‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 44 sur 237 · Année 954-955 de notre ère · texte numérisé non relu

Année 954-955 de notre ère

2. Allusion aux cottes de mailles et aux plaques de métal qui protégeaient les guerriers bj'zantins.

3. Allusion curieuse aux caparaçons métalliques qui recouvraient les chevaux des escadrons cataphractaires.

AL' DIXIEME SIECLE

épargné : « Ce lâclie domestique ne se liasardera-t-il donc jamais au combat, que les blessures qu'il reçoit derrière la tête ne lui reprochent son entreprise téméraire? Moins sage que les animaux, habitants du

désert, qui connaissent l'odeur du lion et évitent sa rencontre, ne peut-il te reconnaître que quand il éprouve ta fureur? L'impétuosité du choc et des attaques réitérées de notre émir lui a fait une blessure cruelle en lui enlevant son fils, et l'époux de sa fille, et le fruit de leur

EMTERKUn BYZANTIN.

union '. » Voici maintenant la note religieuse qui peint bien le caractère essentiellement fanatique de cette guerre incessante des deux races : (( Lorsque tu forçais le fils de Bardas (Nicépliore) à prendre la fuite, la victoire n'était point celle d'un roi qui triomphe de son rival, c'était la religion unitaire qui mettait en fuite le polythéisme ! ))

Les luttes de Seîf Eddaulèh et de ses cavalires contre les sheiks bédouins du désert de S3Tie, ces éternels insoumis, sont, elles aussi, longuement chantées par Moténabbi. Une fois elles sont interrompues par le récit d'une ambassade duBasileus Constantin venant traiter d'une suspension d'armes et du rachat des prisonniers , une autre fois par une députation des Sarrasins de Tarse. Rien n'est curieux comme le récit de la poursuite de ces fils de la tente jusqu'à Palm3Te, « Tadmor qui est au désert. » On se bat jusque dans les faubourgs de la ville de Zénobie. Seîf Eddaulèh prend aux Bédouins leurs chameaux , leurs troupeaux ; il fait combler leurs citernes. Les femmes, les enfants de ces malheureux, mourant de faim, touchent sa compassion. Il ne souffre pas qu'on insulte les femmes. Il pardonne aux tribus rebelles et rend les captifs. Ces combats du désert syrien sont merveilleusement décrits. c( Conduits par Seîf en personne, les cavaliers alépitains ont fondu sur l'ennemi au milieu d'un tourbillon de poussière et d'une foret de lances. Leurs chevaux ont un aspect hagard ; la sueur desséchée forme une garniture brillante autour de leurs sangles ; on dirait une ceinture d'argent qui entoure leurs flancs. Seîf a surpris les femmes de ses ennemis lorsqu'elles fuyaient dans leurs litières ; et le sang que les pieds de ses chevaux ont fait jaillir a souillé la gorge des dames les plus nobles. Toutes ces solitudes, étonnées de se voir visitées par des humains, sont remphes de ces femmes fugitives, parées de bijoux d'or, portées par des chameaux du plus grand prix. » Encore une belle image : <( Tes chevaux, ô Seîf, ne savent manger l'orge qui leur sert de nourriture que si le sac qui la contient est appuyé sur un cadavre. » Lorsque Moténabbi n'avait pu accompagner l'émir dans quelque expédition, celui-ci, au retour, lui en faisait le récit et lui demandait

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