour en contracter de plus sérieux avec son nouveau voisin, bien plus redoutable pour lui «lur le lointain Basileus des Grecs. Othon, qui, en qualité d'héritier de Charlemagne, prétendait à la suzeraineté de tout l'ancien duché de Bénévent, sur les débris duquel s'étaient formées les principautés longo bardes de ('apoue et Bénévent, et de Salerne, acquit de la sorte un hardi vassal dont le brillant courage allait jouer dès lors un rôle inappréciable autant que prépondérant dans tous les combats contre les Grecs. La marche de Spolète, première défense de Rome contre une agression venant du sud, ne pouvait être confiée à plus vaillantes mains. Les autres princes longobards, Gisulfe de Salerne et Landolfe de Bén.'v. nt, le frère de Pandolfe, suivant l'exemple du seigneur de ('apoue, rompirent également leurs relations avec l'empire byzantin pour reconnaître l'autorité du césar teuton. Landolfe fut le premier à se déclarer. Gisulfe ne se rallia que plus tard et beaucoup moins sérieusement.

Après avoir poussé jusqu'à Bénévent où il reçut pré^cisément l'hommage de Landolfe, Othon, accompagné du pape, repassa j\ Rome, puis se rendit par Spolète à Ravenne, où il célébra les fôtes de Pâques, le 31 )nars. Les deux hauts personnages firent long séjour dans cette vilK-

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et 3' tinrent une importante et brillante assemblée de l'Eglise et de la noblesse. Othon y apparut bien en véritable et tout-puissant suzerain de l'Italie, semblant uni au pape parles liens de la plus étroite amitié. C'est là qu'il lui fit don de Ravenne et de son territoire. En même temps, il cherchait a s'attacher par mille concessions les seigneurs et barons du nord et du centre de la péninsule. Le jour de Noël de cette même année 967, Othon, le fils qu'il avait eu d'Adelheid, âgé d'environ quatorze ans, fut solennellement couronné par le pape dans l'église vaticane. Son père avait été le chercher jusqu'à Vérone. A trois milles de Rome, les sénateurs de la ville éternelle étaient allés à la rencontre des deux empereurs avec des croix, des bannières, et des chants d'allégresse.

En appelant à lui en Italie son fils préféré et son héritier présomptif, en le faisant ainsi couronner de son vivant, Othon obéissait surtout au grand dessein de toute sa vie, la reconstitution de l'empire d'Occident. Si beaucoup avait été déjà accompli par lui dans ce sens, si du côté du nord, les Hongrois, les Danois, les Slaves avaient été battus, domptés ou chassés par ses armées, si l'Italie septentrionale et centrale était définitivement tombée sous sa loi, du côté du sud de la péninsule tout était encore à faire. Pas un évêque de l'Italie méridionale n'avait figuré à la grande assemblée de Ravenne. L'Apulie et la Calabre étaient aux mains des Byzantins. La Sicile appartenait aux Sarrasins, ces mortels ennemis du Christ, qui, de ce camp retranché, menaçaient incessamment de leurs incursions terribles tous les rivages chrétiens. De même qu'il avait vaincu, soumis ou refoulé les barbares du nord et ceux de l'est, de même Otlion le Grand r<>vait de chasser du territoire de l'ancien empire romain ces Infidèles maudits. Maintenant que l'Italie était pacifiée, c'était une des tâches qu'il avait à cœur d'accomplir. Mais il lui fallait de toute nécessité pour cela s'entendre avec les Grecs, encore trop puissamment établis en Italie pour qu'il pût les négliger ou agir en dehors d'eux. Comment en efî'et arriver à une action décisive contre les Musulmans de la Méditerranée sans l'appui de cette autre grande puissance qui disputait au nouvel empire germanique la possession de l'ancien monde, bien qu'elle eût avec lui des intérêts communs contre les Infidèles? Surtout, comment

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agir en dehors d'elle, alors qu'elle tenait encore la plupart de» vilIeH fortes de l'extr^'niitv de la p<f>nin8ule, base d'opérations indispeiiBable pour toute action contre la Sicile sarrasine ?

Othon nourrissait donc ce premier d<!;8ir de se concilier l'alliance de l'empereur d'Orient dans ses plans futurs contre les enfanta de Maho« met. Mais il en avait un second d'un ordre moins dc^'sintéresfk^*, qui lui tenait certes beaucoup plus k cœur, encore bien qu'il allât précisément t\ rencontre du premier. Lui, qui, sous son sceptre de fer, tenait les neuf dixièmes de la péninsule italique, souffrait impatiemment que le dernier dixième lui échappât de par droit de possession byzantine. Il voulait bien reconnaître que la Grèce et l'Asie appartenaient au Basileus d'Orient, mais en Italie, il se considérait résolument comme l'unique héritier de Rome, et ne pouvait supporter de voir â Bari, comme dans vingt autres forteresses d'Apulie ou des Calabres, flotter encore l'étendard des Basileîs grecs. Comment imaginer que deux empereurs pourraient subsister côte à côte en Italie? C'était là ])our lui une illusion fantastique.

Donc Otlion convoitait ardennnent la possession des thèmes byzantins, seule fraction de la péninsule qui échappât â son autorité. Certes, ces pauvres thèmes d'Apulie et de Calabre, mal protégés, si éloignés de leur base de défense naturelle, semblaient une proie facile pour celui qui avait vaincu les Hongrois et triomphé de l'opiniâtre résistance du roi Bérenger. Il paraissait même possible que l'empire d'Orient renonçât à les revendiquer sérieusement. Mais comment espérer obtenir ensuite l'alliance du Basileus de Constantinople contre les Sarrasins, si on commençait par le dépouiller de ses forteresses italiennes? Il n'y fallait pas songer. Et puis, malgré tout, c'était lA une campagne difficile à entreprendre, entremêlée de sièges nombreux et longs. En un mot, c'étaient de grands risques à courir. Tout cela méritait réflexion.

Il existait toutefois un moyen unique, mais tort simple, de luui r..iicilier : c'était de reprendre cette vieille et traditionnelle politique matrimoniale qui, plusieurs fois déjà, avait rendu de signalés services à la puissance des souverains germaniques. On pouvait rechercher la

UN EMPEREUK BYZANTIN

mainde quelque princesse l)yzantine pour l'iiéritier présomptif d'Othon. Celle-ci apporterait en dot les thèmes grecs d'Italie, et l'alliance entre les deux empires serait ainsi consolidée à la plus grande gloire et au plus grand bénéfice du césar occidental. C'était là le rcve tant caressé par Otlion et par son conseiller principal, le fameux Luitprand de Crémone; c'était pour associer plus intimement son fils à cette politique, surtout pour avoir le jeune prince sous la main, que l'empereur avait mandé celui-ci en Italie.

Malheureusement tout contrat réclame l'assentiment des deux parties, et Othon, jusqu'ici aussi heureux négociateur qu'il était guerrier intrépide, se heurta à des difficultés qu'il ne pouvait ni prévoir ni conjurer. C'est que toute cette combinaison, qui eût peut-être facilement abouti avec un empire d'Orient affaibli , avec un Constantin VII sédentaire et pacifique, ou un Romain II uniquement préoccupé de ses plaisirs, ne se trouvait plus de mise aujourd'hui que régnait au Palais Sacré de Byzance un souverain comme Nicéphore Phocas, plus jaloux que qui que ce fût des droits de sa couronne, plus résolu qu'aucun à les défendre au prix des plus grands sacrifices. Si l'empire d'Occident relevé par l'épée du valeureux Saxon avait fait en si peu de temps des progrès de géant, il en avait été de même de son voisin l'empire d'Orient, depuis qu'au gouvernement des Constantin VII et des Romain II avait succédé l'administration énergique d'un des plus guerriers souverains du dixième siècle. Les deux monarchies avaient grandi concurremment. Dans les premières années de son règne, Nicéphore avait été presque complètement absorbé par ses terribles guerres contre les Sarrasins de Syrie. Il avait dû assister muet et rongeant son frein aux empiétements successifs d'Othon, à son couronnement à Rome, à toute cette constante marche en avant des Allemands vers le sud. Maintenant précisément que lui se trouvait moins pressé en Asie, l'empereur d'Allemagne semblait plus que jamais convoiter le midi de la péninsule italienne. C'est ce que Nicéphore était résolu à ne tolérer en aucune façon , pas même au prix de la plus honorable alliance.

Oui , c'était bien dans cet extrême sud de l'Italie que les intérêts des

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deux empires paraissaient appelés à se heurter le plus violemment. J'ai parlé des aspirations d'Otlion. Je dirai maintenant les griefs de Nic('-

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Ivoire de la collection Trivulce, à Milan, rejinisentniit le d'après l'ouvrage intitulé : Gt»chiehU drr lUti

pliore, et l'on verra s'ils étaient nombreux et importants, et combien toute conciliation par le mariage, telle qu'Otbon la rêvait, était vraiment impossible avec un prince belliqueux, hautain, obstinément attaché au relèvement de son empire, comme l'était l'empereur actuel d'Orient,

surtout avec la haine invétérée que la nation grecque tout entière portait aux Occidentaux. Avant tout, comment Nicéphore et ses sujets auraient-ils pu voir sans une irritation profonde Othon le Grand venir à Rome pour y relever la couronne impériale? Ce titre d'empereur qui, dans leur idée, était la propriété exclusive des successeurs de Constantin, se trouvait de ce fait restauré, ô honte, au profit d'un de ces rois barbares d'Occident, auxquels l'altière diplomatie byzantine s'était jusqu'alors obstinément refusée d'accorder d'autres honneurs qu'au plus obscur principicule du Caucase ou de l'Arménie! Et voici que, non content de cette usurpation abominable, insupportable à ces âmes toutes gonflées d'un séculaire orgueil, Othon avait, eu franchissant les Alpes, déclaré siennes toutes les terres d'Italie jusqu'aux thèmes de Fouille et de Calabre. Or, si l'empire d'Orient avait perdu depuis des siècles toute autorité effective sur ces provinces de Lombardie, de Toscane ou d'Ombrie, il n'en maintenait pas moins obstinément, incessamment, ses prétentions sur elles, prétentions qu'il regardait comme basées sur l'histoire même du monde. Car celle-ci se confondait pour lui avec celle de l'empire romain, dont il se considérait comme l'héritier unique, imprescriptible. En prenant violemment possession des cités de l'Italie septentrionale et centrale, Othon avait tout simplement fait acte de spohation odieuse à l'endroit du grand, du seul véritable Basileus. Puis l'impudent Teuton n'avait pas craint de se conduire en maître dans Rome même ; il avait mis la main aux choses de l'Eglise, fait et défait des papes. Il ne cachait même pas son intention de restaurer cette papauté dans toute sa splendeur du siècle précédent, au détriment de celle du patriarche de Constantinople, de rétablir par tous les moyens sa prééminence sur celui-ci. Cette prétention, jointe à celle de faire sacrer les empereurs par le pape de Rome, froissait tout particulièrement l'orgueil byzantin, fort surexcité, je le répète, depuis les grandes victoires des armées de Nicéphore. Mais ce qui, peut-être, en ce moment irritait le plus vivemnnt le Basileus de Constantinople, c'était l'attitude incroyal)lement insultante pour lui qu'avaient prise Othon et le pape dans leurs rapports avec les princes de Capoue,de Bénévent, et de Salerne. La dé-

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fection de ces petits souverains, si voisins des («ost ssiuus bysuintines, souverains que des liens devassiilité parfaitement autlientiques auraient (lu retenir dans la dépendance de l'empire d'Orient, avait ^«t^* la ffoutt»' d'eau taisant déborder le vase, d'autant qu'Othon allait jusqu'à soutenir ouvertement les prétentions de ses nouveaux alliés sur certains districts limitrophes qui se trouvaient à cette heure encore aux mains des Grecs. L'alliance étroite de ces princes avec l'empire germanique et la papauté, la protection dont Othon les couvrait avec ostentation, comme si l'empire d'Orient n'existait même plus de nom, étaient absolument insupportables à Nicéphore, qui brillait de punir ceux qu'il appelait brutalement ses esclaves révoltés. Certes, leur trahison, jointe aux récents désastres de l'expédition de Manuel en Sicile, n'était pas faite pour redonner quelque prestige au nom byzantin dans le sud de l'Italie, et Nicéphore sentait bien que c'en était fait des possessions grecques en ces parages s'il ne parvenait à tirer vengeance d'aussi insolentes provocations '.

Telle était la situation réciproque des deux empires. En réalité, il n'existait entre eux que haine séculaire, animosité mortelle, mépris réciproque. Cependant les nécessités mêmes de la politi(iue imposaient certains ménagements. Des ambassades avaient été échangi'es et s'échangeaient encore entre les deux cours. Une chronique latine signale à la grande assemblée de Ravenne de 967 la présence d'ambassadeurs grecs apportant des présents et venant demander à Othon de la part de leur maître « paix et amiti< \ Il est probable que Nicéphore ne s'était décidé à cette démarche qu'à la suite de la déroute de son armée et de la destruction de sa flotte en Sicile. Nous connaissons mal la réponse qui fut faite à ces envoyés, mais il semble

1. Voyez, dans les Byzant'mai Mtletai de M. Zami>cliox, une page curieuse (p. 60y>Mtf) iiirU absolue oi"i se trouvait l'empire d'Orient de conserver à tout prix pied d.ii« l'IUlia méridioDate, «mu peine de passer & l'état de puissance de second rang, de voir s'effondrer «on hégémonie nuritlne jo«que-là justement incontestée dans la Méditerranée, et cela au plus ample profit da celle de Tcoi** naissante, de voir enfin ses rivages du Péloponése comme de l'Adriatique livrés «an» défenae aux attaques du premier venu.

2. Vraisemblablement, déjà alors, malgré la forme aimable de eet échange de bons ptoeédéa oOeidi, le peu endurant Nicéphore avait dû recommander à sfs enroyés de réclamer da oéear genMBiqaeiae renonciation formelle à ses prétentions de suzeraineté sur les principautés de O^poM H de Bénéfeat.

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,|n"oii ail ('i(' sur !<■ point de s'eiiteiulre, puisque Otlion, qui leur avait l'.'iii hoii .•icciicil, iiisislaiit sur son ardent désir de vivre en paix avec l'riiipcicur d'Orient, expédia à son tour presque aussitôt après un aiiiliassadeur à Nicépliore, chargé précisément de lui proposer cette alliance (pii lui tenait si fort à coeur, d'une princesse byzantine avec riiéritierde la couronne d'Occident. La jeune fille, dont le prince allemand demandait ainsi la main, était Tliéopliano, une des sœurs des ])etils empereurs r)asile et Constantin, née comme eux du mariage de Romain II avec Tliéopliano. Tout ce que nous savons de cet ambassadeurd'Othon, c'est (ju'il était vénitien et s'appelait Dominique. Il traversa l'Adriatique, chargé pour Nicéphore des plus rassurantes [>rotL'stations de son maître.

A ce moment, paraît-il, le Basileus avait, sur la nouvelle qu'Otlion continuait, malgré ses assurances pacifiques, à masser des troupes sur les frontières des thèmes italiens, quitté sa capitale avec des l'orces nombreuses, pour se rapprocher, lui aussi, du théâtre des événements '. Dominique le rejoignit en Macédoine. Quelques ligues du récit de Luitprand faisant allusion à cette rencontre sont tout ce (pie nous savons de l'entretien qu'eut l'envoyé d' Otlion avec Nicéphore. On verra, lorsque j'en serai à reproduire ce récit de révê«jiie de Crémone, que les deux parties, malgré force démonstrations aftectueuses, cherchèrent surtout à se jouer l'une l'autre. Le Vénitien en particulier, outrepassant ses instructions, fit au Basileus des concessions (pii durent par la suite être désavouées, lui garantissant au nom de son maître la paisible possession de tous les territoires actuellement aux mains des Byzantins en Italie. Nicéphore, ([ui semble avoir été pour cette fois complètement dupe de ces assurances, regagna de suite sa capitale. En définitive, il ne résulta de

1. L iinifiuc allusion h ce départ de Nicéphore pour aller prendre en personne le commandement de l:i ''u>'rii' contre les Allemands se trouve contenue dans deux phrases de lui à l'évêque Luitprand (^vojez paires i..)l et ().'!i)). A\i moment de parlii' pour la guerre de Sj-rie, nous le voyons se plaindreàce dernier d eu avoir été empécliélan d'.iuparavant par la nécessité de marcher contre r empereur Othon. Comme il était deja en Maceiloine, dit-il, il rencontra Fenvoyédu césar allemand, qui, par ses assurances pacifiques, le decidi au retour. i'roI)ublenicnt Nio'phore avait pris la route de terre pour aller s'embarquer pour Bari

)it à^'a

sou à>aniiactc, soit dans

lehiiie port de la cùtc de l'Epire. Cette expédition avortée doit se placer

en l»i;7, probablement après la démonstration de l'armée byzantine sur les frontières de Bulgarie.

cette nouvelle négociation aucune entente efticace, et, dès avant les

fôtes (le Noël de celle année 907, rajiil»as.sadcur trotlion t'tail dr retour auprès de son niaîtip ^;ui-> mnH'iMT, hélas, av«'r lui la fiaiuée

X)U>EREt-B BTZAXTIN.

r,94 UN EMPEREUR BYZANTIN

tant désirée. En vrai Byzantin toutefois, Nicépliore avait tenu à ne pas rompre entièrement avec Othon, et sur les pas mêmes de Dominique, nous allons voir arriver de. nouveaux ambassadeurs grecs chargés d'apporter à la cour germanique des assurances amicales, et se disant désireux de poursuivre les négociations.

Il est, malgré cela, fort probable qu'Otlion conçut de l'insuccès de son ambassade et de toutes ces lenteurs une irritation singulière et qu'il fut ainsi très facilement poussé à tenter l'étrange agression dont je vais faire le récit, agression qui semble si complètement en désaccord avec la politique de transactions pacifiques jusque-là poursuivie par lui dans ses rapports avec l'empire byzantin.

Aussitôt après les grandes fêtes célébrées à Rome en l'honneur du couronnement de son fils, Othon était parti pour le sud avec sa femme, l'impératrice Adelheid. Pandolfe Tête de Fer, qui avait pris sa part des réjouissances romaines, le précédait. Le couple impérial fit un premier arrêt à Capoue, auprès de ce 'fidèle vassal. Othon s'y occupa activement de renforcer son autorité dans le sud de la péninsule. C'est là également qu'il reçut les nouveaux ambassadeurs de Nicéphore, fort hauts personnages, paraît-il, c( ambassadeurs du roi de Constantinople, )) suivant l'expression même d'une lettre d' Othon à ses sujets qui nous a été conservée \ c( venus, dit-il, pour implorer de nous la paix d. Ceci paraîtra bien extraordinaire de la part d'envoyés de ce Nicéphore si altier, si peu accoutumé à plier. L'empereur d'Orient cherchait vraisemblablement seulement à gagner du temps. Otlion, qui, dans la suite de sa lettre, parle du mariage de son fils avec la princesse grecque comme d'une chose à peu près décidée, s'était fait une fois de plus illusion. En fin de compte, cette ambassade, à l'exemple des précédentes, demeura encore sans résultat. Les négociations prirent même très rapidement une tournure irritante, très probablement à propos de la fameuse question des vassaux longobards,etnous voyons presque aussitôt l'empereur allemand, furieux d'a-

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