V etement d apparat byzantin
6. Autre vêtement d'apparat dont le nom revient très fréquemment dans les chroniqueurs byzantins.
de la garde et des hétairies barbares, la foule des spathaires, des candidats, des drongaires, cent autres classes de dignitaires, vêtus de noir, les princes barbares en séjour àByzance, vinrent successivement, dans un lent défilé, passer devant l'empereur mort gardé par ses eunuques habillés de blanc. Chacun, sur un geste du préposite, grand eunuque, lui faisant signe de sa baguette blanche, chacun, se prosternant à plusieurs fois avec des génuflexions, des signes de croix, des cris de douleur officielle , baisa sur la bouche ce visage glacé , « chacun chantant, dit le chronographe, ce qu'il est d'usage de chanter. )> Puis, quand tout ce peuple infini eut cessé de défiler, quand, sous
Sceau ou bulle de plomb d'un chef du corps des manglabltes impt'riaux à B^-zance. Sur une face de ce sceau figure saint Georges ; sur l'autre on lit une légende énuniérant les noms et titres du propriétaire.
ces voûtes profondes, au pied des gigantesques piliers, parmi cette lumière étrange coupée d'ombres, la foule palatine se fut peu à peu amassée, au bruit des orgues d'argent, parmi les chants brefs et bizarres et les pieuses acclamations des factions s'entre-répondant, parmi d'épais nuages d'encens d'Arabie répandant partout de lourds et funèbres parfmiis, sur un nouveau signe du grand eunuque, lui aussi tout de blanc habillé, un silence extraordinaire se fit soudain et le maître des cérémonies, « celui qui préside à la catastase », s'approchant du cadavre, dit à très haute voix, d'un accent très grave, ces mots : (( Sors d'ici, Basileus, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs t'appelle ! ))
Trois fois il répéta son cri lugubre ; trois fois l'assistance et tout le peuple de l'immense ville assemblé sur les vastes espaces devant la Grande Église et le Palais, répondirent par de longs gémissements et de pieux murmures indiqués par des rites immuables. Alors les
EMPEREfR BYZANTIN".
IX KMI'KlMCr i; i;VZANTIX
InisiliL-'u', iiicv.;ii^cr> impéri.-iiix, i)ivc('(l('s ])ar de nombreux iiiani;l;iMtrs. -.-inlcs iH.Mcs ;\\\\ costuiiies étincelaiits cirinés de masses |M,iir (•(■;irirr l.i loiilc, se saisissant de la litière qui supportait le .Mipv, |;i traiispoiti-reiit à travers les salles et les cours sans fin de l;i ('h.-i ](•(•; et \v c()i-t(',i;-e entier, s'ébraidant à nouveau, prit, à travers rc l;ilivriiitli(', puis à travers la Ville, le chemin de la dernière étape du cadavre au^u'uste, l'église des Saints-Apôtres. Les rues, les places, les carrcl'oui-s, les porti([ues de la dévote capitale étaient tendus d'élotlés. jourlu's de saMe doré et de rameaux verts. Toutes les portes de l;i \'ille avaient été préalablement fermées. La garde barbare, russe, ariniMiieuue, Scandinave, vénitienne, amalfitaine, armée de liaclies à double tranchant, de sabres recourbés, de piques, d'arcs, taisait la haie. « A (juoi l)on, dit un clironiqueur, décrire la marche du luuulu-e convoi à travers la Ville, cette multitude de peuple aflluant de toutes parts, les uns contemplant du haut des toits et des teirasses le cercueil imjiérial, les autres regardant le cortège à son passage, (Tautres, des étages supérieurs des maisons, plongeant les veux dans c'c lit funèbre? (Jeux-là pleuraient en silence, secouant leur poitrine de leurs sanglots, ceux-ci la déchiraient de leurs clameurs, ]ioussant des cris aigus : chacun était accablé, abattu du dfuil eoniniun. Siu' le cercueil enrichi de perles et de pierreries, ils ver>;iiciit (les torrents de larmes. )>
Lf sénat pi-éeèdait le cor})s que des spathaires portaient maintenant.
A I église des Saints-A])(')tres , celle (jue les Byzantins appelaient d orduiaii-e P( •! yaiidrion ou Myriandrion, église aujourd'hui remplacée par la grande mosipiée du Conquérant, le plus beau, le plus célèbre t' iii].!- (Ir r.v/ance après Sainte-Sophie, véritable Saint-Denis des «■ni!Miviir>. rr, ..iistiiiii ])ar dustinien sur rem])lacement de l'ancienne baHlhjUe liatic |i;ir ('Mii-n-iutiii . elianip de repos somptueux des Basibe- et d.- l'.aHli>-~;r depuis Cunstantin et sa mère Hélène, cimetière au-n^tr (Imiiî 1;, c.iir .'lait tout eneonduée de leiu-s énormes tombes de poipliMv, Ir. eliaiits sacré^ >ans lin recommencèrent, chants de deuil et aus-i de louanges eu riioiuieui'du luort. De nouveau le îrrand
eunuque donna le signal, de nouveau le maître des cérémonies- cria par trois fois au cadavre : (( Entre dans ton repos, Basileus, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs t'appelle; ôte la couronne de ta tête! )) Le parakimomène ' Basile, grand chambellan, fils bâtard de Romain Lécapène, c( celui qui chaque jour avait couché aux pieds de l'em-
Sarcophages des empereurs d'Orient conservés dans la cour extérieure de l'église de Sainte-Irène à Constantinople.
pereur dans sa chambre », enleva cette couronne de métal, signe de la toute-puissance dans ce monde, et de ses mains nues la remplaça par un simple diadème de pourpre. Puis, prenant dans ses bras le pauvre corps tant et depuis de si longues heures ballotté, il le déposa dans un de ces gigantesques sarcophages accroupis comme autant d'animaux monstrueux.
L'église même des Saints- Apôtres ne contenait aucune de ces tombes de pierre ; elles étaient groupées dans la vaste cour, de chaque côté