‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 25 sur 237 · Douane · texte numérisé non relu

Douane

2. Ou de l'Hellespont. — Voyez le sceau de ce Jean à la page précédente.

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sûr. La ville adossée au coteau s'étageait au-dessous. La fréquentation constante des matelots de la flotte impériale y avait attiré de nombreuses industries; l'animation y était toujours très grande. Dans le faubourg, autour du port, des filles d'Egypte,^]' Arabie et de la lointaine Ethiopie, Phrynés de carrefours, parées de faux bijoux, mimaient le soir au son d'une musique sauvage des danses obscènes devant un public enthousiaste et grossier de marins et de pamphyles.

Après Ténédos , passant devant cette basse et triste côte de Troade qui avait dès longtemps perdu jusqu'au plus lointain souvenir de Priam et d'Achille, on atteignait Mytilène, la grande île verte et riante, hélas, aussi séjour d'exil ; car tous ces beaux lieux étaient alors comme autant de douloureux calvaires, témoins lamentables de cette barbare politique byzantine qui, lorsqu'elle ne tuait pas, aveuglait sans pitié et déportait pour le moins.

A Mytilène ou Métellin, comme on disait au moyen âge , deux grandes figures dominent cette

sombre histoire de la relégation officielle à Byzance, celle de la fameuse impératrice Zoé, la contemporaine de Charlemagne, qui y mourut. vieille et misérable après avoir ébloui le monde de son faste, et celle du Basileus Stéphanos, fils de Romain Lécapène, qui avait été associé au trône par son père. Depuis plusieurs années, il était détenu dans cette île sous une surveillance rigoureuse. Nous verrons bientôt quelle fut sa fin cruelle. Mytilène était aussi une station navale de première importance , la plus importante peut-être ; un détachement de la flotte impériale y était constamment cantonné. C'était h\ que d'ordinaire la plupart des contingents des grands thèmes d'Asie r« -

Groupe de gnerriers byzantins; d'après une miniature d'un manuscrit grec du X'' ou du xi*^ siècle, de la Bibliothèque nationale.

EMPEUEUn BYZANTIN.

joignaient l'escadre expéditionnaire. Cette île si belle ne tomba jamais aux mains des Sarrasins et demeura presque constamment dans la possession des Basileis jusqu'à ce qu'un d'entre eux, Jean Paléologue, l'eût cédée, en 1354, pour prix de grands services rendus, au Génois 'Francesco Gattilusio, qui fonda la dynastie des seigneurs latins de Métellin sous la suzeraineté byzantine.

De Mytilène, la flotte de Crète gagnait Cliio, la ravissante île du mastic, la capitale du thème de l'Archipel, résidence de son stratigos, puis la vaste Samos où on ralliait les contingents du très important thème maritime des Cibyrrhéotes. On quittait alors définitivement la côte d'Asie et la région des grandes îles. On touchait aux îlots désignés sous le nom de Fournsei, aujourd'hui appelés Furni , simple poste de ravitaillement ; puis, laissant à droite Nicaria, on abordait à Naxos, la plus considérable des Cyclades, où devait également régner plus tard une dynastie italienne célèbre. De cette île, point central entre le Péloponèse et le littoral asiatique, la flotte s'avançait à travers les petites Sporades, et gagnait los, aujourd'hui Nio, fameuse dans l'antiquité pour avoir été le tombeau d'Homère, qui y mourut, dit la légende, en se rendant de Smyrne à Athènes. Au siècle dernier, un officier hollandais au service de la Russie, un naïf ou un rieur, le comte Pasch van Krienen, prétendit avoir retrouvé ce monument illustre entre tous.

De Nio, les dromons byzantins gagnaient Thérasia et sa grande voisine Théra, la Santorin actuelle, la Sainte-Irène des Grecs^u moyen âge, cratère volcanique que ses éruptions et son vin capiteux ont fait célèbre. On franchissait alors le vaste espace connu sous le nom de mer de Crète ; on touchait encore à l'îlot appelé Ta Ghristiana, puis à Dia '. On se trouvait là à quarante stades de l'Héracléion de Cnossus. La côte de Crète était toute proche. Il ne s'agissait plus que de débarquer.

Nicéphore Phocas se rendit en Crète par ce trajet, mais pas tout à fait aussi directement ; la flotte était trop considérable pour qu'on pût

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