‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 212 sur 237 · Jirecek, Ge$chkhte der Bulgaren. y. 17. t · texte numérisé non relu

Jirecek, Ge$chkhte der Bulgaren. y. 17. t

(Hait trop bouleversé pour que leur seule venue put ramener rapidement un calme salutaire. Boris réussit cependant, soutenu par Nicéphore, à repousser une attaque du boliade David, le fils aîné du czar Schischman.

Sviastolav occupait tout le nord du royaume. Son armée de soixante mille guerriers avait été réorganisée et exercée à Kiev durant l'hiver précédent. Également plein de dédain pour les Byzantins comme pour le parti bulgare national, il se posait en pur et simple conquérant. « Il considérait, )) dit le chroniqueur grec, (( la Bulgarie comme sa proie enlevée à la pointe de sa lance, et il était venu pour prendre possession de son bien ! »

Lors de la première invasion des Russes, la Bulgarie au nord du Balkan avait cédé presque sans résistance après la première déroute. Cette fois, toute la nation, bien que déchirée par les factions, semble s'ctre levée comme un seul homme contre les envahisseurs. « Sviatoslav, dit la chronique de Nestor, marcha sur Péréïaslavets, et les Bulgares s'enfermèrent dans la ville. Et les Bulgares sortirent pour combattre contre Sviatoslav, et il y eut un grand combat, et les Bulgares allaient vaincre. Et Sviatoslav dit à ses soldats : « Quoi, nous serions vaincus ici ! Frappons bravement, frères et compagnons. » Et le soir Sviatoslav fut vainqueur et prit la ville d'assaut, disant : « La ville est t\ moi. »

Cette première victoire fut suivie de plusieurs autres. Dans toutes les rencontres les Russes, par leur folle impétuosité, earent l'avantage sur leurs adversaires'. Les deux héritiers du trône, Boris et Romain, à ])eine revenus de Byzance, tombèrent aux mains de Sviatoslav, qui, maître d'une grande partie du pays, gouverna par la terreur.

La capitale même du royaume, la grande Péréïaslavets, succomba à son tour. Sviatoslav y laissa un fort détachement sous la conduite de son vieux maître en l'art des combats, le boïar varègue Svienald, « pour garder le trésor royal, qui était tombé entre ses mains ainsi que les

1. Ibn Haukal, le chroniqueur arabe, dit que les Russes dévastèrent une foule de cités, entre autres la lointaine Semendria, « ville entourée de vignobles et habitée par des mahométans, des chrétiens et des Jnifs. »

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deux i)rinces prisonniers, lioris surtout, l'iii-ritier Irgiun*. , j.iun il l)oursuivit sa marche hardie vers le sud. En peu de jours, toute la P.tilgarie au nord du Balkan fut soumise. Alors l'enragé* guerrie i l)rr'ta à passer les monts, sachant bien que de l'autre c6t<5 du Balkan il se heurterait à rem])ire grec; mais que lui importait cet a<lver»aire

y.urt d'iui czar bulgare. Il meurt de douleur ù lu vue de ses guerriers au\<|m-l-< le» Byzaiitiiit out Uit crerer les yeux. Miniature d'un inanu8crit slaTon do U bibliothèque vaticaiie. Vo}-ri p«ge M9.

cent fois plus redoutable que la Bulgarie, à lui qui, comme tous les siens, ne connaissait pas la })eury

(( Et Sviatoslav envoya vers les Grecs disant : -< Je veux aller che/. (( vous et prendre votre ville comme j'ai pris Prn'ïaslavets. i> C'est parce» simples paroles que la chronique de Nestor commence le récit des combats de géants que Russes et Byzantins devaient se livrer pendant plusieurs années ; mais cette narration, hélas, n'intéresse plus l'histoire dv Nicéphore Phocas. Quand, ai)rès l'hivernage obligé, au premier printemps de 970, les terribles bataillons du chef des Ross, franchissant le mont Balkan, se ruèrent sur les cités de Thrace, il y avait plusieurs

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mois que Nicépliore avait succombé sous les coups de ses meurtriers. Ce fut un autre adversaire également digne de lui, Jean Tzimisces, que le prince de Kiev trouva devant lui, lui barrant la route de Byzance !

On le voit, les soucis n'avaient point manqué à l'empereur depuis son retour de Syrie. Cette menace si soudaine, si imprévue, de l'invasion de ces Russes païens dont on se rappelait les assauts affreux sous le règne du défunt Basileus Constantin, avait troublé profondément les esprits à Constantinople. Depuis bien des années on y avait perdu l'habitude de trembler devant d'aussi proches dangers. Aussi la panique n'en fut-elle que plus grande. Comme Nicéphore était encore plongé dans ces préparatifs de défense que j'ai décrits plus haut, dans le courant même du mois de novembre, il reçut la nouvelle de la prise d'Antioche, nouvelle transmise au Palais Sacré avec une rapidité extrême. J'ai dit plus haut le mauvais accueil qu'il fit à cet événement, cependant si heureux pour l'empire, et l'incroyable réception qu'il ménagea aux acteurs principaux de ce brillant fait d'armes ^ . Cela ne fut pas pour lui faire regagner sa popularité à jamais perdue. Au moment même oii ses grandes victoires de Syrie semblaient avoir fait de lui le plus heureux connne le plus triomphant des mortels, au moment où le monde arabe tout entier ne prononçait plus son nom qu'avec effroi, cet homme se sentait environné dans sa capitale et jusque dans son Palais de toutes les haines que son avarice et sa dureté très réelles, sa main de fer, avaient semées autour de lui. Cédrénus et Glycas ne se gênent pas pour dire que le peuple, écrasé d'impôts de guerre, affamé parla cherté croissante des subsistances", désirait ardemment la mort

1. Je répète que Léon Diacre, toujours favorable à Nicéphore, affirme au contraire que le Basileus se réjouit de ce grand succès et remercia Dieu,

2. Ces deux auteurs insistent particulièrement sur ces faits. Ils accusent positivement Nicéphore d'avoir accablé le peuple d'impôts et d'avoir toléré les spoliations éhontées de son frère Léon, qui s'enrichissait, lui aussi, en accaparant les grains, et menait une vie de plaisirs, s'entourant de la pire société. Voyez le dialogue de l'empereur avec ce vétéran gouailleur qui se dit plus solide que jamais malgré l'âge, puisqu'il peut porter facilement pour deux sous d'or de blé sur ses épaules, alors que, dans sa jeunesse, il lui fallait deux ânes pour transporter le grain qu'il payait un sou d'or seulement. Ce récit arrangé est comme un reflet des souffrances qu'avaient amenées ces guerres incessantes qui épuisaient les finances publiques, et aussi la disette, plus cruelle que jamais.

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de Nicéphore. Puis tous ces hauts personnages, tant .1 ollii il•l^ Mipt'. rieurs et de fonctionnaires en disgrilce, ne cessaient d'intriguer cntr. le souverain qui n'avait ])a8 hésité à se priver de leurs 8ervice> ' trouvait ce Basileus insupportable, qui faisait tout par lui-même, qui n'avait pas de favoris, qui cherchait constamment i\ s'isoler, qui haïssait les courtisans, les gens d'intrigue et toute cette tourlie avide sans cesse s'agitaiit aux portes du Palais. Enfin Nicéphore occupait le trône depuis ])lusieurs années déjîi, et l.< impatienta, les ambitieux, trouvaient que c'était bien long.

En un mot la nation presque enti^re, excitée par les moines, (jui ii.us, maintenant à peu près sans exception, le haïssaient', était aujourd'hui ouvertement hostile au Basileus. La crainte de la guerre contre les Russes exaspéra encore plus la foule, qui, on l'a dit fort bien, ne pouvait pardonner aux brillantes victoires de son emiKïnni la misère publique qui en était le fruit'.

Dès le retour de Nicépliop ■!•■ "-^ ri.', on Mvaî' ■ Mminencé h parler

1. Cédrénus est très dur pour Nicéphore. « Tout entier à w* pr. r • • : . pait nullement, dit-il, de faire régner l'ordre et la joittice autour

plaisir aux spoliations et autres vexations de tout genre dont ik>i complice à l'endroit des plus grands comme des plus humbles, n i>«. --^f,. ... . qui avaient le plus directement contribué à sa propre élévation. » Allusion . Jean Tzimiscès en particulier.

a. Les bureaux de la recette des impositions publiques, dit le même chroni<|' ment la visite du Basileus, qui, chaque jour, inventait quelque taxe ou quelque «'< clergé surtout était sa constante victime. — Malgré la terrible disette il ne «nt prt réparatrice ; il n'hésita pas à se faire lui-même accapareur des blés et à s'enrichir <1vanterd'avoir fait doubler le prix du grain. » H y a certainement une très grande ex», ces accusations ; mais l'avarice et l'ftpreté extrémen de Nicéphore n'en demearent acquis à l'hL'itoire.

2. Voyez, page '>35, les causes de cette haine de la classe monacale pour rempereor.

3. « Ledit Nicéphore, » s'écrie l'historien arabe Abou'l Mahâoen, natnreUement hostile. passé les bornes de la tyrannie et de l'impiété, opprimant ses snjetx, oooqaéraat '■ crainte qu'il inspirait régnait dans tons les coeurs, u

On retrouve l'écho obscur mais certain des sentiments itopuLiires à l'endroit de Nic< ; curieux dialogue humoristico-philosophique connu sons le nom de iJlaloffHe d* PkUopai< temps attribuée à Lucien, puis reportée à l'époque de Jnstinien. puis reportée bien plM t.. treizième siècle, replacée enfin par Hase à son époque véritable, la fin du rùgne de Nîoéphorv t u^r^nw. < vitaine allusion aux mas.<acres affreux qui suivirent la prise de Chandax (Toye* p. 94^ d'antre», BMlins nettes, à la nouvelle de la prite d'Antioche, ont permis à l'éminent émdit de prouver avec une qoMi» certitude cette attribution nouvelle. H. Paparrigopoulos a analysé avec soin œ doeameat au t. IV de sa grande histoire du peuple grec, pp. 179 sqq. Le Dintogue de Pkilopnlriê figure à la aaite de iJtm Diacre dans l'édition de ce chroniqueur publiée dans la collection d«» Bonn. Le* pMMgea les plat ourac* téristiques sont pp. 338, 340-342, Cf. Ofrœrer, op. cit., t. III '

publiquement de complots, de conspirations contre la vie du prince. Ces rumeurs, d'abord vagues, ne firent que grandir. Le jour de la fête des Incorporels, il survint un incident mystérieux qui frappa tous les esprits. Un moine inconnu, un de ces ermites sordides qui pullulaient aux environs de la capitale, se trouvant sur le passage du Basileus, lui tendit un billet et disparut sans mot dire. Nicéphore lut ceci : « Basileus, bien que je ne sois qu'un ver de terre, la Providence m'a révélé que tu mourrais dans le courant du troisième mois après celui de septembre qui va venir. » Etait-ce l'élucubration d'un halluciné? Était-ce l'avis charitable de quelque mystérieux ami ? Toujours est-il que l'empereur, malgré son sang-froid ordinaire, se montra fort troublé. Les recherches les plus minutieuses furent ordonnées, mais il fut impossible de retrouver l'ermite ou du moins le personnage qui pour cette circonstance s'était affublé de ce déguisement.

Depuis lors Nicéphore demeura très frappé ; il devint plus sombre encore; ses traits s'altérèrent, il ne voulut plus coucher dans le lit impérial et passa ses nuits à terre en un coin du grand cubiculum, probablement mieux disposé pour la surveillance ou pour la fuite. Il y couchait sur une peau de panthère et un tapis écarlate, enveloppé dans les plis de la mandya ou manteau monacal fait de peau d'ours qui jadis avait appartenu au pieux religieux Michel Maléïnos, son oncle, mort en odeur de sainteté et dont il vénérait la mémoire. « Il aimait surtout, dit Léon Diacre en son langage mystique, à passer ainsi pieusement drapé les nuits qui précédaient les dimanches où il devait savourer les immaculés mystères du Christ, » c'est-à-dire ou il devait communier '.

Un nouvel événement très douloureux acheva d'abattre le malheureux prince. Son père, le césar Bardas, qu'il aimait d'un grand amour, s'éteignit chargé d'ans, plus que nonagénaire. Toute la vie de cet homme s'était passée dans les camps ; il avait vieilli sous le harnois et mourait suffisamment chargé de gloire et de trophées, bien que sa direc-

1. La chronique roumaine du moine Michel Moxsa, rédigée d'après Manassès, dit que le lit de Nicéphore était fait de tessons cassés, et que le livre des psaumes ne quittait jamais son oreiller. Sirkow, op. cit., p. 75.

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tiou militaire n'eût pas toujours été fort heureuse. Son fils, dont la force d'âme était ébranlée ])ar bien des souffrances intimes, le pleura amt'rement. Il lui rendit pieusement 1<- derniers devoirs.- Comi' vieillard avait expiré au Palais Sacré, le HasileuB fit tranKi>ort< ; -a dépouille dans sa maison particulière, sise, dit le chroniqueur, dans le quartier occidental de la cité, dans une rue qui descendait vers la mer

Guerre de Bulgarie. Reddition de vUle. Miniature d'un manuscrit «laron de la bibUolbtqae Tatlcane. Xojn tmg» M*.

en contournant le port de Sophie, (''est de là que partit le cortt-ge funèbre. L'empereur suivit le convoi jusqu'aux Saints-Apôtres et plaça de ses mains le cadavre de son père dans le sarcophage qui lui avait été réservé.

Nous arrivons à la tragédie finale. Nicéphore n'était pas seulement devenu odieux à son peuple et à beaucoup de ses anciens compagnons d'armes ; il l'était devenu aussi t\ sa femme, l'impératrice Théophano. C'était du reste bien nntnr.l, et comment s'étonner que cette

BMPKUKCR BYZANTIN.

créature jeune, belle, passionnée, parfaitement corrompue, avide de jouissances, se soit rapidement détachée, — à supposer même qu'elle l'eût jamais aimé, — de cet homme beaucoup plus âgé qu'elle, laid de visage, presque difforme, de mœurs simples, de vie austère, sans élégance, uniquement occupé des choses de la guerre ?

Une intrigue s'était nouée, dès longtemps peut-être, entre la lascive souveraine et Jean Tzimiscès, le hardi domestique, le plus brillant capitaine de l'armée byzantine, le plus en vue à la cour, idole des soldats. Nous n'avons aucun renseignement sur les débuts de cette passion, qui paraît avoir été vive, du moins de la part de Théophano. Du côté de Tzimiscès, et la suite des événements en fait foi, il s'y mêlait infiniment de politique ambitieuse et aussi de rancune contre son ancien compagnon d'armes. L'ambitieux domestique était deverm naturellement jaloux de son frère d'armes aujourd'hui son souverain. Il le trouvait d'ailleurs fort ingrat et avait véritablement à se plaindre de sa conduite à son égard, car Nicéphore, semblant avoir totalement oublié qu'il lui devait en grande partie sa couronne, le traitait aussi mal que ses autres lieutenants. Pour Théophano, il se joignait à l'amour, semble-t-ii, très ardent que lui inspirait le séduisant Arménien, une violente haine pour son vieil époux, un désir intense de dénouer cette chaîne aussi ennuyeuse qu'insupportable *.

Toute la première phase de cette inirigue, je le répète, nous échappe absolument. Les chroniqueurs ne nous la révèlent qu'au seuil

]. Yahia, Aboulfanidj, Aboulféda, Abou'l Mahâcen et autres, tous favorables à Théophano (le premier va jusqu'à nier qu'elle ait été infidèle), prétendent que celle-ci fit tuer son époux, non pour pouvoir plus facilement se livrer h un autre, mais parce que Nicéphore songeait sérieusement à se débarrasser des deux jeunes Basileis ses fils en les forçant à se faire moines après les avoir fait mutiler, espérant de la sorte assurer la succession du trône à son frère le curopalate et aux descendants de celuici. Presque tous les chroniqueurs latins occidentaux répètent cette accusation. Voy. Syrkow, op. cit., p. 54, note 3. Tous les Byzantins, sauf Zonaras, attribuent à la conduite de Théophano un motif beaucoup moins honorable. Glycas et Manassès ajoutent, probablement à tort, que la continence que gardait Nicéphore & Tendroit de l'impératrice fut la première cause de l'exaspération de celle-ci et de sa liaison avec Tzimiscès. Manassès, d'autre part , affirme que les enfants de Romain trouvèrent en Nicéphore toute l'affection d'un père. — Zonaras et le chroniqueur syriaque Yahia, comme presque tous les chroniqueurs orientaux, parlent de la conduite brutale de Nicéphore envers son épouse, au moins à partir d'une certaine époque. Voyez le long récit que Yahia, l'auteur oriental le plus rapproché de cette époque, fait de la mort de Nicéphore : Nicéphore, partant en expédition, veut laisser la régence aux mains de Léon. Théophano prend peur pour ses fils et implore Nicéphore. Elle le prie aussi de ne pas emmener Jean Tzimiscès. Nicéphore s'emporte et parle de faire mutiler les deux petits princes. Alors Théophano affolée se décide à faire tuer Nicéphore par Tzimiscès devenu son amant.

même de la catastrophe finale dont elle fut la cause preiui. ic. N..us savons seulement que le Basileus, qui se doutait probablement de quelque chose, devint de plus en plus triste, de plus en plus inquiet, de plus en plus plongé dans les exercices d'une austère dévotion et dans les pratiques d'une continence exagérée. Avait-il la preu\ laine de l'infidélité de Théophano et de la trahison de Tzimi- . - Nous l'ignorons. ?2n tout cas il se défiait. Son frère, le curopalate, mortellement jaloux de l'Arménien, excitait journellement contre lui ses soupçons et se faisait en tout accorder la préférence. Puis les avis effrayants ou mystérieux, comme celui dontj'ai parlé plus haut, ne manquaient point au malheureux prince. Constamment il recevait des messages secrets l'avertissant de redouter tel ou tel danger. Même les éléments s'en mêlaient. Depuis la fameuse éclipse du mois de décembre 968 qui avait excité une terreur universelle, toutes sortes de phénomènes célestes, ouragans affreux, tremblements de terre, avaient contribué à agiter et inquiéter les esprits.

Les incessantes incitations de Léon Phocas finirent par porter leurs fruits. Par ordre du Basileus, Jean Tzimiscès avait dû s'éloigner de la cour pour aller vivre en disgrâce dans ses terres d'Asie, avec défense d'en sortir. Déjà, le commandement en chef des Scholes orientales lui avait été enlevé, et il avait dû se contenter d'une fonction civile, < . H. de logothc'te de la course publique, quelque chose comme directeur général des postes. Il obéit la rage au cœur, considérant cette nomination comme une injure de plus de la part de ce Nicéphore si dé^daigneux des services rendus, et n'en continua que plus activement A conspirer de loin avec Théophano, furieuse et désespérée de son exil.

Je suis ici de trbs pr6s le texte de Léon Diacre, qui a raconté avec une certaine grandeur l'issue tragique de ce règne agité.

La noire tristesse du Basileus avait fort augmenté depuis la mort de son vieux père. Un profond désespoir accablait le malheureuiï prince. Il se rendait compte qu'il venait de perdre la seule affection désintéressée qui lui fût restée. Plusieurs jours il demeura morne, muet et sévère, enseveli dans ses sombres pensé^es, seul au fond des appartements les plus reculés du Palais Sacré. Enfin il panit faire effort

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