‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 194 sur 237 · Voyez page 6G · texte numérisé non relu

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•2. Luitprand vécut probablement jusqu'en Tan 972. L'empereur Othon ne lui surrécat qm de qMl>

ques mois.

époque de ces thèmes byzantins si complètement précisés de Longobardie ou d'Apulie et de Calabre. La vérité est que nous n'en savons presque rien. Une nuit profonde voile l'histoire intime de toute cette contrée durant cette longue période. Sauf quelques faits de guerre, nous en sommes presque réduits à des conjectures.

On sait que, depuis la perte de la Sicile, Byzance ne possédait plus en Italie que les deux étroites provinces ou thèmes de Longobardie et de Calabre représentant : l'une l'Apulie ou Fouille avec la terre d'Otrante et tout le pays au nord de la Sila, l'autre le pays au sud de celle-ci jusqu'à Messine. La plus grande partie de ces territoires avait été reconquise sous Basile P"", vers l'an 885, peu avant la mort de ce grand prince, par son illustre lieutenant Nicéphore Phocas, grandpère de notre empereur, et par ses fameuses légions pauliciennes , débris des Manichéens de Téphrice. Les thèmes de Longobardie et de Calabre, qui devaient être réunis au siècle suivant sous le commandement unique d'un catépano, haut fonctionnaire d'ordre militaire, étaient, à l'époque où nous sommes, placés encore, chacun, à l'exemple des autres thèmes impériaux, sous l'autorité suprême d'un simple stratigos.

Le thème de Longobardie ou d'Apulie avait Bari pour ville principale ; c'était alors encore la principale place de guerre des Byzantins en Italie; là débarquaient d'ordinaire tous les secours expédiés de la capitale, grandes expéditions ou simples renforts annuels ; là résidaient le plus souvent non seulement le stratigos du thème, qui habitait aussi alternativement Rossano et Tarente, mais tous les hauts fonctionnaires d'ordre civil ou militaire envoyés en mission dans la péninsule. Le thème de Longobardie comptait beaucoup d'autres villes fortes ou de simples kastra : Brindis; ou Brundasium, Tarente qui se relevait à peine de ses ruines, Rossano, citadelle fameuse, un des principaux centres helléniques de la région, Otrante qu'on appelait encore Hydruntum, Gallipoli, etc.

Reggio ou Rhegion était la capitale du thème de Calabre et la résidence de son stratigos. Parmi les villes murées de cette province, je citerai Crotone, cité très fidèle, à population entièrement grécisée, un

Célèbre reliquaire de la Vraie Croix de Limbourg, exécuté sur l'ordre de« «apereon Romain «tConstantt a, T«f«W.O«tt«Mrfmli»W>»«wat de l'émaillerie byzantine du x" siècle, rapportée de Conatantinople après Ui crdiwle do i2o4 et B:itn foi* r.)i«eïT*« à W«itto«ff4M« !• »!*«» des duc8 de Na-ssau, porte également le nom du fameux parakimomènc et proèlrc I "«li> UeÊ^m» (yvjm {■(• fMV

(Face intérieure de la boite). — Comme on l'a dit fort bien, un dcMin, si exajt q« li d'une œavre pareille, puisqu'il supprime le coloris qui en ftdt tout le cliarme.

(les plus importants foyers de l'hellénisme en ces parages, citadelle puissante dans une situation excellente, constamment défendue par une forte garnison, jamais prise par les musulmans d'Afrique ou de Sicile, ce qui constituait une exception presque unique, puis Santa Severina', nid d'aigle presque imprenable, cité métropolitaine, patrie du célèbre pape d'origine grecque Zacharie, puis Policastro au nom purement byzantin, une des dernières villes de Calabre qui tinrent pour les Grecs lors de la conquête normande, puis Squillace, Katasaron (ou Catanzaro) fondée vers cette époque même du dixième siècle, avec la localité voisine de Rocca Nicephoro, puis encore Vivona, ou plutôt Bibona, comme on disait alors, Tropea, Messiano, Mileto, qui date aussi du dixième siècle et qui dut probablement sa fondation {\ des colons asiatiques du thème d'Anatolie.

Ces malheureuses provinces byzantines d'Italie, si exposées par leur situation à tous les horribles dangers des invasions et des déprédations musulmanes, avaient été forcément et presque de tout temps bien négligées par les Basileis. Incessamment pillées et ravagées par les Sarrasins, pressurées par leurs stratigoi avides qui, tous, songeaient, durant leur courte et violente administration, bien plus à s'enrichir par toutes sortes d'exactions qu'à tenter de restaurer l'ordre et la tranquillité parmi leurs administrés, défendues par des armées mercenaires presque aussi redoutables pour les habitants paisibles que les Sarrasins eux-mêmes, ces deux belles provinces de Fouille et de Calabre comptaient certainement vers le milieu du dixième siècle parmi les plus infortunées régions de ce monde.

« C'était, dit M. Fr. Lenormant -, quelque chose d'effroyable, à ce moment, que les guerres entre Byzantins et Sarrasins dans l'Italie méridionale, et chacun des deux partis semblait prendre à tâche de ruiner et de dépeupler le pays qu'ils se disputaient. Le fanatisme religieux s'unissait chez les musulmans à la soif du pillage pour les pousser à des dévastations sans nom dans les provinces chrétiennes du continent qu'ils n'espéraient pas conquérir. Toutes les barbaries semblaient

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