‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 170 sur 237 · V/.\MI · texte numérisé non relu

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vues avec le Basileus ou ses ministres se termina par les plus violentes récriminations mutuelles ; enfin, après quatre mois du plus odieux séjour, il repartit ayant complètement échoué dans sa mission ; le voyage même de retour fut semé de toutes sortes de misères. Le dépit amer, la colère, le ressentiment profond que le pauvre évêque éprouva d'une pareille aventure, se sont traduits dans son récit par des jugements pleins de haine, d'une sévérité excessive et certainement tort exagérée A l'endroit de l'empereur Nicéphore, de sa cour et de son peuple. Le bilieux ambassadeur se venge de tous les affronts reçus à Byzance en nous faisant du Basileus et de ses conseillers le tableau le plus noir et le plus chargé. Ces portraits sont certainement exacts dans leurs contours généraux, mais la colère a aveuglé l'écrivain à un point extraordinaire dans l'exposé des détails. 11 ne faut donc accepter que sous bénéfice d'inventaire ses perpétuelles injures à l'endroit de tous ceux auxquels il a eu affaire à Constantinople.

Un exemple donnera la mesure de cette exagération : le portrait physique tracé par Luitprand de Nicéphore est, dans ses grandes lignes et ses caractères principaux, d'accord avec celui que nous en a donné un autre contemporain, Léon Diacre, celui-ci fort bien disposé pour le Basileus'. Seulement , dans sa verve âpre autant qu'imagée, le pauvre souffre-douleur du Basileus s'est vengé de l'accueil que lui fit ce rude soldat en nous donnant de son personnage, qui n'était certes ni agréable ni élégant, une description tellement poussée au noir qu'il a dépassé le but et nous a ainsi transmis une charge de l'empereur et sa caricature au Heu d'un croquis tant soit peu sincère. En place de nous produire un Nicéphore fort laid, il est vrai, mais point repoussant, physionomie brutale et sauvage mais pleine d'ardeur guerrière, respirant une indomptable énergie, il nous présente un magot grotesque que notre héros n'était certainement point -. Ces réserves faites sur ce grave défaut, bien explicable après l'accueil reçu par l'écrivain et du reste tout à fait en rapport avec la brutale franchise de l'époque et la

1. Voyez le curieux paraUèle établi par Kœpke entre ces deux portraits, à la page 34 de son livre, cité dans La note de la page GOO.

2. a Ce n'est pas sur le portrait satirique que Luitprand fait de Nicéphore, dit fort justement Lebeau, mais sur les actions de ce dernier, qu'on doit juger de son caractère. »

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haine nationale Lutie < >< « identaux et Byzantins, on peut consid/Ti-T il uiK nlani^re générale les renseignements fournis jMir Luitpraml comme étant d'une exactitude remarquable.

Je prends le récii 1' l'éveque de Crémone à son <l«'!'iii iiimii«-. I! ne nous a fourni aucune indication sur les circonstances de son départ d'Italie, ni sur les péripéties de sa route jusqu'il Constantinoplc. Seulement, par certains détails qu'il nous donne à propos de son voyage de retour, nous savons qu'il dut passer déjà alors parCorfou et i)ar Patras *. Sa narration commence au moment même de son entrée dans la car-itale d'Orient, aux premiers jours de juin de l'an '.MiS. Je rappelle qn moment Nicépliore se trouvait fort gravement préoccupé de divers côtés. Les affaires de Bulgarie le chagrinaient grandement ; il redoutait le retour très prochain de Sviatoslav et de ses terrilijts ' s'apercevait un peu tard de l'orage redoutable qu'il avait s r

la frontière du nord. En même temps il poussait av< <• la plus extrême activité les préparatifs de cette expédition suprême (ju'il estimait nécessaire pour faire tomber les dernières résistances des Arabes de Syrie et consolider ses conquêtes de ce côté. Enfin et surtout les progrès incessants d'Othon en Italie, ce titre d'empi icur .jue, non content de le prendre pour lui-même, le césar germanique venait de faire ronférer à son fils t\ Rome, la récente et inqualifiaMc a-ressi. m des guerriers teutons contre Bari, l'avaient rempli i\ la fois décolère et d'inquiétude. Il brCdait de tirer vengeance de ce souverain barbare, de ce misérable roi des Germains qui jouait au Basileus, qui se permettait de traiter en pays conquis cette péninsule italienne, première et i»lus illustre province du vieil empire romain dont lui, Xicéphore, était l'héritier légitime ; il s'indignait affreusement à la pensée que ce Teuton ne craignait pas de prendre pour lui-même er tin. >,iri. -l'empereur qui convenait aux seuls descendants de Constantin; et |M.urt.ini. s. vuvant déjà toute la Scythie et tout l'Islam sur les bras, il hésitait -i r.nuyv définitivement avec ce troisième .t >i redoutable voisin. Toutes les .u-

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