‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 172 sur 237 · Éd. Bonn, p · texte numérisé non relu

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lueura invisible et se fit suppléer par le curopalate, son frère. Celui-ci, à ce que nous apprenons, remplissait à cette époque une des principales fonctions de l'État, celle de grand logothcte du drôme, chargé des relations étrangères. Ce manque d'égards indisposa fort l'irascible prélat. L'entrevue fut orageuse et prit immédiatement un caractère d'irritation et d'hostilité très marquées. Elle se passa du reste tout entière à préparer l'audience impériale du lendemain et à ergoter sur le titre par lequel Othon serait désigné dans les conférences. Léon s'obstina à lui refuser formellement celui d'empereur, par conséquent de Basileus, réservé, affirmait-il insolemment, au seul souverain de Constantinople '. 11 offrait seulement de donner à Othon celui de p-/]| ou roi, par lequel les Byzantins étaient accoutumés de désigner la majorité des princes barbares leurs voisins. L'injure était directe et les envoyés latins protestèrent bruyamment. Le curopalate, de son côté, se levant avec brusquerie, interpella l'évêque avec la dernière brutalité, l'accusant de n'être venu en Orient que pour discuter et non pour traiter sérieusement de la paix. Il coupa court à l'entretien et refusa même dédaigneusement de prendre de ses mains les lettres d'Othon. Ce fut le c( mégalodierménevte », ou grand interprète, qui dut les recevoir. On se figure la déception et l'irritation de l'orgueilleiix Luitprand. Il n'est pas étonnant qu'il nous fasse de son désagréable interlocuteur et de sa fourberie habituelle le plus vilain tableau. De son physique il ne dit rien, sauf qu'il était de taille haute, à l'inverse de son frère. Au moral, c'était un fourbe, affectant une fausse humilité, « un roseau cassé qui eût percé la main à qui eût voulu s'appuyer dessus ' ! » Ainsi se termina, sous les plus fâcheux auspices, cette première entrevue, destinée surtout, je le répète, à régler le cérémonial du lendemain.

Ce lendemain donc, dimanche 7 juin, fête de la Pentecôte, Luit-

1. C'est peut-être dans cette prétention que se révèle plus ouvertement le sentiment vrai de Nicéphore et de ses conseillers. Ce qu'ils ne pouvaient pardonner à Othon, c'était d'avoir pris ce titre d'empereur réservé au seul souverain de Byzance. Pour eux , il n'y avait toujours qu'un empire et qu'un empereur, l'empereur romain, l'empereur unique, universel, mieux encore, Vempereur tout court. Tous les autres souverains de la terre pouvaient tout au plus aspirer au titre de roi.

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