La Hazart des Croisades
2. n se jette dans l'Euphrate non loin de Membedj, qu'il laisse au nonl-e»t.
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(.,,,ili-,. t,,iil.' V('\;ili<)ii (le la |»aii de ses anciens coroligioiiriaircs. Les wfiis (rAlcp seiaieiil tenus de restituer aux Grecs leurs esclaves fugitifs, laiit rvu\ (le reli i;-i()n niusulniaue que ceux qui étaient baptisés. i)<'l'ciise ('tait laite de leur procurer les moyens de se cacher. La sonnne à i(''claniei- coiuuie indeuniitc de capture pour les fugitifs de religion sariasine ('tait stipulée en monnaie byzantine : tant pour un eselavc mâle retrouv(', tant pour une femme, tant pour un enfant. Si le iiio|)ii(''taire de l'esclave ra])atrié se trouvait dans Timpossibilité d'ac- «piittcrla somme lixée, l'c'mir n'avait le droit que d'exiger pour les frais de rapatiiement une sonnne minime iixée à trois deniers byzantins. (,^)nant aux esclaves clnvtiens, ils devaient être restitués sans (]u'il pût V avoir lieu à mie indemnité quelconque; seulement l'émir aurait encoi-c ici droit à trois deniers par tête pour ses frais. Tout voleur rél'ugié sur terre musulmane devait être incontinent livré aux commandants impériaux des postes frontières. Tout commerçant grec voyageant dans la principauté avait droit à la protection des autorités locales. Tout espion nnisulman devait être aussitôt arrêté et chargé de chaînes. Les Sarrasins, dans toute l'étendue de la principauté, ne pouvaient ni construire de forteresses nouvelles ni détruire celles qui existaient; seulement ils étaient autorisés à réparer celles-ci, et a rclcvei- celles (jui avaient été abattues.
liCs Sarrasins d'Alep ne pouvaient se donner à aucun émir musulman, ni s'adresser par écrit à aucun en dehors de Kargouyah et de lîakgour. Après la mort du dernier de ces deux personnages, ils ne ])ourrai('nt ni choisir un émir étranger ni implorer l'aide de leurs coi-eligiomiaires voisins, mais seraient tenus d'obéir au seul nouveau souverain (pie leur désignerait le Basileus en exécution du présent contial.
Les églises clm' t iemies ])ourraient être partout relevées. Patrices et prelal< liy/antins seraient partout reçus avec honneur. Pour la percrptioii i\f< dîmes et des droits de douane, les agents du Basileus et ceux de 1 émir et de H'ikgour opéreraient en connnun afin d'éviter tout conflit. Lo.«^ marchandises dont la dîme devait être réservée au s. ni r.aHkus étaient désignées comme suit : tous objets d'or et d'ar-
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gent, ('tofles «^^recques de soie, soies !»rute«, picrrcH pn^cieuses, gemmes, perles, ^'toffes l>roch(^'e8 d'. les collecteiin* de Kargouyah, puis, après la mort de celui-ci, ceux de Bakgour, auraient droit de dîme exclusive sur les matières que voiii : ('toffes et lingerie ordinaires, bétail et autres grosses marchandises. A la mort de Hakgour, ce dernier revenu aussi retournerait au Basileus. Tout. qu'une caravane de marchands du pays de Rouin serait signait t >e dirigeant sur Alep, le serwar ou chef de poste j\ la fronti<'re al»'*pitaine, serait tenu d'en informer par écrit l'émir, lequel aviserait i\ la faire recevoir et convoyer par ses hommes à lui. Que s'il arrivait qu'elle fût pillée sur le territoire de la principauté par des liédouins ou autres sujets musulmans de l'émir, ce dernier aurait à payer tous les dégâts.
Ce curieux traité, le plus honteux peut-être qui ait jamais été imposé par les chrétiens aux Sarrasins, fut donc signé dans Alep, vers la fin de l'an 1)09, ou les premiers jours de l'an 070. Le rédacteur en avait été un certain Tahir, Ilachimite. Kargouyah, lîakgour et de nombreux slieiks et anciens d'Alep apposèrent leurs signatures au contrat. Ce document porte en outre celles de divers autres citoyens de la ville, qui avaient été livrés aux Grecs comme otages garants (lu traité. Ce sont tous des personnages importants mais d'ordre varié : loumn, un des gardes de Kargouyah, un marchand d'épices, le frère d'un marchand de bois, etc., etc. Nous ignorons quels furent les signataires du côté des Byzantins, probablement le seul stratopétlarque, auquel lécrit contenant le texte du traité fut remis en mains propres.
Apres cela, dit la chronique de Kémal ed-Din, les lîyz.nitins s'.-n allèrent et Kargouyah avec lîakgour régnèrent sur Alej).
Quant à Saad Eddaulèh, il ne devait, nous l'avons vu, rentrer que bien plus tard dans sa capitale. Il mourut de paralysie en l'an 991, (c pour avoir trop aimé une de ses quatre cents femmes ».
Donc les efforts opiniâtres, incessants, de Kicéphore avaient fini par produire des résultats merveilleux. Antioche apjiartenait aux Grecs, et Alep était leur humble vassale. Des bords Ar h 'Vb-'î»' '•■.•'«'■«• p.^r-
734 UN EMl'EllEUll BYZANTIN AU DIXIÈME SIECLE.
dessus les crêtes du Liban jusqu'aux rives du lointain Euplirate, toute la Syrie oliéissait de nouveau au Basileus, et les soldats du Christ tenaient garnison dans ses forteresses innombrables. Partout, sur cette immense frontière, les armes sarrasines reculaient incessamment devant les Byzantins sans cesse plus audacieux \ Dans toutes les cités musulmanes les vrais croyants versaient des larmes amères '. Il n'était question que des projets redoutables de l'invincible Nikfour, qui ne parlait de rien moins, disait-on dans les carrefours de toutes les bonnes villes de l'Islam , que de faire disparaître le nom sarrasin de la surface de la terre.
« C'est alors même, dans cet abîme de détresse, s'écrie pieusement le vieil historien Aboulféda, que Dieu se révéla de nouveau aux Musulmans affligés et les délivra soudain d'une si affreuse tourmente. Et cette même année qui avait vu le triomphe de l'empire de Nicéphore, qui l'avait vu dévorer la Syrie tout entière sacrifiée à ses ambitions impies, qui avait fait trembler au seul bruit de son nom tout le monde des fidèles enfants d'Allah, vit ce grand conquérant périr par les embûches d'une faible femme ^ ! ))
1. C'est à cette époque à peu près qu'il] faut i^lacer la prise par les Byzantins de lïmportante place de Manaskerd eu Arménie (voy. Freytag, Gesch. der Dynastie d^r Ilamdaniden, op. cit., t. X, p. 48G, et Syrkow, op. cit., p. 77), et aussi l'arrivée à Constantinople des deux frères Grégoire et Bagrat ou Pankratios, princes de Dâron en Arménie, venus pour faire hommage de leurs principautés au Basileus. Nicéphore les créa patrices et leur accorda pensions et subsides.
2. Le meurtre du patriarche Jean de Jérusalem, brûlé vif par les Sarrasins, et l'incendie du Saint-Sépulcre, représailles terribles, furent, je l'ai dit, l'inévitable contre-coup des victoires chrétiennes. Le patriarche Jean fut, paraît-il, véhémentement soupçonné par les Sarrasins d'être d'intelligence avec le Basileus.
3. Voici un passage de l'historien syrien Yahia qui résume d'une manière saisissante ces terribles campagnes de Nicéphore contre les Sarrasins : «Personne ne doute que l'empereur Nicéphore n'ait conquis la totalité des provinces syriennes, le Diâr Modar, le Diâr Rabî'ah et le Diâr Bekir, et qu'il n'en ait pris possession. En effet, il avait fermement décidé d'envahir la campagne des villes et villages qu'il choisissait, de la ghazzier, d'y répandre l'incendie, d'emmener les habitants en captivité et d'enlever les bestiaux, et, le temps de la moisson venu, de sortir, de brûler toutes les récoltes et de laisser ainsi mourir de faim les habitants des villes. Il continuait d'agir de cette manière à leur égard chaque année jusqu'à ce que la nécessité les contraignît à lui livrer leurs villes. Il se rendit maître par ce moyen de toute» les villes-frontières delà Syrie et du Djezirah; il tua et réduisit en captivité un nombre d'habitants que Dieu seul pourrait compter. C'est au point que ses expéditions devinrent pour ses troupes comme des parties de plaisir, attendu qu'il commettait ses ravages sans rencontrer un seul musulman pour le repousser. Il poursuivit plusieurs fois les Arabes Bédouins et les vainquit ; après ces succès, lis le redoutèrent et n'osèrent plus s'approcher de lui. Il inspira la plus grande terreur aux Musulmans. Personne n'osait se tenir en sa présence. Il soumit la Bulgarie aux Russes et leur délégua son autorité Bur ce pays. Enfin tout était sous sa maiu et il gouverna avec la plus grande habileté et le plus grand succès. Mais lorsqu'il eut le gouvernement et qu'il fut parvenu à l'accomplissement de ses d jsirs, il fut tué.»
GHAPITllK XV
Les Riiases en Bulgarie. — Ils occupent tout le pays au nord du Bail crar Pitrm. —
Avùnement et captivité de son successeur Boris. — Le parti bulgare nui ion il, -ou- le lK*ltadc Bcbi«ebmau et ses fils, se prépare à la lutte imminente avec les Russe*. — Hostilité générale contre Nie»phore. — Nombreux présages funèbres. — Théopliano conspire avec Jean Tzimiscéfl. — Tragi^Uc finale. Assassinat de Nicéphore. — Proclamation de Jean T/imi<cé''. son m«-iirtri(?r et -on Mirc«-iK-ti'.
Nicépliore, de retour de Syrie, était rfiitiv à Constantinoplc vei.s les premiers jours de l'an 969. Ce fut certainement là 1 e|)0(|ue culminante de sa gloire. Sauf en Italie, ses annes étaient partout \i.i.,rieuses. Il semblait vraiment l'unique et tout-iniissant arl)i; monde oriental. Jusqu'ici il avait été presque complètement absorlx' par les affaires de Syrie. A peine était-il de retour au Palais Sacré, que celles de Bulgarie attirèrent k nouveau toute son attention.
La sauvage et conquérante politique du prince des Ross, depuis «pif lui et ses soldats avaient mis le pied sur la rive droite du Danube, allait absolument à l'encontre du but que le Basileus s'était propose'; en l'attirant en ces parages. Nicéphore l'y avait appelé en qualité d'allié et pour préparer en quelque sorte la prise de possession du royaume bulgare par l'empire d'Orient, estimant que ce chef de pillards se considérerait comme amplement payé de sa i>eiue par le sac des villes conquises. Mais nous avons vu que Sviatoslav ne l'entendait point ainsi '. Sans cesse excité par Kalocyr, qui, maintenant, |)Oursuivait presque ouvertement ses scélérates intrigues, le prince des Ross se posa dès son retour en Bulgarie, après la mort de sa mère, dans le printemps de l'an 969, en adversaire déclaré de tous ceu.x des