‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 39 sur 237 · Ou plutôt russe · texte numérisé non relu

Ou plutôt russe

2. Ou plus exactement des villes de Rakkah, Rafikah et Rabbah.

AU DIXIEME SIÈCLE. n9

Hamdanide de ce nom; le second, Ali, plus connu sous son surnom fameux de Seîf Eddaulèli, « Épée de l'empire », fut émir d'Alep et chef des Hamdanides alépitains. Toute leur vie durant, ces deux princes arabes soutinrent, presque toujours tendrement unis, une guerre souvent heureuse, toujours brillante, contre l'ennemi grec dont ils étaient les plus proches voisins, véritables défenseurs de la frontière sarrasine contre tous les principaux capitaines byzantins. Cette lutte épique des deux frères fut, du reste, trop souvent interrompue par des querelles sanglantes avec les autres princes musulmans, par de furieux combats contre leurs suzerains nominaux les Khalifes de Bagdad et leurs émirs al-oméra, principalement contre le sultan bouiide Mouizz Eddaulèh.

On peut dire d'une manière générale que chaque année de la fin du règne de Constantin VII vit une expédition tentée par un des deux frères Hamdanides contre les terres de l'empire, et aussi' une tentative de ces mêmes princes pour s'emparer de Bagdad et se substituer aux Bouiides dans la tutelle du Khalife. A partir de l'époque où commence ce récit, c'est-à-dire à partir de l'avènement de Romain II, au mois de novembre 959, le rôle prépondérant ou plutôt unique fut joué par le frère cadet, Seîf Eddaulèh, l'émir d'Alep. L'aîné, Nasser Eddaulèh, qui régnait à Mossoul et qui avait été même quelque temps émir al-oméra à Bagdad, à la suite de deux campagnes malheureuses contre le sultan bouiide en 958 et en 964, fut contraint d'accepter une paix humiliante et de ne conserver ses Etats qu'à titre de gouverneur tributaire du Khalife. Depuis lors on n'entendit plus guère parler de lui. Il avait du reste encore plus souvent combattu ses propres coreligionnaires que les chrétiens, ses ennemis naturels. En 967, il fut, nous le verrons, détrôné par son fils Abou Taglib et mourut au bout de deux ans, terminant tristement en prison dans le château de Mossoul sa brillante et aventureuse carrière et ses trente-trois années de règne. On lui avait donné pour geôliers les deux hommes qu'il haïssait le plus au monde ; ils eurent ordre de ne lui adresser aucune parole, de ne répondre à aucune de ses questions. Il en fut ainsi jusqu'au jour de sa mort. Son fils Abou Taglib lui succéda à Mossoul.

Seîf Eddaulèh, l'émir d'Alep, le frère cadet de Nasser, devait, par contre, jusqu'à ses derniers jours, lutter intrépidement contre les Byzantins. C'est de lui que nous allons surtout parler maintenant; nous verrons son nom brillant figurer presque à chaque page de cette émouvante histoire. Devant l'abaissement du Khalifat, il nous apparaît véritablement dans les luttes terribles de cette époque comme l'unique et superbe champion de la guerre sainte contre les chrétiens.

Abou'l-Hassan Ali Seîf Eddaulèh, émir d'Alep, est plus connu dans l'histoire byzantine sous le simple nom du Hamdanide. C'est ainsi que les chroniqueurs grecs le désignent d'ordinaire; seulement, défigurant son nom, ils l'appellent Chamdan ou Chamdas, ou bien encore Chabdan ou Chabadan, même Apochaudas'.

c( L'impie Chamdas », tel est le nom redouté qui reparaît à chaque feuillet des chroniques chrétiennes du dixième siècle. Cet Arabe intrépide est demeuré, en effet, célèbre dans les annales des guerres d'Orient au moyen âge, comme un des plus enragés, des plus intraitables adversaires des armes byzantines. C'est certainement une des plus grandes figures de cette époque. Il était né le dimanche 22 juin 916', probablement à Mossoul, où son père était pour lors gouverneur. Dès sa première jeunesse, il combattit au service tantôt de son frère aîné, qu'il aima et vénéra toujours profondément comme un fils son père, tantôt du Khalife, et fut d'abord seigneur de Wâsit et de son territoire, puis gouverneur des provinces de Diarbékir et de Mayyafarikîn. Alors déjà, au dire de Kemal ed-Dîn, il se montrait admirablement brave, merveilleusement aventureux. Il était également fort instruit et d'une rare culture littéraire. En l'an 333 de l'hégire ^, date qui marque vraiment le début de sa chevaleresque épopée, après trois années de luttes, ayant déjà la renommée d'un capitaine consommé, il s'était emparé sur l'Ikhchidite d'Egypte de la grande et opulente cité syrienne d'Alep, l'antique Béroé, où il avait

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