‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 181 sur 237 · Metastatis, déplacement, 3 Voy. page · texte numérisé non relu

Metastatis, déplacement, 3 Voy. page

serment la promesse solennelle que son maître renoncerait à ce titre et à ses prétentions sur les thèmes italiens comme d'ailleurs à tout ce qui pourrait porter ombrage aux Grecs. Il réclama avec véhémence l'accomplissement de ces engagements, dont il offrait de produire la preuve écrite. Il exigea enfin derechef que le souverain d'Occident remît en sa main Bénévent et Capoue, dont il s'obstinait à traiter les princes de vassaux révoltés et de serviteurs rebelles. Rien n'indignait plus cet homme si imbu du principe de son omnipotence, que cette persistance que semblait mettre Othon à soutenir contre lui la résistance de ces personnages. Il termina en affirmant quelque peu légèrement, il me semble, que ces princes l'avaient fait supplier de les recevoir à merci, mais qu'il refusait d'y consentir, voulant leur faire sentir toute la gravité de la faute par eux commise, ayant du reste chargé ses généraux d'Italie de leur faire éprouver le poids de sa colère.

Luitprand, se retranchant derrière le texte très précis de ses instructions écrites et scellées , se refusa absolument à souscrire à ces demandes, affirmant que si les ambassadeurs précédents avaient promis davantage, c'est qu'ils avaient tout simplement outrepassé leur mandat. Cette fois encore, il s'en tint là obstinément. Nicéphore, plus que jamais à bout de patience, dut interrompre l'entretien.

L'évêque de Crémone, de plus en plus souffrant, aurait voulu rentrer chez lui. Force lui fut d'assister encore au banquet du jour. Il y vit, cette fois, le fameux guerrier Bardas Phocas, le père de l'empereur, âgé de quatre-vingt-dix ans. Il en paraissait bien cent-cinquante, tant il était décrépit, et cependant les chanteurs officiels, dans leurs acclamations, lui souhaitèrent longue vie comme à son fils, ce pourquoi Luitprand se gausse des Byzantins. Il est probable cependant qu'en pareille circonstance on eût fait exactement de même à la cour de Germanie. Durant ce repas, le Basileus, se fit lire ' une homélie de saint Jean Chrysostome sur les Actes des apôtres. Cour bizarre où de telles lectures alternaient le plus naturellement du monde avec les jeux les plus profanes et les exercices des baladins indous !

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