I. Vny. p. Cl
-'. l-iiiti.r,iii(l va jii-iii'ù diic que, dan-; aate éventualité, les sub.^ides envoyés par renipereur à Adal-
Al DIXIÈME SIÈCLE. 035
ordoimail eu outre (^u'AdaUjeit, durant le temps que dureraient les hostilités, serait retenu sous bonne garde, comme otage, à Hari. ( 'Votait bien vraiment U\ un procédé pratique et tout byzantin pour se procurer des garanties contre toute traliison de cet intime allié. Le frère d'Adalbert, Conon, était désigné j)our le suppléer A la t«^te de ses contingents aux côtés des généraux byzantins.
La flotte, portant les renforts grecs pour l'Italie, quitta donc, le dimanche 19 juillet, le mouillage de Constantinoplc pour cingler vers l'Occident. Nous ne savons pas exactement ce qu'il advint de cette expédition, dont l'arrivée sur les rivages de Pouille n'est mentionnée dans aucun autre document contemporain. Très probablement ce furent là les troupes qu'Othon eut à combattre dans sa campagne du sud que je raconterai plus loin, campagne qui suivit immédiatement l'échec de l'ambassade de Luitprand.
Le lendemain de ce jour, le lundi 20 juillet, Nicéphore, h la veille de son départ pour l'armée d'Asie, fit une fois encore comparaître devant lui le pauvre envoyé. C'était jour de fête en l'honneur du ravissement au ciel du prophète Elie, « solennité, s'écrie Luitprand, que les Grecs frivoles ont coutume de célébrer par des jeux scéniques (sic) » (l'éveque de Crémone taxe ironiquement de représentations théâtrales les plus solennelles fonctions de l'Église grecque).
A voir ces audiences si fréquentes en même temps que cet accueil si peu courtois, à voir ce constant besoin de conférer contrastant avec l'irritation mal déguisée de chaque entretien, on devine aisément le trouble grave dans lequel l'attitude agressive d'Othon en Italie avait plongé la cour byzantine. On en voulait profondément au césar germanique ; on éprouvait le besoin de se venger par mille vexations à l'endroit de son ambassadeur des ennuis que l'on éprouvait par sa faute ; mais, en môme temps, je le répète, on ne ix)uvait se décider A rompre définitivement avec un adversaire aussi redoutable ; on ne pouvait se résigner à ne plus compter absolument sur le prestige réputé in-
bert devaient être également remis à OthoD, mais cette affirmation est Traiment par trop inTraifem» blablc.
infaillible de la toute-puissance impériale ; on espérait toujours, à force de raideur et de menaces, arriver à en venir à bout de l'envoyé de ce souverain barbare assez osé pour vouloir grandir à côté du Basileus très glorieux. A cette audience du 20 juillet, Nicéphore fit part à Luitprand de son départ imminent pour l'Asie. c( Je vais combattre les Sarrasins impies, dit-il, à l'évêque, et non point porter l'épée contre des chrétiens comme ton maître n'a pas craint de le faire contre moi. L'an dernier déjà, comme j'allais attaquer les infidèles habitants de la Syrie, j'en fus empêché par la nouvelle que ton empereur s'apprêtait à envahir, les armes à la main, mes provinces d'Italie. Je dus modifier brusquement mes plans et me retourner contre lui. C'est alors qu'il m'envoya une ambassade sous la conduite du Vénitien Dominique, lequel me rejoignit en Macédoine et réussit, à force de promesses fallacieuses et d'assurances amicales, à me calmer assez pour me décider à rentrer dans ma capitale, me jurant que son maître ne nourrissait à mon égard que des sentiments pacifiques. Tu vois comme il m'a audacieusement trompé. »
Quelque temps encore Nicéphore donna libre cours à ses récriminations passionnées. Il termina ce violent discours en donnant enfin son congé définitif à Luitprand. La joie de l'ambassadeur fut inexprimable. Quand bien même il avait si complètement échoué dans sa mission, il n'en était pas moins très heureux de quitter cette ville maudite. Il se garda bien, du reste, de montrer son allégresse au Basileus. « Porte mon ultimatum à ton maître, lui dit celui-ci, et reviens-nous vite avec une réponse favorable )). Comme l'évêque, toujours courtisan, protestait du désir qu'il avait de reparaître ainsi au plus tôt à Constantinople, son attitude piteuse contrastait si fort avec ses paroles, que Nicéphore se prit à rire de bon cœur. Cette fois, en effet, peut-être à cause de la joie qu'il éprouvait à rentrer en campagne contre les Sarrasins tant de fois battus par lui, le vieux guerrier se trouvait par hasard de bonne humeur, et, comme Luitprand, après l'avoir adoré suivant la coutume en se prosternant jusqu'à terre à ses pieds comme s'il eût été un simple courtisan palatin, prenait congé de lui, il le retint de force à dîner. Le gourmand prélat, qui attache une si grande impor-
■01 r Kl
tance A toutes ces questions de table et dY»tiquei.., . ,..; ,lev une fois encore raconter à l'empereur et à l'impératrice que lus mets assaisonnés d'aulx et d'oignons eussent été excellents s'ils n'avaient été absolument empoisonnés par l'horrible mélange des sauces à l'huile et du garon. Cette fois pourtant, il ne dit rien du vin de la table impériale.
Luitprand saisit cette occasion pour supplier le liasiitus <ra;rréer enfin les présents qu'il était chargé de lui remettre de la part de son maître, présents que Nicépliore s'était jusqu'ici obstinément refusé à recevoir. Le prélat si prolixe oublie d'ailleurs de nous dire si sa requête fut cette fois mieux accueillie. Hélas, il a surtout négligé de nous raconter, ce qui nous eût si fort intéressés, en quoi consistaient ces présents du prince saxon au Basileus d'Orient : probablement de somptueux joyaux d'un goût barbare, décorés luxueusement de putes de verre et d'émaux primitifs, des manuscrits richement enluminés, écrits sur vélin en lettres de pourpre et d'or, des armes, des étoffes, peut-être des friandises, des confitures et des parfums.
Les convives s'assirent comme d'habitude à de longues tables droite», fort étroites, dont ils occupaient un seul côté. La description qu'en fait Luitprand n'est pas claire; une moitié seulement de la largeur était recouverte d'une nappe '. L'incorrigible Nicépliore recommença presque aussitôt à se moquer des Francs. « Sous ce nom, nous dit l'évêque, il entendait désigner à la fois les I^atins et les Teutons ». Il interrogea Luitprand sur sa résidence épiscopale. Lui saisit avidement cette occasion de faire preuve de quelque érudition. Il parla doctement du bel Éridan, le roi des fleuves italiens qui arrosait Crémone. Il recommanda sa chère cité A la clémence de Nicéphore
PK'l»t liOiii do X* ilècta. WtmqoM «la SAiat-CléflMBt dt Boa«b