IUSICIEN.S ET PORTE-ÉTENDARD DIVERS
Miniature d'un manuscrit arabe do la bibUothèque de M. Ch. Schefer.
Coin, lith.
Imp. F. Diàot et C" Paris
ARMEE SARRASINE EN MARCHE Musiciens et Porte - étendard divers .
trice, enlevée dans une razzia heureuse. Cette favorite acquit une si grande puissance sur l'esprit de son seigneur que ses compagnes jalouses voulurent se venger d'elle. Le Hamdanide, qui ne vivait que pour sa bien-aimée, prévenu à temps, enleva sa chère prisonnière et la mit à l'abri dans un château des montagnes kurdes, où il s'en allait la visiter en véritable héros de roman. Il aurait même, dit-on, com-
Coffret d'ivoire, un des plus anciens mouiiments datés de riiidustrie arabe. L'inscription en beaux caractères ooufiques contient des vœux de Iwnheur et de fortune en l'iionueur du propriétaire, et la date de l'an 355 de l'hégire, soit l'an 9C5 de notre ère, donne précisément l'éiwque du règne de Nicéphore Phocas. Ce coffret précieux entre tous a été acquis .'i la vente Goupil, par le masée de l'Union centrale des arts décoratifs.
posé sur cet incident des vers charmants, d'une passion tendre, d'une grâce exquise, qui nous ont été conservés.
Le plus célèbre de tous les lettrés qui vécurent à la cour du prince d'Alep fut le fameux Moténabbi '. Cet homme, certainement un des
1 . Abou't tay yb Ahmed Djaiifi Moténabbi (303-354 H.). Sur la vie de Moténabbi et sur son Diwan, ou réunion de ses nombreuses œuvres poétiques divisées en six classes et publiées un peu partout, diwan dont M. de Hammer a donné en 1824 à Vienne une traduction allemande, traduction en vers assez faible et très infidèle {Moténabbi, der grœsste arahische Dichter), voyez ce livre, et aussi S. de Sacy, Chrestomathïe arabe, 2" éd., t. III, 1827, p. 599 : Extrait du Ditoan ou Recueil depoésies d' Abou't tayyh Ahmed Motennhbi,Jils de flosaïm. Voyez encore Commentatio de Mottenahio, auctore Petro a Bohlen, Bonn. — M. John-Haddon Hindley aussi a publié de ce poète une courte biographie suivie de deux de ses poésies relatives à une maladie de Seîf Eddaulèh et à sa convalescence (t. I des Oriental Collections de sir W. Ouseley, p. 1 à 14). Voyez enfin l'ouvrage de Dieterici intitulé : Muttanahbi und Sei/uddaula aus der Edelperle des Tsaâlibi, Leipzig, 1847. C'est une étude spéciale du chapitre de l'anthologie de Tha'lêbi consacré à Moténabbi, à sa vie, à la valeur littéraire de ses œuvres poétiques. Voyez encore les travaux de Reiske, de Grangeret
plus illustres parmi les si nombreux poètes de l'Islam, ne quitta guère Seîf. Avec lui il vécut près de dix années, de 948 à 957 environ, comblé par lui d'égards, d'honneurs et de richesses, parmi les villes et les campagnes de Syrie et au milieu des Bédouins, sauvages habitants du désert. Il le suivit durant tout ce temps dans ses expéditions, comme le faisaient du reste d'autres encore parmi ses poètes favoris. Dans les nombreux poèmes ou pièces de vers de lui qui nous sont parvenus, il en est plus de quatre-vingts qui ont été composés expressément en l'honneur de l'émir d'Alep et portent le nom collectif de Seîflfya *. Outre leur valeur littéraire, l'importance historique et géographique de ces documents est fort grande; c'est par eux que Seîf Eddaulèh nous est en partie connu, de même que c'est à ce prince que Moténabbi doit sa grande réputation. On peut dire même , avec son biographe Tha'lêbi, qu'il lui appartient bien tout entier, car (( c'est Seîf qui l'a pris par la main pour le sortir de l'obscurité, qui, en se déclarant l'admirateur du poète, à l'époque de sa toute-puissance, a mis ses œuvres en vogue dans le monde arabe tout entier, projetant sur lui les rayons de sa fortune. Ainsi ses vers pénétrèrent dans les cités les plus reculées de l'Arabie ; la nuit les répétait et le jour en conservait pieusement le souvenir'. »
Rien n'est harmonieux, rien ne respire la mâle poésie des luttes du désert et de la montagne syrienne comme ces vers de Moténabbi racontant les prouesses de son cher émir. A chaque page on sent à quel point le Hamdanide, s'il était un amant des beaux vers, était avant tout un admirable guerrier sarrasin. (( Emporté "', lui dit le poète, dans ta course rapide par les meilleurs chevaux auxquels l'Arabie ait donné naissance, tu as passé plusieurs nuits à la poursuite de l'ennemi, sans
de la Grange, de Horst, et Tarticle consacré an poète dans le dictionnaire d'Ibn Khallicân. M. de Harnmer donne du reste dans sa préface tonte la bibliographie des publications consacrées jusqu'à lui à Moténabbi et à ses œuvres.