La Grande Grèce, 1. 1, pp. 341 sqq
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Keliqiiaire de Umbourg. (Voyez pftj.'e 669.) (Coorercle de fai boite.)
BMPEREUE ItYZANTIN.
des prêtres, des moines ; elle nous montre ces Grecs d'Occident, ces nouveaux Hellènes des Calabres, malgré toutes ces épouvantes, tendrement, obstinément attachés à leur mère patrie, à cet empire d'Orient qui peut si peu de chose pour leur venir en aide, à ce Basileus qui, si souvent, ne semble plus même songer à eux, participant avec ardeur au mouvement intellectuel et littéraire de la capitale, se réclamant constamment, courageusement, opiniâtrement de leur qualité de Byzantins '. Ils ne parlent que grec ; leurs moeurs, leur religion sont grecques. Toutes ces anciennes Eglises latines ne connaissent plus que le rite de Byzance et relèvent passionnément non du pape de Rome, mais du patriarche œcuménique de Constantinople.
<( Cette vie de saint Nil, le grand apôtre byzantin d'Italie, dit encore M. Lenormant, est vraiment admirable, et je me sentais gagner par l'émotion en écrivant quelques-uns de ces épisodes. Au point de vue historique, je ne crois vraiment pas me tromper en disant que rien ne nous fait pénétrer d'une façon aussi vivante dans l'existence de la population de la Calabre au dixième siècle. On y voit combien cette province était devenue grecque de langue et de religion, après plusieurs siècles de domination byzantine. Sous ce rapport, il faut faire cependant une différence entre la Calabre et la Fouille. L'ancienne Apulie opposa, dans les premiers siècles du moyen âge, une résistance grande aux tentatives de grécisation dont elle fut l'objet. La Calabre, au contraire, à travers tous ses malheurs, se montrait très remarquablement attachée à la couronne de Byzance , et pendant plusieurs siècles on n'y vit qu'une rébellion sérieuse, celle qui eut lieu sous la régence de Zoé. 3)
1. Sur cette admirable, complète et seconde grécité de l'Italie méridionale sous les Basileis du dixième siècle, sur la façon dont ces provinces redevinrent de nouveau et pour fort longtemps une véritable Grèce occidentale, une Grande Grèce comparable à celle du septième au cinquième siècle avant l'ère chrétienne, sur les moines byzantins, sur ceux de l'illustre ordre de Saint-Basile principalement, ([ui, à la suite des i)ersécutions des empereurs iconoclastes, devinrent les ardents missionnaires de cette grande transformation, voy. surtout Fr. Lenormant, L% Grande Grèce, t. II, pp. 372-433, t. III, pp. 185, 244, etc., et le très curieux petit volume publié à Athènes en 1864 par M. Zampélios sous le titre iV Ilalohellcnika. La civilisation de ces thèmes italiens était plus avancée que nous ne serions tentés de le croire. MM. l'abbé Duchesne et Bayet ont retrouvé les traces d'une école calligraphique fort importante établie à Reggio de Calabre au X« siècle. (Mission au Mont Athos, Archives des .Missions, 3= série, t. III, 187G, p. 435.) Voyez les nombreuses peintures byzantines de l'Italie méridionale, du X" siècle en particulier, décrites par M. Diehl diins un curieux article du Bulletin de Correspondance hellénique, t. IX 1885 p. 21G. ' '
AU DIXIÈME SifeCLE. «75
Mallieureu8einent pour l'histoire du règne tle Xicéphore Pliocas, (lui seule nous occupe ici , bien que la vie de saint Nil «e soit prolong<*e bien au delà de celle de cet empereur, puisqu'il ne mourut qu'en 1005, à Tusculum, âgé de quatre-vingt-quinze ans, tous les événements liiHtori<jueH principaux auxquels ce saint homme fut mêU', qui sont rapportés dans sa biographie, sont ou antérieurs ou plus rarement [)Ostérieur8 i\ ce petit espace de l'an 963 i\ l'an DGD. Aucun ne s'est passé durant le temps si court. Ce document ne peut donc nous renseigner que d'»me mani^Te très approximative sur l'état de l'Italie méridionale pendant ce peu d'années; surtout il ne nous donne aucun fait vraiment nouveau \)0UT cette période, hélas! si désespérément pauvre en indications de quelque sorte que ce soit.
Né en 1)10, Nil avait déjà cinquante-trois ans à ravènement <!•• Nicéphore. Après avoir traversé les plus étranges vicissitudes dont son biographe fait l'attachant récit et qui en apprennent bien long sur cette époque de fer, il était A ce moment et depuis quelques années déjà higoumcne, dans sa ville natale, du célèbre monastôre de Sauta-Maria de! Patir, dont on aperçoit aujourd'hui encore les bâtiments à demi ruinés à peu de distance de Rossano '. Sa réputation de piété et de sainteté était depuis longtemps universelle ; on venait de toutes parts le consulter. Une ère de paix relative avait reparu, on le sait, depuis peu , entre Sarrasins et chrétiens. Les malheureux thèmes italiens avaient respiré un peu plus paisiblement durant quelques années. Puis était venue la fameuse rupture avec le Khalife de Kairouan et l'expédition malheureuse de Manuel et de l'eunuque Nicétas en Sicile, terminée par les désastres de Rametta et de Messine. C'est à la suite de cette guerre et à l'occasion de la paix nouvelle conclue i>eu après avec Mouizz ', que Nicéphore Phocas, dont l'admirable énergie était bien à la hauteur de toutes les circonstances et s'employait avec une égale activité aux extrémités les plus opposées de son immense empire, semble avoir plus particulièrement porté son attention sur ses provinces d'Italie et tenté un effort suprême pour les réorgajiiser, pour
1. Voyez Fiibi-e, U Liber Ceiisiium, ]^. 23. col. 1, note ."î.