Op. cit., i». I4t
•2. L;i chronique de Saleriic dit, au contraire, que les Allemands ne purent prendre Bovino. Voyez, du reste, page 088.
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ces points, Othon, devenu le maître de tous les territoires du centre, coupait en deux les forces byzantines, isolant les villes calabraises de celles des Fouilles, empCchant tout secours de passer d'un côté à l'autre. Il pouvait après cela procéder i\ son gré A l'attaque successive des cité» de cliaque rivage, attaque, il faut se le rappeler, qu'il ne pouvait songer à entreprendre par mer, n'ayant pas de flotte capable d'entrer en lutte avec les clielandia byzantins et de bloquer ou d'enlever ces fortes cités qui avaient nom Ikri, Otrante, Reggio ou Tarente.
Cette prise de possession de l'intérieur du pays semble n'avoir guère rencontré de résistance de la part des Grecs. Se sentant inférieurs en nombre, ils se tinrent longtemps et prudemment enfermés derrière les remparts des forteresses de la côte. Les Allemands imrent à leur gré porter le fer et la flamme par toutes les plaines de l'Apulie '.
La tactique d'Othon était fort entreprenante ; il fallait unegramii; vaillance pour se hasarder ainsi à travers ce vaste dédale de vallées abruptes et de cimes inaccessibles qui constituent à peu près uniquement le sol des territoires dont il semble s'être emparé. Mais la hardiesse, l'audace obstinée dans l'accomplissement de ses projets, étaient parmi les qualités dominantes de ce grand prince. Il s'avança jusqu'en Calabre. Le 11 avril 969, nous savons qu'il célébra les fêtes de Pâques sur le territoire de cette province, et, dans un document daté du 18 de ce même mois, il annonce à ses peuples qu'il campe en ce jour « dans la plaine, à mi-chemin entre Cassano et la Roche sanguinaire, et qu'il y délivre au nom de ses droits impériaux des ordonnances et des lois à tous ses fidèles Calabrais, A tous ses Italiens, A ses Francs et à ses Allemands ».
Chose singulière, c'est à ce moment même oh. tout semble avoir jusqu'ici réussi à l'empereur d'Occident que nous le voyons soudain rebrousser chemin, sans qu'on puisse deviner exactement la cause de ce
1. La principauté de Salerne fut également ravagée i-. ...i, -- le prince Gi«ulfc, qui, j o*<j ne- lA, avait refusé de prendre vraiment parti, fut forcé de se rallier pour un tempe, en apparence du moins, à l'empereur d'Allemagne.
f,s8 rX K.MrKllKLli BYZANTIN AU DIXIEME SIECLE.
l»riis(HR' c-li.'iii^cincnt. Il venait cependant, nous Tavons vu *, d'imposer j>ai- Corée son alliance à Gisulfe de Salerne; il n'avait donc rien à re- (louliT de ce j)rince et ce ne pouvait être la crainte d'une défection de ce cote' ([ui l'oblio-eait ;\ remonter ainsi vers le nord. D'autre part, Pandolfe, le prince de Capoue, lui était entièrement dévoué; ce hardi sei<!:neur taisait même, je l'ai dit, campagne à ses côtés, et nous allons le voir combattre les Grecs à la tête des soldats germaniques. Le plus jtrobable est que l'approche des grandes chaleurs de l'été força la majorité des guerriers du nord à la retraite, et aussi que l'empereur, considérant la partie la plus pénible de la campagne comme terminée, rappelé par les soins à donner au gouvernement de son immense empire, crut pouvoir abandonner à ses lieutenants la tâche de consolider les succès acquis, en attendant qu'ils fussent en état de s'emparer du reste de la contrée. Mal lui en prit ainsi qu'on va le voir.
Donc, dès la iin d'avril, Otlion d'Allemagne, après avoir passé tout l'hiver à guerroyer avec ses Teutons en Fouille et en Calabre, reprenait la route du nord de l'Italie. Le 28 avril il avait déjà dépassé Ascoli. ]jQ !''■ mai il campait devant Bovino qu'il ne put prendre. Il quitta alors le territoire grec. Un peu plus tard on le trouve en Romagne, à Conca, au sud de Rimini, puis en Lombardie. L'armée d'occupation, ou plutôt le corps de troupes peu nombreux chargé par lui de l)Oursuivre les opérations contre les Grecs, fut mis sous le commandement du prince de Capoue. Le fameux Tête de fer, terreur des Infidèles comme des Byzantins, accourut aussitôt de Bénévent, oîi il avait été rappelé par la mort de son frère Landolfe. Il avait réussi {\ y faire passer la principauté de celui-ci sur la tête de son propre fils, également nommé Landolfe. De cette manière, il se trouvait nuiintenant réunir sous son autorité la majeure portion de l'Italie centrale, depuis Caniérino et Spolète jusqu'à Bénévent. Toutes les routes importantes étaient en sa main. C'était, après l'empereur son suzerain, le j^us puissant seigneur d'Italie, le plus redouté des Grecs et le plus haï par eux. On le voit, ce n'était pas un vassal à dédaigner,